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Dajuan Wagner, le surdoué qui aurait dû former un duo légendaire avec LeBron James
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Publié 29/03/2020 à 11:07 GMT+2
NBA – Superstar au lycée, sorte de réplique d’Allen Iverson, Dajuan Wagner avait tous les atouts pour s’affirmer comme l’un des joueurs majeurs des Cavaliers en NBA. Au côté d’un certain LeBron James. Mais la malchance et une succession de blessures ont eu raison de sa carrière. Focus.
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C’est l’histoire d’un prodige. Un surdoué nommé Wagner, même si, contrairement au célèbre musicien allemand, c’est sur un parquet, balle en main, que Dajuan récite ses gammes depuis sa plus tendre enfance. Une superstar dans son New Jersey natal. Une figure emblématique de Camden, petite ville rongée par le trafic de drogues, la pauvreté et la criminalité, située à un peu plus d’une heure de route de New York. Pourtant, son nom ne vous dit peut-être rien. Plutôt étonnant pour une légende non ? Parce que si une carrière grandiose semblait promise au virtuose, quelques fausses notes sont venues gâcher la mélodie.
Le bambin, né en 1983, a d’abord suivi les traces de son paternel. Milt Wagner, l’un des rares basketteurs professionnels sacré champion national au lycée, à l’université (avec Louisville) et en NBA (avec les Lakers de Magic Johnson en 1988). Mais son passage dans la plus grande ligue du monde fut anecdotique. Il s’est rapidement expatrié en Europe, avec même une saison à Paris et une autre, sa dernière, à Châlons-en-Champagne. C’est son fils qui devait vraiment conquérir la planète basket. Sous le feu des projecteurs dès l’adolescence, il était le meilleur lycéen du pays juste avant l’avènement de son futur coéquipier LeBron James. Ses cartons répétés chaque weekend ont fait le tour des Etats-Unis. Et sans réseaux sociaux à l’époque. Mais impossible de passer à côté des exploits individuels de Dajuan Wagner, machine à scorer auteur de 80 points dans un match… à 16 ans.
Dajuan Wagner, 100 points comme Chamberlain
Le meilleur restait encore à venir. Une année après, quasiment jour pour jour, Wagner pond son chef-d’œuvre. Une prestation à 100 points, tout rond, contre une école rivale. La folie s’empare du gymnase et la presse s’enflamme à propos du nouveau phénomène US. "Encore aujourd’hui, vingt ans après, il ne passe pas une semaine sans que quelqu’un me parle de mes 100 points", confiait le héros de Camden en mars 2019. Le prospect le plus excitant du pays. "Mr Basketball", selon le nom du trophée donné au meilleur lycéen. Et évidemment le plus convoité par les prestigieux programmes NCAA. Louisville est considéré, en honneur à son papa, mais c’est finalement Memphis qui rafle la mise. Sa préparation pour la NBA débute donc aux Tigers, sous les ordres de John Calipari, un coach qui a depuis gagné la réputation de faire de ses joueurs des choix de draft haut placés (Derrick Rose, Anthony Davis, John Wall, etc.)
Fac ou lycée, ça ne change pas grand-chose pour Dajuan Wagner. Il continue de marquer des points soir après soir. Plus de 21 points de moyenne pour sa première saison sur les bancs de l’université. Sa première et même sa dernière. Parce qu’il contemplait encore ses options, son coach lui a tout simplement forcé la main… Calipari a déchiré les feuilles d’inscription du bonhomme devant lui pour lui faire comprendre qu’il avait intérêt à rejoindre la NBA et à ne pas rater l’occasion de percevoir un gros contrat garanti. Le meneur de poche (1,88 mètre), attaquant très prolifique, est alors projeté parmi les dix, voire les cinq, premiers choix de la prochaine draft. Un profil à la Allen Iverson, fraîchement élu MVP de la ligue un an plus tôt. Sa cote est au plus haut. Ce sont finalement les Cavaliers qui mettent la main dessus en sixième position en 2002.
La descente aux enfers
Les premiers pas sont très prometteurs ! 17 points d’entrée de jeu. Puis quatre matches de suite à 29, 28, 25 et 29 unités. Une performance à 33 pions – son record en carrière jusqu’à aujourd’hui – contre les Raptors quelques semaines après. 20 points au compteur après 11 rencontres ! Le futur est en marche. Sauf que John Lucas, puis Keith Smart (nommé en cours de saison), décide de le sortir du cinq majeur. Les statistiques du jeune joueur en prennent un coup, de même que sa confiance. Finalement gêné par des problèmes de santé, il boucle sa saison rookie avec 47 matches et 13,4 points au compteur.
Le pire restait encore à venir. Parce que Wagner n’était pas au bout de ses galères. Alors que Cleveland récupère LeBron James avec le premier choix de la draft 2003, celui qui était censé incarner l’avenir de la franchise avant le jeune King multiplie les pépins physiques. Avec même un ulcère et une opération du colon. La fin prématurée d’un talent promis à la gloire. La suite fut tout aussi triste. Il a tenté de rebondir aux Warriors en 2006, en vain, et ensuite en Pologne mais d’autres blessures l’ont forcé à revenir aux Etats-Unis. Là, il s’est entraîné pendant des années avec l’espoir de revenir un jour ou l’autre. Il a même cru tenir un contrat, en AmeriLeague, un nouveau championnat créé en 2015. Sauf qu’il s’agissait ni plus ni moins d’une arnaque.
Il est depuis retombé dans l’anonymat… enfin celui du grand public. Il est toujours une légende à Camden. Il pouvait être tellement plus. Il avait toutes les qualités basket pour s’affirmer comme la seconde lame des Cavaliers au côté de LeBron James. Et devenir le coéquipier talentueux qui manquait justement au natif d’Akron pour passer un cap lors de ses premières années à Cleveland. Le destin en a voulu autrement.
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