Pensez à LeBron James. Pas le joueur, mettons de côté celui qui, à 35 ans, est toujours un candidat MVP. Celui qui nous intéresse, c'est l'homme. A quoi pensez-vous ? A la stature d'un patron de la ligue, à son engagement pour la jeunesse défavorisée, chez lui dans l'Ohio. Globalement un homme respectable et respecté, qui s'engage là où il veut, notamment politiquement, pour être la voix de ceux que l'on entend jamais. Maintenant replongez-vous dans vos souvenirs et partez dix ans en arrière. Si vous parvenez à retrouver vos sentiments de l'époque, vous constaterez que ce que vous ressentiez pour LeBron James était très différent. Et pour cause.
Le "chosen one", soit "l'élu" ; vous ne pouvez pas espérer arriver dans un monde d'adultes, en l'occurrence la NBA, avec un tel surnom et espérer un niveau d'exigence, sur et en dehors du terrain, autre que maximal. Le jeune LeBron James, qui a zappé l'université comme un certain Kobe Bryant à qui il ressemblait à bien des égards au début de sa carrière, n'était évidemment pas préparé à ça.

LeBron James

Crédit: Allsport

NBA
"The Decision" : quand l'idée d'un inconnu est devenue le pire moment de la carrière de LeBron
07/07/2020 À 22:25
Sportivement d'abord, être numéro un de draft dans la franchise de votre état, une franchise dont les derniers bons résultats remontaient au début des années 90, était un fardeau bien lourd à porter. James à Cleveland "saison un", c'est une seule qualification en finale (pour un retentissant 4-0 encaissé) en 2007 et de nombreux échecs. Et comme ce fut le cas pour Jordan, il a été taxé de joueur qui ne fait pas gagner son équipe. C'était oublier trop vite le pedigree de ses équipiers.

Docteur LeBron et Mister James

Ces échecs répétés et les torrents de critiques qui en ont découlé sont en partie la cause du virage qu'a pris LeBron James dans son attitude autour de l'année 2010. Retirer son maillot dans le couloir du TD Garden de Boston après une énième élimination en Playoffs renvoyait l'image d'un joueur qui ne voulait plus se battre pour son équipe. Quelques semaines plus tard, "LBJ" prenait "The Decision" et filait vers Miami. Il prenait en mains sa destinée, n'était plus l'élu de Cleveland mais un homme qui décidait de son avenir, quitte à se mettre à dos tout un état.
Tout à coup, il devenait aussi l'ennemi public numéro un. Pour sa première apparition sous le maillot de Miami, il promettait "pas 2, pas 3, pas 4 titres" et ainsi de suite, ne s'arrêtant qu'à 7. Moqué pour être allé rejoindre deux superstars, LeBron endossait le costume du "bad guy". C'est lui-même qui surnommait son équipe de Miami les "Heatles" pour sa propension à remplir les salles partout dans le pays. C'est lui aussi qui se moquait, en compagnie de son compère Dwyane Wade, du pourtant toujours très droit Dirk Nowitzki, malade pendant le match 4 des finales 2011. James faisait tout ce qu'une superstar ne doit pas faire, offrait à ses détracteurs des arguments en or… Et s'en fichait royalement.
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Du joueur au leader politique

En dix ans, LeBron a changé. Avec l'âge, il a évidemment pris du recul et appris à vivre avec les attentes autour de lui. Ses deux titres en 2012 et 2013 l'ont libéré d'un poids, celui de 2016 avec les Cavaliers l'a couronné. Oui, il est bien le "King". Son histoire avec Cleveland n'était pas terminée et quand il a annoncé son retour en 2014, il n'a pas eu besoin d'un show télévisé.
"Je rentre à la maison". Ces simples mots barraient la Une du Sports Illustrated de juillet 2014. Dans une organisation comme celle de Miami, James est devenu un homme. On a le droit de penser que côtoyer Pat Riley pendant quatre ans vous apprend deux ou trois choses sur la vie. "Ces quatre dernières années ont fait de moi ce que je suis maintenant. Je suis devenu un meilleur joueur et un bien meilleur homme", écrivait-il d'ailleurs dans sa lettre publiée par SI. "Dans le nord-est de l'Ohio, rien ne vous est donné, tout se mérite. Vous travaillez pour ce que vous avez", continuait-il. Et comme pour montrer qu'il avait appris des erreurs du passé, il assurait : "je ne promets pas de titre. Je sais à quel point c'est dur d'aller en décrocher".
En 2020, il ne reste plus de trace du LeBron de 2010. A Cleveland, il a construit une école pour les enfants défavorisés. Aux Etats-Unis, sa parole porte car il s'en sert. Contre les violences policières, pour inciter les afro-américains à aller voter ou pour s'opposer à Donald Trump. Des prises de positions qui lui ont valu des critiques acerbes mais qui prouvent qu'il est un personnage qui dépasse son sport.
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