Quatrième tranche du top 100, on se rapproche peu à peu de ceux que nous considérons comme les 50 meilleurs joueurs de la NBA. Avant d’attaquer la suite du classement quelques rappels habituels. Vous l’avez sans doute constaté, les joueurs blessés la saison dernière ou souvent blessés au cours de leur carrière ont le plus souvent été sous-évalués. Et pour cause, quel impact peuvent-ils vraiment avoir sur le jeu et sur leur équipe si les joueurs en question ne disputent qu’une trentaine ou une cinquantaine de match par saison ? Les blessures à répétition contribuent à accélérer le déclin d’un joueur. C’est pour cette raison qu'Eric Gordon et surtout Andrew Bogut sont peut-être plus bas que ce que l’on pourrait penser dans notre classement.
Concernant les joueurs absents pendant une majeure partie de la saison dernière, nous avons pris en compte leur âge, la gravité de la blessure… afin d’estimer plus ou moins leur niveau à leur retour. Cette remarque s’applique bien entendu à Kobe Bryant, Derrick Rose, etc. Il y a un autre point que nous n’avons pas encore abordé depuis le début de la semaine. Certains jeunes joueurs vous semblent parfois surestimés. Effectivement, sans forcément prendre en compte le potentiel, nous avons parfois cherché à anticiper la prochaine saison NBA. Ce classement se veut actuel mais nous avons aussi souhaité mettre en lumière certains joueurs qui pourraient exploser ou progresser sensiblement dans les prochains mois. Ceci étant dit, voici les joueurs classés de la 70e à la 61e place.

70. Nene (ailier-fort/pivot, 31 ans, 2,11 m, 113 kg)

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De Carter-Williams (80e) à Bogut (71e) : Le Top 100 des meilleurs joueurs NBA (3e partie)
21/08/2014 À 15:06
Si seulement Nene pouvait jouer l’intégralité d’une saison NBA… Les Washington Wizards sont dans l’obligation de recruter deux ou trois intérieurs chaque année simplement pour anticiper les blessures de leur colosse brésilien aux pieds d’argile. Car si Nene Hilario est un roc sur le terrain, il cumule les pépins physiques et n’a plus disputé une saison entière depuis cinq ans. Ceci étant dit, cela ne l’empêche pas d’être un cadre des Wizards et on l’a encore vu lors des derniers playoffs. Adroit à mi-distance, combatif sous les panneaux, il a dominé Joakim Noah qui venait pourtant d’être élu DPOY. Sans le vétéran, le premier tour aurait pu avoir une toute autre tournure pour Washington. Les Wizards jouent mieux avec Nene, c’est un fait.
Leur pourcentage de victoires avec ou sans le Brésilien le prouve. Même s'il a manqué presque 30 matches lors de l’exercice précédent, il a cumulé 5,2 Win Shares (les victoires rapportés par un joueur donné tout au long d’une saison – une statistique dont raffolent les GM adeptes des chiffres avancés). Nene est énergique mais il ne prend pas beaucoup de rebonds pour un joueur de sa taille. Il sert le plus souvent de son corps… et de son vice pour ralentir son vis-à-vis. Mais au-delà de ses aptitudes sur le terrain, c’est surtout LE leader vocal des Wizards. Il a recadré plusieurs fois les jeunes troupes de Washington en cours de saison et son apport dans le vestiaire est essentiel pour la franchise de la capitale fédérale.

Nene, le colosse de Washington

Crédit: AFP

69. Deron Williams (meneur, 30 ans, 1,91 m, 95 kg)

On entend déjà les ricanements… et pour cause, Deron Williams est tout de même la star de sa génération qui a décliné le plus rapidement. Il était considéré comme l’un des meilleurs meneurs du monde lorsqu’il jouait  à Utah. Il y a deux ans, il tournait encore à 21 points et 8 passes. En 2013, il affichait 19 pts et 8 pds au compteur. Progressivement, D-Will est rentré dans le rang et il cumulait 14 pts et 6 pds de moyenne la saison dernière. Des statistiques indignes de son statut et de son contrat de 98 millions sur 5 ans (les salaires ne sont bien sûr pas pris en compte de son classement).
Ses blessures à répétition aux chevilles et sa tendance à prendre du poids rapidement l’ont entraîné dans sa chute. A 30 ans, Williams devrait être au sommet de son art et il est à la conquête de sa renaissance. C’est presque triste. Mais on veut encore croire en lui. Il est important de signaler que le meneur des Nets est un joueur totalement différent lorsque ses chevilles le laissent tranquille. Il est nettement plus tranchant. Car l’ancien All-Star demeure un playmaker de talent capable de prendre des rebonds, de distribuer le jeu ou de marquer de loin ou de près. Mais Williams est bien trop irrégulier dans tous les secteurs du jeu. C’est là que l’on ressent le plus l’influence de ses blessures à répétition. Il peine à trouver puis à tenir le rythme. On espère que Lionel Hollins saura lui redonner confiance en lui. A priori, il n’est pas encore fini. A priori.

Deron Williams a connu une année difficile à Brooklyn.

Crédit: AFP

68. Jeff Teague (meneur, 26 ans, 1,88 m, 82 kg)

Voilà un meneur qui monte à son rythme. Doucement mais sûrement. Jeff Teague n’a cessé de progresser depuis son arrivée en NBA. Ses statistiques brutes le prouvent : 3,2 pts et 1,7 pds pour sa saison rookie puis 5,2 pts/2 pds, 12,6 pts/4,9 pds, 14,6 pts/7,2 pds et enfin 16,5 pts et 6,7 pds l’an passé. Shooteur irrégulier et trop frêle pour finir en force près du cercle, Teague parvient pourtant à marquer ses points. Les Hawks étaient meilleurs en attaque (+1 pts) et en défense (-6 pts) avec leur meneur sur le parquet.
Plutôt bon défenseur, le frangin de Marquis (passé par les Bulls et les Nets) est un joueur solide, pas habitué à faire des vagues. Mais il a tout de même franchi un cap lors des derniers playoffs en martyrisant la défense des Indiana Pacers. Bien que maladroit (39% de réussite – personne n’a été adroit au cours de cette série en sept matches), il a posé de gros problèmes à Frank Vogel et ses assistants. Au point où Paul George s’est lui-même porté volontaire pour défendre sur Teague, auteur de 19 pts par match au cours des playoffs. On attend donc que le joueur de 26 ans continue sur sa lancée, tout en jouant plus juste. Avec le retour d’Al Horford, il aura un peu moins de responsabilités en attaque. A lui de devenir un meilleur gestionnaire. Teague ne sera sans doute jamais All-Star – même son organisation est parfois perplexe à son sujet – mais il a des chances de s’imposer comme l’un des 15 meilleurs joueurs de la ligue à son poste.

Jeff Teague, le meneur des Hawks

Crédit: Getty Images

67. Arron Afflalo (arrière, 28 ans, 1,96 m, 98 kg)

Voilà un autre joueur qui progresse saison après saison. Anciennement catalogué comme un 3 and D, Arron Afflalo a franchi un cap avec le Magic l’an passé, au point d’être un candidat au All-Star Game à l’Est. Les coaches ne l’ont finalement pas invité mais l’arrière d’Orlando s’est distingué. Il est désormais de retour à Denver où il entend s’imposer comme "le meilleur joueur de la NBA à son poste". Il y a encore du boulot mais le Californien a des arguments à faire valoir. C’est d’abord un très bon shooteur (46% de réussite dans le champ, 42% à trois-points) susceptible d’évoluer sans le ballon et de profiter des écrans pour se libérer et faire feu. Il est aussi considéré comme un bon défenseur capable de gêner le meilleur scoreur adverse.
Mais l’ancien joueur des Pistons a bénéficié de responsabilités accrues à Orlando. Il a ainsi démontré qu’il comptait d’autres cordes à son arc. Afflalo a notamment hérité de la gonfle. Il a ainsi ou créer du jeu pour lui (et un peu pour les autres, 3,5 pds de moyenne) sur pick and roll et isolation. Sans être brillant, sans avoir cet instinct de génie qui caractérise les All-Stars, le nouveau joueur des Nuggets est un arrière complet et efficace. Il n’est pas le meilleur à son poste mais c’est une valeur sûre.

Arron Afflalo, la gâchette du Magic

Crédit: AFP

66. Jamal Crawford (arrière, 34 ans, 1,96 m, 91 kg)

Jamal Crawford est l’antithèse d’Arron Afflalo. Ce n’est pas une valeur sûre dans le sens où il lui arrive de faire exploser son équipe avant l’adversaire. Ce n’est pas un joueur complet et il ne rentre pas dans ce moule du basket analytique où la circulation de balle et les tirs dans le corner sont recherchés en permanence. En revanche, l’instinct de génie définit parfaitement son jeu. J-Crossover, l’un des meilleurs dribbleurs du monde, est capable de manquer 11 ou 12 shoots d’affilée avant de rentrer le tir le plus important d’une rencontre. Et c’est d’ailleurs selon son point de vue que nous nous sommes appuyés pour départager Crawford et Afflalo. Game 7 d’une finale NBA, une minute à jouer, quel joueur je préfère avoir sur le parquet ? Votre réponse est sans doute un indice sur votre personnalité. Opte-t-on pour la sécurité ou la prise de risque ?
Jamal Crawford est un shooteur de série capable de prendre le contrôle d’une rencontre et de faire pencher la balance. Il défend mal mais il compense par sa capacité à créer son propre tir à n’importe quel moment et de n’importe quelle distance. Ces deux caractéristiques font de lui un sixième homme idéal et il est d’ailleurs double lauréat du trophée réservé au meilleur remplaçant de la ligue. Petite particularité intéressante : il a marqué 50 points avec trois équipes différentes au cours de sa carrière : Chicago, New York et Golden State. Balèze.

Jamal Crawford, le dynamiteur

Crédit: Reuters

65. Marcin Gortat (pivot, 30 ans, 2,11 m, 109 kg)

Bon honnêtement, on s’est rendu compte après coup que Marcin Gortat a peut-être été surévalué. L’ancien joueur du Magic et des Suns est un pivot solide. Méritait-il d’être classé parmi les 70 meilleurs joueurs de la NBA ? On vous laisse juger. On s’est d’abord demandé s’il devait vraiment être considéré comme un meilleur joueur que Nene, son coéquipier à Washington. Mais toutes les statistiques avancées (PER, Win Shares, etc) plaidaient en faveur du Polish Hammer. Ce dernier est une machine de guerre dans la raquette. Il profite de sa taille pour conclure sur la tête de ses adversaires. Il domine sur le pick and roll. Si la défense ne se concentre pas sur lui, il marquera ses points toute la soirée. Les Pacers peuvent en témoigner.
Marcin Gortat n’était pas particulièrement bon en défense à Phoenix mais il semble avoir pris le pas à Washington étant donné que les Wizards encaissent 8 points de plus lorsque leur pivot était sur le banc (par rapport aux séquences où il était sur le parquet évidemment). Le géant polonais est un rebondeur émérite et c’est un joueur de devoir. Bradley Beal a notamment salué l’importance du pivot dans sa progression. En effet, les écrans posés par Gortat sont dévastateurs et il libère ainsi des espaces pour Beal. Le main-à-main entre les deux joueurs était même l’une des spécialités des Wizards en playoffs l’an passé. A la rédaction, on l’apprécie particulièrement pour ses photos loufoques postées sur son compte Instagram et son désir d’instaurer des bagarres en NBA.

Gortat, une redoutable machine à défendre

Crédit: AFP

64. David Lee (ailier-fort, 31 ans, 2,06 m, 109 kg)

David Lee est-il surestimé ou sous-estimé ? Même les dirigeants NBA se posent cette question. Les Golden State Warriors louent son talent mais ils n’hésiteraient pas non plus à l’échanger si jamais il pouvait récupérer un plus gros poisson. Car l’ancien All-Star des New York Knicks est un joueur solide, à défaut d’être étincelant. Lee ne fait pas d’artifices. Il ne claque pas des dunks spectaculaires et ne truste pas les tops 10 NBA. Donnez-lui la balle au poste bas, il saura quoi en faire. L’ailier-fort des Warriors est un scoreur efficace. Une machine à double-double atteinte du syndrome Carlos Boozer : un défenseur médiocre qui capte une dizaine de rebonds. Sauf qu’à l’inverse du nouveau joueur des Lakers, Lee continue de claquer ses 18 à 20 pts par match tous les soirs. Il a des moves dos au panier et un shoot intéressant à mi-distance.
Sauf que ce Greg Monroe du riche (en plus petit tout de même) ne répond ni au profil de l’intérieur protecteur du cercle, ni à celui de stretch four. Or, Steve Kerr semble apprécier les ailiers-fort fuyants capables de créer des espaces. Harrison Barnes et Draymond Green pourraient d’ailleurs tous les deux récupérer des minutes sur ce poste la saison prochaine. De quoi pousser doucement David Lee vers la sortie ?

David Lee, l'intérieur de Golden State

Crédit: Reuters

63. Tyreke Evans (meneur/arrière/ailier, 24 ans, 1,98 m, 100 kg)

Avant de parler plus en détails des caractéristiques de Tyreke Evans, notons que le garçon a les capacités pour être classé bien plus haut. T-Rex, c’est l’histoire d’un jeune débutant surdoué qui a marqué les esprits dès sa première saison NBA bouclée à plus de 20 pts, 5 rbds et 5 pds, une marque historique atteinte seulement par Oscar Robertson, LeBron James et Michael Jordan avant lui.
Depuis ses statistiques n’ont cessé de régresser et Evans s’est cherché sa place en NBA. L’ancien joueur des Kings a un problème de position. Lui se considère comme un meneur mais il sa tendance à scorer avant de distribuer le jeu en fait un arrière. Ce poste est déjà occupé par Eric Gordon à New Orleans et il a donc été orienté à l’aile. Il n’est cependant pas un assez bon shooteur pour y faire son trou en NBA, d’autant qu’il est un peu plus petit que les ailiers modernes. Il a aussi tendance à avoir besoin de la gonfle entre ses mains pour exister. Le joueur de 24 ans est un casse-tête. L’idée de le faire sortir du banc à la Manu Ginobili n’était pas mauvaise – il peut dominer les deuxièmes cinq adverses – mais encore faut-il avoir le caractère adéquat pour accepter ce rôle. Or, Tyreke a souvent réclamé une place de titulaire.
Il a le talent pour. C’est un formidable slasheur capable de créer du jeu et de finir en force près du cercle. C’est aussi un bon rebondeur sur sa position. Il joue vite, il court, il dribble et parfois il fait des passes. Comme bien des joueurs attirés par le panier, il lui manque un tir extérieur fiable pour franchir un cap. Evans est monté en puissance tout au long de la saison dernière et on espère qu’il saura poursuivre sur sa lancée malgré le retour de Jrue Holiday, le meneur des Pelicans blessé pendant une bonne partie de l’année. Va-t-il enfin exploser ou sera-t-il un éternel espoir ?

Tyreke Evans, le joueur ultra complet des Pelicans

Crédit: Eurosport

62. Paul Pierce (ailier, 36 ans, 2,01 m, 107 kg)

Une dernière pour la route pour Paulo ! L’ancienne légende des Boston Celtics est désormais de passage à Washington après un court séjour à Brooklyn. Parviendra-t-il à porter les Wizards vers les finales de Conférence ? Telle est sa prochaine mission. Numériquement, Pierce remplace Trevor Ariza, défenseur de talent et spécialiste du shoot dans le corner. Le futur Hall Of Famer a un style de jeu différent et il devra s’adapter au côté des deux jeunes stars montantes que sont Bradley Beal et John Wall. Contrairement à Ariza, Pierce est capable de créer du jeu. Il était très intéressant dans son rôle de stretch four au sein du système mis en place par Jason Kidd à Brooklyn. The Truth évoluera désormais à l’aile, sa position naturelle. Il devrait bénéficier des percées de Wall pour obtenir des tirs ouverts (37% derrière l’arc l’an passé).
Les anciens All-Stars sont assez difficiles à classer. Comme vous l’avez deviné, Kevin Garnett ne fait pas partie de notre top 100. Pierce nous semble avoir suffisamment de jus pour figurer encore parmi les meilleurs joueurs de la ligue. Mais il est clair qu’il n’a plus cette capacité à scorer 25 points tous les soirs. En revanche, les Wizards compteront sur lui dans les matches les plus importants de la saison. Car outre son talent basket, l’ancien champion NBA apporte son expérience et sa culture de la gagne. Des atouts abstraits mais non négligeables.

Paul Pierce (Brooklyn Nets) face à Miami

Crédit: AFP

61. Jrue Holiday (meneur, 24 ans, 1,93 m, 93 kg)

On conclut cette tranche avec un jeune meneur talentueux qui a du temps à rattraper. All-Star en 2013 avec les Philadelphie Sixers, Jrue Holiday n’a joué qu’une trentaine de match avec sa nouvelle équipe des Pelicans avant de se blesser. Son retour est attendu avec impatience, d’autant plus que New Orleans aspire à disputer les playoffs avec l’avènement du roi Anthony Davis.
Jrue Holiday a été All-Star au sein d’une équipe de milieu de tableau. Il était en charge de l’animation offensive à Philadelphie mais il devait aussi scorer un paquet de points. Son rôle sera évidemment différent en Louisiane. Unibrow est la superstar de l’équipe et il sera la première option offensive la saison prochain. Le meneur sera donc chargé de distribuer le jeu et de répartir les munitions offensives entre Davis, Evans, Gordon et Ryan Anderson. Il devrait aussi profiter de l’attention suscitée par son intérieur All-Star pour placer quelques tirs lointains (39% à trois-points l’an passé). Holiday est un bon défenseur et il doit désormais apprendre à se comporter comme un général sur le parquet. Il n’est pas le meilleur joueur NBA à son poste mais il répond parfaitement aux besoins des Pelicans.

Jrue Holiday défend sur Deron Williams

Crédit: AFP

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