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Brun : "Je ne sens pas d'osmose dans cette équipe"
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Publié 16/09/2013 à 15:17 GMT+2
Le deuxième tour de l'Euro, les Bleus et la suite du tournoi, l'ex-international français Stephen Brun fait le point. Sans langue de bois, comme toujours.
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Quel bilan tirez-vous de ce deuxième tour de l’Euro ?
S.B. : On a vu que les équipes surprises du premier tour ont un petit peu touché leurs limites sur le second tour, que ce soit la Finlande, l’Ukraine – même si elle s’est qualifiée ric rac -, l’Italie qui a lâché des matches, la Lettonie qui ne se qualifie pas… A l’inverse, les supposées grosses équipes qui étaient un petit peu dans le dur au premier tour ont nettement haussé leur niveau. Que ce soit la Lituanie, par exemple, qui n’était pas terrible jusque-là et surtout la Croatie, ces équipes ont fait monter leur "level" en fonction de l’importance des matches. La Grèce, qui partait à 0-2, a aussi augmenté son rendement, même si elle reste en grande difficulté malgré sa belle performance face à l’Espagne. Voilà, maintenant, on voit un peu plus la réalité des vraies équipes.
Justement, dans quelle catégorie peut-on ranger la France après ce deuxième tour ?
S.B. : (Il souffle) C’est difficile, il y a beaucoup de choses à dire. On n’a pas battu une vraie équipe de basket. A chaque fois qu’on a joué une grosse nation, on a perdu. La Lituanie, c’était le premier teste et on l’a perdu. La Serbie même chose. Il faut dire la vérité, nos victoires ont été face à des équipes de second plan, et encore, on a perdu contre l’Allemagne. Après, je veux bien entendre le discours des joueurs, je le suis moi-même encore, et je veux bien croire que le match le plus important du tournoi, c’est mercredi. Mais pour espérer passer un quart de finale, ça se construit depuis le début de l’Euro. Il faut arriver avec quelques certitudes, être rassuré sur le niveau de jeu proposé sur les matches d’avant. Ça arrive d’être nul et d’arriver à être hyper performant le jour du match le plus important, mais c’est très, très rare. J’espère qu’ils vont arriver mercredi, qu’on va voir une équipe de France magnifique et qu’ils nous diront "Vous avez vu ? Vous auriez mieux fait de fermer vos gueules plutôt que de dire qu’on n’était pas bon". Mais je suis inquiet quand même. On dirait qu’ils ont envie, mais que ce n’est pas tous en même temps ou qu’ils n’ont pas envie tous ensemble. J’ai l’impression qu’il n’y a pas d’élan collectif. Je ne sens pas de réelle osmose dans cette équipe.
On a parfois l’impression que la hiérarchie d’équipe et les rotations ne sont pas très claires. Comment analysez-vous ça ?
SB : Il y a des joueurs pour qui l’Euro est terminé. Charles Kahudi, il a eu quelques minutes au premier tour mais rien depuis deux-trois matches. Thomas Heurtel, je pense qu’il a loupé le coche quand il est rentré contre les Lettons. Il a joué quatre-cinq minutes au relais de Tony (Parker) et, en défense, il a mangé sévère. Je pense que ça a fait tiquer Vincent Collet, qui va forcément hésiter à le remettre en jeu durant les matches, les plus importants. Déjà qu’on tournait à huit sur des matches non-qualificatifs, quand on arrive en quarts la rotation va forcément encore plus se restreindre. Quant à la hiérarchie, on la connait, c’est Tony et après c’est les autres. On a un axe 1-5 qui est très, très performant. Alexis prend une dimension monstrueuse. On l’a encore vu hier (dimanche), quand il n’est plus sur le terrain, c’est la nuit et le jour. Quand Joffrey (Lauvergne) et (Johan) Petro étaient sur le terrain, Krstic a fait un clinic… Il faut réussir à gérer les fautes d’Alexis, parce quand il n’est plus sur le terrain, on est vraiment en grosse difficulté.
Maintenant, on se dirige vers un quartdefinale qui sera vraisemblablement soit l’Espagne soit la Slovénie. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
SB : Tant mieux si on joue la plus grosse équipe possible. Vu la philosophie que semble avoir notre équipe, donnez-lui le plus gros adversaire possible. Je pense que durant les deux jours qui viennent, les joueurs ne vont pas supporter les critiques à leur encontre, donc ça va les remobiliser. Déjà, si c’est l’Espagne, Vincent Collet n’aura pas besoin d’un long discours avant d’aborder ce match. Si c’est la Slovénie, on se rappelle que les Français avaient été capables d’un énorme exploit face à la Serbie à Novi Sad en 2005. Tant mieux si c’est une énorme équipe, comme ça ils pourront montrer qui ils sont. Ils n’arrêtent pas de dire "C’est mercredi que commence l’Euro", donc on les attend mercredi.
Pour finir, la réaction de Greg Beugnot hier soir a beaucoup fait réagir. Qu’est-ce que tu en as pensé ?
SB : Vu mon caractère, ça m’a plu parce que c’est le genre de choses que je suis capable de faire, même si je n’ai pas la même légitimité que Gregor Beugnot. Il est consultant, si on l’invite sur le plateau c’est parce qu’on attend ce genre de choses. Je pense qu’il a la légitimité et la crédibilité pour pouvoir sortir ça. Bien sûr, c’est malheureux pour Nando qui, hier, était quasiment le meilleur Français sur le terrain et le plus combatif. Il a mangé pour tout le monde. Ça a eu des résonances positives et d’autres moins. Certains ont dit « Mais il se prend pour qui ? Ce n’est pas lui le coach de l’équipe de France… » Sauf que Greg est consultant basket et je pense que son point de vue mérite d’être respecté par rapport à tout ce qu’il a fait dans sa carrière et à aux titres qu’il a gagnés. Il a le droit de donner son ressenti et tant mieux si ça fait du bruit. Connaissant la fierté des mecs dans l’équipe, ils vont absolument vouloir répondre à ça et ça ne pourra être que bénéfique.
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