Il est arrivé en NBA avec le surnom de "The Chosen One", l'élu, donné par Sports Illustrated alors qu'il n'était que lycéen. Ces trois mots, encrés sur ses épaules dès son arrivée chez les professionnels, l'ont suivi quelques années, avant de justifier qu'on l'appelle The King. Roi sans couronne, ni bague, LeBron James est allé chercher ses premiers titres à Miami, entouré de ses acolytes Dwyane Wade et Chris Bosh. Ce qui n'avait pas manqué de soulever quelques critiques sur sa "lâcheté" de devoir rejoindre une équipe au talent surdimensionné pour enfin s'imposer. De retour dans son Ohio natal, "LBJ" a réussi le défi d'offrir le sacre à son équipe, les Cleveland Cavaliers. Fans inconditionnels du joueur comme haters assumés ne peuvent désormais que l'affirmer, LeBron James force le respect. Sa fin de saison 2017 ne fait que l'appuyer un peu plus.

L'ailier des Cavs l'a dit à raison il y a deux jours, il n'a "plus rien à prouver" à la planète basket. Joueur hors-norme, multiple MVP et All-Star, champion à plusieurs reprises et leader partout où il passe, James est d'ores et déjà de la caste des très grands, de ceux qui laisseront une marque indélébile sur leur discipline. Mais c'est plus fort que lui. A l'approche des playoffs, leur saveur enivre et transcende le gamin d'Akron. Nous vous disions avant cette phase finale que LeBron allait prouver à tout le monde qu'il était bien le meilleur. On ne croyait pas si bien dire. Il en est même devenu effrayant de domination.

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07/05/2017 À 22:30

Un récital que l'on n'avait plus vu depuis Jordan

Les superlatifs ont tendance à être galvaudés avec des phénomènes comme James à un tel niveau de performance. Sur ces playoffs, disons que le joueur de 32 ans est "fantasmonstrueux". Ses statistiques sont gargantuesques : 34.9 points à 54%, 9,7 rebonds, 7,8 passes de moyenne. On le connaissait shooteur correct tout au plus, une de ses rares faiblesses. Dans cette phase finale, ses pourcentages au tir crèvent le plafond : plus fort que la meilleure saison de Shaquille O'Neal à 2pts, que la meilleure saison de Steph Curry à 3pts. Et pas juste en prenant un shoot par-ci par-là complètement ouvert, non, non. Des tirs décisifs, au haut niveau de difficulté pour mieux sceller son emprise sur les rencontres.

Car au-delà des chiffres, c'est la patte XXL que met le numéro 23 des Cavaliers dans chacun des matches de cette "postseason" qui éclabousse de talent toute la NBA. LeBron est tout l'inverse du cavalier sans tête, se bornant à prendre les choses à son compte pour faire la différence. James laisse le jeu venir à lui, s'en empare et le transforme en or massif. La ligue nord-américaine en a connu des individualités capables de changer le cours d'un match, d'une série. Mais le faire dans une telle proportion et avec une telle régularité est l'apanage des légendes. On n'a plus connu un tel cocktail domination individuelle - impact positif sur son équipe depuis un certain Michael Jordan, ni plus, ni moins. Dwane Casey, l'entraîneur des Toronto Raptors, laminés la nuit dernière, partage aussi cette impression et ose le crime de lèse-majesté.

Actuellement le Michael Jordan de 1996 contre Seattle est une bonne comparaison. LeBron est probablement actuellement plus à son meilleur niveau et plus athlétique que Michael Jordan ne l’était à cette époque.

Et Casey sait de quoi il parle. Il était alors coach assistant des Sonics.

LeBron James (Cleveland Cavaliers), taille patron à Toronto

Crédit: Getty Images

Rappelez-vous pourtant d'il y a quelques semaines. Cleveland terminait la saison régulière moribond, coiffé au sommet de la Conférence Est par les Celtics de Boston. Cette mauvaise série avait levé bien des inquiétudes et montré les failles du champion en titre. Depuis, les hommes de Tyronn Lue ont joué huit matches de playoffs. Pour huit victoires. En remontant à la finale 2016 et à ce retournement de situation retentissant face aux Golden State Warriors, on en est même à 11 succès de rang. Une dynamique qui porte le sceau royal de James, passé maître dans l'art du sweep, le coup de balai de son adversaire en quatre rencontres sèches. Il en est à 11 dans sa carrière. Personne n'a fait mieux dans le passage aux séries en quatre victoires. Prodigieux.

La définition même d'irrésistible

Et quand bien même Cleveland réalisait le sweep le plus restreint (en écart de points cumulés sur les quatre matches) de l'histoire au premier tour, les doutes se sont envolés pour une bonne raison. LE. BRON. JAMES. A quoi bon s'époumoner au premier stade de la chasse au titre quand on a de toute façon la maitrise ? Même largement dominés comme lors du match 3 à Indiana, James a la solution. Menée de 25 points à la pause, la franchise de l'Ohio est revenue, ce qu'aucune équipe n'avait fait jusqu'alors dans l'histoire. Et James a laissé aux Pacers une ligne de stats tonitruante : 41 points, 13 rebonds et 12 passes décisives. 73 des 119 pions des Cavaliers ont eu pour origine un panier ou un caviar de LeBron.

Au second tour, l'ancien numéro un de la draft 2003 a retrouvé une de ses victimes préférées, les Toronto Raptors. Lancés, LeBron et ses Cavs n'ont laissé personne douter sur le résultat de la série. LBJ est irrésistible au point d'avoir imprimé la résignation comme seule issue dans la tête de ses adversaires. La star de la franchise canadienne, DeMar DeRozan, ne se cherchait même plus d'explications rationnelles. "Nous aussi nous aurions gagné si nous avions LeBron James dans notre équipe." Dwane Casey abondait aussi dans ce sens : "A chaque fois que vous vous trouvez face au numéro 23, vous pouvez essayer tout ce que vous voulez. Il est la différence."

Les Raptors ont payé pour le voir. Avec cette deuxième série sans le moindre revers, Cleveland est devenu la première équipe de l'histoire à réaliser cet exploit deux saisons consécutives. Encore une nouvelle ligne dans la liste sans fin des accomplissements de la carrière de LeBron James. L'ailier est devenu la semaine dernière le deuxième meilleur marqueur des playoffs, seulement devancé par Michael Jordan. Il n'est plus à l'heure actuelle qu'à 140 points de la légende des Bulls, un total qu'il devrait dépasser durant ces phases finales - et probablement en finale - s'il continue sur ce rythme. Alors, LeBron rentrera un peu plus dans l'éternité. Avoir l'occasion d'être témoin d'une telle prouesse est une chance. Alors, profitons de ces moments, savourons-les comme il se doit. Ce n'est pas tous les jours que l'histoire s'écrit devant nos yeux. James nous offre ce privilège.

LeBron James sous le maillot de Cleveland en 2017.

Crédit: AFP

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