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Des larmes à la lumière, Gobert est un beau All-Star

Des larmes à la lumière, Gobert est un beau All-Star

Le 31/01/2020 à 08:18Mis à jour Le 31/01/2020 à 11:26

NBA - Snobé pour l’événement l’an dernier, Rudy Gobert sera bien un All-Star cette saison. Il a été retenu par les coaches de la Conférence Ouest. Et c’est tout à fait logique.

Sûr de lui, de sa force, de ses performances et de son impact sur le terrain, Rudy Gobert s’imaginait déjà All-Star la saison dernière. C’était même une évidence pour lui. Mais pas pour les coaches, ceux qui désignent les remplaçants des deux équipes chaque année. Il n’a pas été invité au match des étoiles en 2019. Une terrible désillusion pour le pivot français du Jazz, mais aussi pour ses proches. Alors le masque a craqué, laissant place aux larmes, le lendemain devant les journalistes.

Encore ému, il a raconté les pleurs de sa mère au téléphone après avoir été snobé pour l’événement. Une scène rare, et encore plus rare chez Gobert, dont la confiance peut parfois se confondre avec de l’arrogance. Certains ont été touchés par sa sincérité. D’autres se sont moqués. Mais un an plus tard, ça y est, le voilà officiellement All-Star. Il devient ainsi le troisième joueur français à être sélectionné pour le rendez-vous traditionnel de mi-saison, après Tony Parker et Joakim Noah.

Un impact enfin récompensé

Une belle ligne sur un CV. Il le disait lui-même, "ce n’est pas pour l’argent." C’est son héritage. La trace qu’il veut laisser en NBA. La revanche d’un basketteur souvent sous-estimés et jamais vraiment considéré comme l’un des plus brillants de sa génération. Un bosseur acharné, à la recherche de reconnaissance, qui a redoublé d’efforts pour arriver où il en est aujourd’hui. C’est-à-dire parmi les meilleurs joueurs du monde.

Sa sélection est amplement méritée. L’an dernier, les coaches de la Conférence Ouest ont probablement jugé que sa production offensive était insuffisante pour faire de l’ombre à une machine à statistiques comme Karl-Anthony Towns par exemple. Il ne marque pas plus en 2020. Même à peine moins : 15,8 de moyenne cette saison contre 15,9 lors de l’exercice précédent. Mais son volume de jeu global a augmenté. Il est passé de 12,9 à 14,5 rebonds par exemple. Avec toujours ses 2 blocks par match. Gobert est surtout le moteur d’une équipe qui gagne de plus en plus.

Utah est quatrième à l’Ouest après avoir occupé la deuxième place récemment. Avec 32 victoires et 15 défaites, la franchise de Salt Lake City est seulement à un succès du podium. Le top-4 d’une Conférence, ça marque. C’est traditionnellement le moyen le plus sûr pour envoyer deux représentants au All-Star Game. Et le Jazz ne pourrait y prétendre sans son géant tricolore. Son impact ne fait aucun doute et les statistiques analytiques le retranscrivent : quand il est sur le terrain, son équipe marque 114 points sur 100 possessions pour seulement 104 encaissés. Un différentiel de +10, plus que n’importe quel joueur de l’effectif. Mais surtout, peut-être un peu plus parlant, ses chiffres redescendent à 102 et 109 points (marqués et encaissés) quand il est sur le banc. Sans « Gobzilla », le Jazz est perdu.

Rudy Gobert, le joueur le plus important du Jazz

Le duel Rudy Gobert (Utah Jazz) - Myles Turner (Indiana Pacers)

Un scoreur comme Donovan Mitchell, ça peut se remplacer. Bon, sans doute pas avec autant de talent que le jeune arrière bien parti pour devenir une superstar un jour. Mais des joueurs qui plantent 20 points par match, il y en a aux quatre coins de la ligue. Alors qu’un intérieur qui protège le cercle comme Gobert, ça se compte sur les doigts d’une main. Ses longs bras, sa mobilité et sa vitesse en font le défenseur ultime près du panier. Il compile 2 blocks par match mais ce n’est même pas significatif de son influence. Parce que, justement, il dissuade tellement ses adversaires que certains préfèrent reculer que de venir se frotter à lui dans la raquette. Déjà double-lauréat du DPOY (le trophée de meilleur défenseur), le natif de Saint-Quentin est en course pour faire le triplé. Et ce n’est pas un hasard.

Son arsenal offensif sera toujours pointé du doigt. Parce que c’est un bonhomme de 2,16 mètres et les humains aux normes plus "standards" ont tendance à estimer qu’un homme de cette taille devrait marquer à sa guise. Oui, Rudy Gobert n’a pas spécialement un jeu de feintes ou de mouvements dos au panier très développé. Mais il n’est pas manchot non plus près du cercle (68% de réussite aux tirs). Il lui arrive de caler quelques petits tirs à une main (des "hook", en VO).

Son impact offensif est sous-estimé par le grand public. Il demande une lecture plus approfondie. Les écrans de l’intérieur ont par exemple une importance primordiale au sein du système du Jazz. Et poser un écran, un bon écran, requiert de vraies capacités. C’est une lecture, une force, un sens du placement. En posant de bons picks, il crée du mouvement et de la fluidité en attaque. Il libère des coéquipiers. Et en roulant fort vers le cercle, dans le bon espace et dans le bon timing, il s’offre des opportunités de marquer des paniers faciles. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Il y a un manque de considération de la part de certains fans qui se demandent ce qu’un joueur de son profil va faire au All-Star Game, un match qui a perdu tout son enjeux avec le temps (la NBA n’arrête pas de changer son format dans l’espoir d’y redonner un quelconque intérêt) et où la défense n’est clairement pas de rigueur. Mais si le spectacle est l’unique motivation, autant envoyer les athlètes du bout des bancs NBA. Ceux qui tapent des 360 les yeux fermés. Non. Les All-Stars, ce sont les meilleurs joueurs de chaque Conférence chaque saison. Et évidemment que ça inclut les meilleurs joueurs des meilleures équipes. Rudy Gobert a donc largement sa place parmi les étoiles.

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