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Rien à regretter
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Publié 18/09/2011 à 19:16 GMT+2
Les Bleus ne seront pas champions d'Europe. Dimanche soir à Vilnius, l'équipe de France s'est inclinée en finale face à une fantastique équipe d'Espagne (98-85). Les tenants du titre, emmenés par un exceptionnel Navarro (27 points), n'ont jamais ouvert la porte à Tony Parker et ses coéquipiers.
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La dernière marche était encore un peu trop haute. La France a échoué dans sa quête de médaille d'or. Comme à l'Euro 1949 et aux Jeux olympiques 1948 et 2000, les Bleus, déjà ravis d'avoir décroché leur billet pour les Jeux de Londres, doivent se contenter de l'argent. C'est bien l'Espagne qui marque encore une fois l'Histoire du basket européen. Meilleure nation continentale depuis quatre ans, la Roja a parfaitement contrôlé sa troisième finale consécutive d'un Euro et n'a pas laissé beaucoup d'espoirs aux Tricolores (98-85). Elle devient la première équipe à conserver son titre continental depuis 1997 et la grande Yougoslavie. Ça vous classe une sélection... Sur cette finale, les Bleus n'auront pas beaucoup de regrets à avoir. Si Tony Parker s'est démené (26 pts à 9 sur 20 aux tirs, 5 rbds, 5 pds), ils sont tombés sur une grande équipe d'Espagne qui a récité son basket avec un Juan Carlos Navarro inarrêtbale (27 pts) et qui s'est appuyée sur une défense solide pour interdire la raquette aux Français.
Navarro sur un nuage
Dans cette belle Zalgris Arena de Kaunas où les Lituaniens ont célébré la fin de leur fête du basket avec des "Lietuva", les protégés de Vincent Collet n'ont pas démérité. A part Nicolas Batum en manque d'adresse et qui n'a pas eu l'impact espéré en défense (10 pts à 4 sur 11 aux tirs), leurs leaders ont été au rendez-vous. Tony Parker a été tranchant et a pris ses responsabilités quand l'équipe a eu besoin de lui à l'image de ses 9 points consécutifs au premier quart-temps. Boris Diaw (12 pts, 4 rbds, 7 pds) et Joakim Noah (11 pts, 8 rds) ont aussi fait leur job. Même Mickaël Gelabale a pu apporter sa pierre à l'édifice avec quelques tirs primés (8 pts à 2 sur 2 de loin). Mais voilà, ils sont tombés sur plus forts qu'eux. Et le banc et les jeunes ont souffert, à l'instar de Nando De Colo (2 pts).
Avec son collectif bien huilé et ses multiples forces de frappes (cinq joueurs à plus de 10 pts), l'Espagne a alors très vite pris les devants dans le sillage d'un excellent Juan Carlos Navarro, toujours sur son nuage, ou encore de Marc Gasol (8 de ses 11 dans le premier quart). La défense française, si hermétique d'habitude, n'a aussi rien pu faire face à la réussite ibérique (60% de réussite à la pause, 56% au final). L'Espagne s'est alors envolée (12-17, 6e puis 17-25, 9e). Contrôlant la raquette à l'image du passage impressionnant de Serge Ibaka - auteur de cinq contres au deuxième quart-temps -, la Roja s'est même vite mise à l'abri (34-46, 18e) et n'a jamais lâché. A chaque fois que les Bleus ont trouvé les ressources pour recoller un peu, la sélection ibérique en a remis une couche en jouant son jeu tranquillement et en s'appuyant sur la réussite insolente de Pau Gasol (17 pts à 50% et 10 rbds) et surtout de JuanCa - la Bomba inarrêtbale de ce tableau final. Les supporters espagnols peuvent chanter à la gloire de leur équipe d'exception. Mais les fans français, debout tout le match, peuvent aussi applaudir leurs protégés.
L'été le plus mémorable
Car les regrets ne devraient pas accabler le clan français. Il n'y avait pas grand chose à faire face à cette Espagne-là. Cet été restera en plus mémorable pour les coéquipiers de Tony Parker. Ils ont rempli leur mission olympique avec un tournoi de haute volée en s'offrant le scalp de la plupart des grandes cylindrées européennes (Lituanie, Serbie, Grèce, Russie). La génération Parker a enfin été à la hauteur des attentes. Il manque juste à son tableau de chasse le scalp de l'Espagne. Mais les champions du monde 2006, vice-champions olympique en 2008 et donc double champion d'Europe, sont encore un ton au-dessus avec leur génération des "ninos de oro", sacrée en juniors en 1998. Deux ans avant une autre génération, celle de Parker. Après avoir démontré qu'on ne se trompait sur l'étendue de leur potentiel, les Bleus attendent leur tour chez les grands.
ESPAGNE-FRANCE : 98-85 (25-20, 25-21, 25-21, 23-23)
France: 33 paniers (dont 9 sur 22 à trois points) sur 68 tirs - 10 LF sur 13 - 32 rebonds (Noah 8) - 17 passes décisives (Diaw 7) - 4 interceptions - 15 balles perdues - 24 fautes personnelles
Marqueurs: Noah (11), Batum (10), Séraphin (4), Albicy (1), Kahudi (3), Parker (26), Traoré (4), F. Pietrus (4), De Colo (2), Diaw (cap, 12), Tchicamboud (0), Gelabale (8)
Espagne: 35 paniers (dont 6 sur 18 à trois points) sur 63 tirs - 22 LF sur 24 - 32 rebonds (P. Gasol 10) - 19 passes décisives (Navarro 5) - 10 interceptions - 8 balles perdues - 22 fautes personnelles
Marqueurs: P. Gasol (17), Fernandez (14), Rubio (0), Navarro (27), Calderon (17), Reyes (2), Claver (0), San Emeterio (0), Llull (4), M. Gasol (11), Ibaka (4), Sada (2)
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