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Contrat max ou boulet, bonnes affaires : quel est le juste prix d'un joueur NBA ?
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Publié 26/11/2020 à 16:16 GMT+1
NBA - A moins d'un mois de la reprise de la saison, la free agency, comprenez le marché des agents libres, bat son plein. Si certaines signatures sont logiques, d'autres étonnent et ne manquent pas d'être critiquées. L'occasion de se demander : comment se calcule le prix d'un joueur en NBA ?
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En NBA, il y a deux types de joueurs : ceux qui n'ont pas besoin de négocier leur contrat et les autres. Les superstars, mais pas que, d'un côté, la masse des lieutenants et des joueurs de complément de l'autre. Pour les premiers, la ligue, soucieuse de maîtriser les dépenses des propriétaires, a tout prévu. Pour les autres, il faut discuter, bluffer, prendre le pouls du marché et toujours avoir un coup d'avance. Et à ce jeu-là, certains agents savent flairer la bonne affaire.
Stephen Curry, joueur le mieux payé de la NBA qui émarge à 43 millions de dollars, LeBron James (39 millions), Joel Embiid (29 millions) ou très récemment Jayson Tatum et Donovan Mitchell (28 millions), autant de joueurs pour qui la question était plus de savoir quand le contrat allait être signé plutôt que combien il allait coûter. Car ces joueurs ont tous signé un "contrat max", expression typique de la NBA. Pour ces joueurs, ce sont les règles de la ligue qui décident de leur rémunération.
Le pactole pour les stars, le reste pour les autres
En fonction de leur ancienneté dans en NBA et de leurs accomplissements (MVP, autre distinction comme défenseur de l'année, apparition dans les meilleurs 5 de l'année, All-Star Game...), les stars sont éligibles à un niveau du fameux contrat maximum. Trois niveaux existent :
Tous ces montants sont calculés sur la première année du contrat et en fonction du plafond salarial de la NBA à ce moment-là. Si le plafond salarial augmente, comme c'est le cas en principe chaque année, le salaire "pèse", en valeur absolue, de moins en moins sur le salary cap d'une équipe. Capitale, cette gestion de la masse salariale décide de la stratégie de chaque franchise dans les négociations avec les agents libres. Et c'est là qu'il y a de bons coups à jouer, d'un côté comme de l'autre.
Nicolas Batum mérite-il de gagner plus de 27 millions cette saison ? Sa dernière saison laisse à penser que non mais le Français est arrivé en fin de contrat au moment idoine : l'été 2016, celui de l'explosion des droits télés NBA et donc en corrélation du plafond salarial (calculé sur les revenus de la ligue). Il y a quatre ans, chaque franchise, ou presque, s'est retrouvée avec une enveloppe supplémentaire à dépenser (le cap a bondi de 24 millions). Dans ce marché-là, les agents libres avaient la main et nombre des contrats signés ces étés-là ont été jugés, a posteriori, désastreux. Mais c'est la loi de l'offre et de la demande.
L'exemple de Gordon Hayward : pourquoi les petits marchés doivent surpayer
La même qui a poussé Montrezl Harrell, meilleur sixième homme de la dernière saison, à signer aux Lakers pour "seulement" 9,5 millions de dollars, l'équivalent du contrat d'un joueur de banc. Avec la crise liée au Covid-19, le plafond salarial a stagné et les franchises se sont montrées frileuses. Cette même loi de l'offre et de la demande qui institue un déséquilibre entre petits et gros marchés américains dans une ligue pourtant censée être égalitaire.
Comment les Lakers peuvent attirer l'un des fers de lance de l'attaque de leurs rivaux des Clippers, Harrell donc, pour une bouchée de pain quand Charlotte doit faire sauter la banque pour attirer en Gordon Hayward, un joueur très utile mais qui n'a pas (plus ?) le statut de star ? Tout simplement parce que les grosses cylindrées, celles qui jouent le titre, peuvent attirer du monde en agitant la perspective d'une bague de champion. Les gros marchés charrient aussi autour d'eux un business possiblement rentable pour le joueur. Et les petits marchés alors ? Ils se débrouillent.
Pour comprendre le salaire de 30 millions offert à Gordon Hayward par les Hornets de Michael Jordan, il faut se plonger dans la longue histoire de la ligue et comprendre qu'un petit marché, qui plus est non-compétitif à l'instant T, a toujours eu du mal à attirer les meilleurs joueurs, draft mise à part évidemment. Surpayer Hayward, c'est l'assurance de le voir atterrir chez vous et ainsi gagner en compétitivité mais aussi en attractivité, pour les joueurs et pour les diffuseurs. Quoique sur ce sujet-là, la draft de LaMello Ball, produit marketing naissant, semble plus importante.
Enfin, et pour comprendre les mécaniques de négociations, il faut aussi prendre en compte les évolutions de la ligue. Les pivots lourds, peu mobiles ont moins la côte que les ailiers shooteurs et bons défenseurs. Aucun vrai pivot n'a signé pour plus de 10 millions la saison quand Joe Harris, précieux aux Nets (19 millions) et Jerami Grant, appelé à être titulaire à Denver (20 millions), ont empoché de jolis contrats. Ainsi va la vie des agents libres en NBA.
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