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En signant aux Warriors, Kevin Durant a fait le bon choix

En signant aux Warriors, Kevin Durant a fait le bon choix

Le 24/05/2017 à 14:20Mis à jour Le 24/05/2017 à 14:21

NBA - Moins d'un an après son arrivée aux Golden State Warriors, Kevin Durant est déjà en position pour décrocher le premier titre de sa carrière. Cela tombe bien, c'est exactement pour cela qu'il a changé d'équipe en juillet dernier.

Je me souviens de ma réaction quand Kevin Durant a annoncé sa décision de rejoindre les Golden State Warriors. J’étais un peu bouche-bée, peut-être pas complètement choqué mais plutôt déçu. Blasé. Pantois. Presque frustré qu’il ait fait le choix de s’associer à Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green. Une équipe déjà championne en 2015, finaliste quelques jours plus tôt et vainqueur de 73 matches en saison régulière. Une armada presque invincible sur le papier.

J’étais un temps dépité puis, une fois la tension redescendue, j’ai réalisé : KD a grandi en regardant des émissions qui rabâchent à longueur de journée que tel joueur est moins fort que tel ou tel joueur sous prétexte qu’il n’a pas autant de titres à son palmarès, etc. Il faut comprendre qu’aux Etats-Unis, ESPN et les autres chaînes sportives passent des débats en boucle pendant quatre, cinq heures d’affilée ! Tout ne tourne qu’autour des chiffres… et surtout des bagues de champion. On ne retient que ça. Les bagues, les bagues, les bagues.

Kawhi Leonard est aujourd’hui un meilleur joueur que Scottie Pippen ne l’a jamais été au cours de sa glorieuse carrière. Mais je parie que les fans les plus nostalgiques bondissent de leur chaise, outrés, à la lecture d’une telle hypothèse. Pourquoi ? Pippen a six titres. Il est considéré à juste titre comme l’un des cinquante plus grands de tous les temps. Mais sur le terrain, Leonard a fait plus cette saison que ce que l’ex-légende des Bulls n’a jamais réalisé. Une bague contre six. La star des Spurs ne fait pas le poids.

Kevin Durant plus proche que jamais de toucher au but

Le palmarès de Durant est vierge de titre collectif. Il aspire à devenir l’un des meilleurs basketteurs de l’histoire. Uniquement les champions sont admis parmi les plus grands. S’il veut écrire son nom dans la légende, il lui faut donc cette fameuse bague. Plusieurs bagues. Et aucune autre franchise que Golden State ne lui offrait une meilleure opportunité d’aller chercher des titres. Moins d’un an plus tard, le déroulé des événements parle en sa faveur.

Je suis certain à 100% d’avoir pris la bonne décision. J’ai le sentiment d’être exactement là où je suis censé être“, confiait l’ancien MVP avant le Match 4 contre San Antonio.

Pour la première fois depuis cinq ans, il va retrouver l’atmosphère des finales NBA. A peine a-t-il rejoint la Baie d’Oakland que le voilà déjà en position de décrocher le premier titre de sa carrière. En huit saisons avec Oklahoma City, il n’avait atteint ce niveau qu’une seule fois. En 2012. Le Thunder de KD, Russell Westbrook et James Harden s’était fait étriper en cinq manches par le Miami Heat de LeBron James. Durant est mieux préparé maintenant. Il est plus fort. Et que dire de son équipe.

Les Warriors ont marché sur la NBA (67 victoires cette saison, et ce malgré justement la blessure de leur recrue de luxe) puis sur la Conférence Ouest. Jamais une formation n’avait rejoint les finales sans perdre le moindre match depuis le passage du premier tour au meilleur des sept rencontres.

Stephen Curry et Kevin Durant (Golden State)

Stephen Curry et Kevin Durant (Golden State)AFP

La légion de Golden State est exactement ce que toute la ligue craignait quand Kevin Durant a rejoint l’armée de Steve Kerr : une flotte à la puissance de frappe impressionnante et dévastatrice. A l’heure actuelle, aucune équipe, à part peut-être Cleveland, ne semble réellement en mesure d’inquiéter les Warriors cette année… et au-delà. Car, avec quatre All-Stars de moins de trente ans dont deux MVP, les Californiens sont en bonne position pour jouer encore d’autres finales dans un futur proche.

Certains se demandaient si autant de stars allaient parvenir à se partager la balle. Ils font encore mieux que ça. Ils profitent chacun du talent de l’autre pour se rendre la vie plus facile sur le terrain. Vu l’aisance avec laquelle le tandem Curry – Durant a démoli la défense des Spurs, les Warriors ont de très beaux jours devant eux.

Alors, OK, KD ne cale plus ses matches à 45-50 points comme à l’époque où il jouait à OKC. Parfois, j’ai même l’impression que la ligue a perdu l’une de ses superstars. Westbrook plante ses triple-doubles, Anthony Davis ses 50 points et 15 rebonds, James Harden ses cartons… mais les performances de Durant sont plus discrètes. Pourtant, il est plus fort et plus efficace que jamais. 25 points en 33 minutes, 55% aux tirs et 41% à trois-points pendant ces playoffs. Un différentiel de +14. Sobre, mais mortel.

Sa décision n’était évidemment pas un pari sur le plan sportif. C’est celle qui faisait le plus de sens. Elle a été douloureuse et il a été vivement critiqué. Mais pour vraiment faire taire les détracteurs, pour faire oublier toute la rancœur de certains fans, pour s’inscrire dans la lignée des plus grands, il n’a plus qu’une chose à faire : gagner. Aller en finales ne suffisait pas. Il le sait. Les Warriors le savent. Le vrai défi, il commence maintenant.

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