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Mauvais timing, poisse et histoires de contrat : ces équipes qui auraient dû marcher sur la NBA

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Russell Westbrook (au premier plan), Kevin Durant et James Harden sous le maillot du Thunder d'Oklahoma City

Crédits AFP

ParAntoine Pimmel
01/04/2020 à 21:33 | Mis à jour 02/04/2020 à 13:16

NBA – On leur promettait monts et merveilles mais elles ont déçu. Gâchées par les blessures, les egos ou l’avarice d’un propriétaire de franchises, ces trois équipes fantastiques auraient dû former des dynasties au sommet de la ligue. Retour sur les mésaventures du Magic, des Blazers et du Thunder.

Le Magic de Shaq et Penny, une histoire de (mauvais) timing

Pour une jeune franchise comme Orlando, créée en 1989, la plus grande chance de se hisser un jour jusqu’aux sommets de la NBA passait par la draft. Et c’est après trois saisons calamiteuses que le Magic a touché le jackpot. Un gros lot de 2,15 mètres et une bonne centaine de kilos. Un certain Shaquille O’Neal, premier choix de la cuvée 1992. Tout a changé à partir de là. Surtout qu’un an plus tard, après les débuts tonitruants du géant, l’organisation hérite… encore une fois du premier pick de la draft !

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L’intérieur Chris Webber, superstar en NCAA, doit alors débarquer en Floride. Mais Shaq en décide autrement. Lui a repéré un meneur élégant, capable de distribuer et de scorer avec une facilité déconcertante, avec qui il avait tourné un film quelques semaines auparavant. "J’avais rencontré Penny sur le plateau de Blue Chips. Je l’avais un peu testé. Du coup, quand je suis rentré, j’ai discuté avec le GM. Je lui ai dit : je sais qu’on a le premier choix de draft, et je sais que vous voulez Chris Webber mais je reviens juste de jouer avec ce gars, Penny Hardaway, et c’est lui qu’il nous faut. J’ai mis un petit coup de pression en parlant de ma fin de contrat qui arrivait dans deux ans, s’il ne le prenait pas…"

Les dirigeants choisiront tout de même Webber… pour l’échanger contre Hardaway, sélectionné en troisième position par les Warriors. Shaq et Penny sont réunis. Un duo de jeunes superstars qui s’affirment très vite parmi les meilleurs joueurs du monde. Une association parfaire entre la puissance d’un pivot dominant et d’un virtuose de la balle orange. "C’était parfait. C’était le remix du duo Magic Johnson – Kareem Abdul-Jabbar !" Insiste O’Neal. Ils envoient le Magic en playoffs pour la toute première fois de son histoire. Pour une sortie de route express, un coup de balai infligé par les Pacers au premier tour. Mais peu importe. L’avenir leur appartient.

Shaquille O'Neal et Anfernee Hardaway

Crédits Eurosport

Parce que dès l’été 94, Horace Grant vient renforcer un groupe de plus en plus costaud. Quand des vétérans acceptent de rejoindre des formations guidées par des stars beaucoup plus jeunes, c’est traditionnellement le signe que cette équipe ne va pas tarder à se hisser tout en haut de la hiérarchie NBA. Surtout qu’avec la (première) retraite de Michael Jordan, le trône est vacant. MJ reviendra finalement quelques mois plus tard, juste avant les playoffs 95. Mais c’est trop tard. Orlando a le vent en poupe. Shaq, 22 ans, et Penny, 23, réussissent même l’exploit de sortir les Bulls au second tour des playoffs (4-2) ! Ils sont les seuls à avoir battu Jordan au cours des années 90 !

Galvanisés par cette performance, ils se hissent jusqu’en finale. La première d’une longue série, se dit-on alors. Ils se sentent alors invincibles. Surtout contre des Rockets champions en titre mais vieillissants et seulement sixièmes de la Conférence Ouest cette saison. "Nous étions trop sûrs de nous. On se sentait favoris", reconnaît Hardaway avec le recul. Le retour à la réalité fut brutal. Alors que le Magic menait de trois points lors du premier match de la série, Nick Anderson a raté quatre lancers-francs décisifs dans les derniers instants. Houston a arraché la prolongation et a fini par l’emporter. O’Neal et ses partenaires ne s’en sont jamais remis. Ils ont été vaincus sèchement, en quatre manches. Cruel.

Mais après tout, ils n’étaient qu’au début de leur carrière. Au début d’une ascension qui paraissait inévitable. Un accident d’un parcours qui promettait d’être brillant et plein de succès. Orlando gagne 62 matches la saison suivante. Toujours le meilleur exercice de l'histoire de la franchise jusqu’à aujourd’hui. Le problème ? Chicago en gagne 72 en 1996. Michael Jordan est revenu à son meilleur niveau. Et il ne fait pas de détails. Même avec O’Neal et Hardaway devant lui. Les deux meilleures équipes à l’Est se retrouvent en finale de Conférence. Les Bulls n’ont pas de temps à perdre. Le résultat est sans appel : 4-0.

Shaquille O'Neal Orlando

Crédits Imago

Encore une humiliation. Celle de trop pour Shaq. Blessé dans son orgueil, il n’y est plus mentalement. Il veut partir. Et le Magic lui donne une excuse pour aller voir ailleurs en ne lui proposant même pas le salaire maximum alors qu’il se retrouve libre sur le marché. Une vraie erreur de jugement. Jerry West, GM des Lakers, fonce sur l’occasion et vend à O’Neal la vie de rêve à Los Angeles, lui qui est passionné de musique et de cinéma. Il signe la superstar et récupère Kobe Bryant lors de la draft à l’été 1996. C’est la fin brutale du Magic censé dominer la NBA. Une dynastie s’éteint, tuée dans l’œuf, et une autre prend racine ailleurs, beaucoup plus à l’Ouest. La carrière de Penny Hardaway prend elle aussi un mauvais tournant avec des blessures à répétition. Il ne sera plus jamais le même joueur par la suite.

Des années après avoir pris sa retraite, Shaquille O’Neal avouera qu’il a regretté son départ d’Orlando. Toutes ces défaites difficiles à encaisser étaient des étapes nécessaires pour atteindre un jour les sommets. Mais il était trop jeune pour le comprendre à l’époque. Le Magic s’est peut-être révélé trop tôt et a subit de plein fouet le retour de Jordan. Un crève-cœur pour une équipe spéciale qui aura tout de même fait chavirer le cœur des passionnés de basket.

La malédiction des Blazers de Roy et Oden

Portland a toujours été une place forte de la Conférence Ouest en NBA. Débarquée dans la ligue en 1970, la franchise a disputé les playoffs à 35 reprises en 50 saisons. C’est une habituée des grands évènements… même si elle en sort rarement vainqueur : un seul titre, décroché en 1977 avec Bill Walton. Cette équipe pouvait s’inscrire dans la durée mais des blessures ont finalement écourté la carrière du pivot. Le même coup du sort frappera les Blazers quasiment trente ans plus tard. En 2006, alors que le club traverse une période de transition, les dirigeants mettent la main sur Brandon Roy avec le sixième choix de la draft.

Brandon Roy

Crédits Allsport

Dès son arrivée, l’arrière talentueux fait de suite faire progresser une équipe en perdition. Portland passe de 21 à 32 victoires… et, miracle de la loterie, récupère le premier choix de la draft 2007. Le timing est parfait. Brandon Roy, fraîchement élu rookie de l'année, va pouvoir être associé à un colosse qui a tout dominé au lycée et à la fac. Un certain Greg Oden.

Il faut se souvenir du contexte de l’époque. Les pivots étaient encore perçus comme les joueurs les plus dominants en NBA, même si leur rôle avait déjà commencé à évoluer. Pour beaucoup, Oden est le nouveau Shaquille O’Neal. Et Roy peut devenir son Kobe Bryant. Un tandem censé prendre la relève des Lakers, trois fois champions entre 2000 et 2002. Surtout qu’un an plus tard, les Blazers draftent LaMarcus Aldridge, intérieur taillé dans le moule d’un Tim Duncan ou d’un Dirk Nowitzki.

Le futur est en marche. Mais il s’est vite cassé la figure. Pourtant, Roy s’affirme comme l’un des meilleurs joueurs du monde. All-Star trois années de suite entre 2008 et 2010. "L’arrière le plus difficile à défendre à l’Ouest ? Brandon Roy. 365 jours par an, 7 jours sur 7. Roy n’a aucune faiblesse dans son jeu", confiait même Kobe Bryant en 2009 ! Ron Artest est allé encore plus loin : "Roy est probablement le meilleur adversaire que j’ai connu." Le meilleur adversaire, peut-être, mais aussi l’un des plus fragiles physiquement.

Roy, comme Oden, a vu sa carrière se briser en mille morceaux en même temps que ses genoux. C’est même encore pire pour le pivot qui n’a jamais vraiment pu montrer ce qu’il valait en NBA (105 matches en tout et pour tout !). Des destins gâchés par des blessures et des départs prématurés à la retraite. Avec pour chacun des tentatives infructueuses de retour. Greg Oden est l’une des plus grosses déceptions de l’histoire. Brandon Roy une légende qui n’a jamais pu aller au bout de son potentiel. Et l’histoire de ces Blazers maudits restent l’un des "Et si ?" les plus intrigants de ces deux dernières décennies. En commençant par "Et s’ils avaient drafté Kevin Durant à la place de Greg Oden en 2007 ?"

Greg Oden

Crédits Eurosport

Le Thunder de KD, Harden et Westbrook : pour quelques millions de dollars de plus

Si les Blazers – qui avaient déjà pioché Sam Bowie plutôt que Michael Jordan – ont eu le malheur de ne pas prendre Kevin Durant en 2007, les Seattle Supersoniques, eux, ne se sont pas privés. Sauf que la franchise déménageait pour Oklahoma City un an plus tard. Une toute nouvelle aventure, avec un autre choix de draft haut placé. Russell Westbrook, quatrième de la draft en 2008. Puis James Harden, pioché en troisième position en 2009. Le Thunder devait se construire lentement. Personne n’avait encore réellement conscience du monstre qui somnolait dans l’Oklahoma. Le réveil soudain a terrifié le reste de la NBA.

Kevin Durant(notes) #35 and Russell Westbrook(notes) #0 of the Oklahoma City Thunder

Crédits Eurosport

Avec son trio de jeunes stars, le Thunder est passé de 21 à… 50 victoires entre la saison 2008-2009 et la saison 2009-2010. Une progression spectaculaire, ponctuée par une défaite au premier tour des playoffs contre les Lakers, futurs champions mais accrochés par la relève d’OKC (2-4). Ça ne fait aucun doute sur le moment : l’heure de Durant et de ses camarades approche à grands pas.

En effet, un an plus tard, en 2011, les troupes de Scott Brooks se hissent cette fois-ci jusqu’en finale de Conférence. Et ils s’inclinent contre les Mavericks, là encore sacrés dans la foulée. Ce n’était qu’une étape. Plus qu’une question de temps avant que la balance penche du bon côté. Le Thunder remet ça en 2012. Et il n’y a plus personne pour arrêter cette équipe à l’Ouest. Pas même les Spurs. Le trio roule vers les finales NBA !

Kevin Durant(notes) #35 of the Oklahoma City Thunder gives a five to teammate James Harden(notes) #13

Crédits Eurosport

Au moment de jouer cette toute première finale, Kevin Durant n’avait que 23 ans. Russell Westbrook aussi. James Harden 22. Et pourtant, ils étaient déjà là, à défier le Heat de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh. Le manque d’expérience n’a pas pardonné. Miami s’est imposé en cinq manches. C’est là où tout a déraillé. D’abord dans la tête des dirigeants. Le propriétaire Clay Bennett n’est pas vraiment enclin à payer la Luxury Tax, promise aux franchises qui dépensent trop Le Thunder doit faire un choix entre Harden, son sixième homme de luxe, et Serge Ibaka. Le barbu est envoyé aux Rockets afin de faire des économies. Et c’est à Houston qu’il deviendra le MVP que tout le monde connaît aujourd’hui.

L’ironie, c’est que le cap a augmenté quelques années plus tard. Au final, les finances auraient été très peu impactées par le contrat d’Harden. Le Thunder aurait pu conserver tous ses joueurs. Dont trois MVP. Ils étaient en mesure de gagner non pas un, mais bien plusieurs titres ensemble. Ça aurait dû être l’équipe de la décennie… mais le destin en a voulu autrement.

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