Quel niveau de jeu pour ces playoffs inédits ?

Nous y voilà ! Après des mois d’interruption et des longs moments de doute, la NBA est en passe de réussir son pari en montant avec succès la fin de sa saison à Disney World. Place donc aux playoffs, après quelques matches d’échauffement puis de classement dans la bulle d’Orlando. Des playoffs complètement inhabituels, contexte oblige. Pas d’avantage du terrain, pas de public… mais jusqu’à présent, le niveau de jeu est loin d’être mauvais.
NBA
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07/04/2021 À 05:34
Au contraire. Nous avons assisté à plusieurs performances exceptionnelles à Disney – demandez donc à Damian Lillard – et le niveau de jeu global est plutôt bon. C’est à se demander si les équipes ont vraiment arrêté de s’entraîner pendant le confinement (et selon de nombreuses sources US, plusieurs ont continué dans des lieux privés). Mike D’Antoni explique lui la qualité des rencontres par le fait que les joueurs se concentrent uniquement sur le basket dans la bulle.
Ajoutez-y moins de fatigue en l’absence de déplacements et on peut théoriquement espérer des playoffs très engagés. Même avec des spectateurs virtuels et des bruits de chaussures qui grincent.

Quelle équipe a le plus à perdre dans la bulle ?

Instinctivement, il faut regarder du côté des plus grands favoris. Ceux pour qui la saison se résume au leitmotiv suivant : le titre ou rien. Pas de victoire morale. Trois équipes attaquent les playoffs avec cet état d’esprit. Les Clippers, les Lakers et les Bucks. Les armadas les plus profondes et les plus talentueuses de la NBA.
Les deux équipes de Los Angeles veulent évidemment gagner le plus de titres possible mais elles ne sont peut-être pas autant dans l’urgence que celle de Milwaukee. Pour la franchise du Wisconsin, cette saison 2020 est cruciale. Parce que le contrat de Giannis Antetokounmpo expire en 2021 et qu’il est susceptible de signer une extension d’un montant record à la fin de l’été. En attendant, la moitié de la ligue (notamment Golden State, Miami ou Toronto) attend déjà, le stylo entre les dents, prête à le faire sortir du Wisconsin. Les Bucks doivent prouver à leur MVP qu’ils sont VRAIMENT en mesure de décrocher une bague. Même si le Grec jure fidélité à l’organisation qui lui a fait confiance, il répète aussi qu’il tient à gagner dans cette ligue. Des échecs répétés près du but peuvent finir par lui donner des envies d’ailleurs…
La pression est également sur les Lakers où LeBron James continue de prendre de l’âge. Sa longévité au plus haut niveau est exceptionnelle mais le King n’est pas éternel pour autant.

LeBron James

Crédit: Getty Images

Quelle équipe peut créer la surprise à Disney ?

Houston. L’outsider par excellence. Terriblement doué sur le papier mais trop imparfait pour réellement basculer dans la catégorie des favoris. James Harden et ses coéquipiers ne seront sans doute pas champions. Mais bien du courage à ceux qui devront les sortir à l’Ouest (probablement les Lakers). Voilà une équipe qui peut poser bien, bien, bien des problèmes avec son schéma atypique et jusqu’au-boutiste.
Les Rockets évoluent… sans pivot. Pour de vrai. Cinq extérieurs alignés simultanément et les ailiers P.J. Tucker et Robert Covington qui s’acharnent pour surnager dans la raquette. Bien des soirs, les joueurs de Mike D’Antoni prendront l’eau aux rebonds. Mais ils compensent avec leur vitesse et leur adresse. Une formation usante. Stressante. La série qui sent le piège à plein nez. Mais à la condition évidemment que Houston survive à Oklahoma City alors que Russell Westbrook (quadriceps) s’apprête à manquer au moins les premiers matches. Si ce n’est plus.
Autre franchise, bien trop souvent oubliée : les champions en titre ! Les Raptors ne sont même pas perçus comme des vrais candidats à leur propre succession alors qu’ils ont tous les atouts d’une grande équipe. Sauf un joueur dans le top-cinq du gratin NBA. Mais c’est bien coaché, ça joue collectif, ça défend bien, les rotations sont élargies… ça peut encore aller très loin.

Joel Embiid peut-il sauver les Sixers du fiasco ?

Philadelphie va retrouver sa bête noire, Boston. Un rival historique des années 80, qui a déjà sorti la franchise de Pennsylvanie deux années de suite. En demi-finales à chaque fois. Les Sixers pourraient d’ailleurs être cités parmi ceux qui ont le plus à perdre. L’équipe ne franchit pas de cap d’une saison sur l’autre, malgré l’expérience engrangée par ses jeunes superstars et malgré des effectifs surchargés. Là, ils débarquent diminués en l’absence de Ben Simmons (genou).
Tous les regards sont donc tournés vers Joel Embiid. Le pivot sera au cœur de tout le système de son équipe, comme il le réclame chaque année. Sans Al Horford, sa kryptonite, anciennement aux Celtics et désormais son coéquipier. Très doué mais pas toujours appliqué, le pivot camerounais doit dominer. Rouler sur les intérieurs du Massachussetts pour donner une chance aux Sixers d’éviter une sortie de route très décevante. Les attentes sont injustement élevées. Mais s’il veut prouver qu’il est un grand, c’est maintenant.

Joel Embiid

Crédit: Getty Images

Quels joueurs vont se révéler pendant les playoffs ?

Bien des noms nous viennent en tête, de Michael Porter Jr – le meilleur rookie de la bulle – qui peut faire quelques cartons avec les Nuggets à Shai Gilgeous-Alexander. Mais on a hâte de retrouver les jeunes pousses du Miami Heat dans des matches aussi importants. Les Bam Adebayo, Duncan Robinson (quel combo prénom/nom…) et surtout Tyler Herro. Ils sont les facteurs X des Floridiens depuis le début de la saison. Avec même un Adebayo devenu All-Star. En l’absence d’une deuxième star à Miami, ce sont à eux d’élever leur niveau de jeu pour aider Jimmy Butler dans les moments les plus chauds. Herro, par exemple, a l’air d’adorer ça.

Quels joueurs vont affoler les compteurs ?

Sans doute toujours les mêmes. Damian Lillard, James Harden, Giannis Antetokounmpo. Le triangle des Bermudes. Pour le premier nommé, MVP des matches de classement, on peut même parier sur une belle petite pointe à 50 unités lors d’au moins l’un des matches disputés contre les Lakers au premier tour. Le Game 2 par exemple. Surtout qu’Avery Bradley n’est pas là pour se coller dans ses pattes. Qui va défendre sur lui ? Rajon Rondo ? Alex Caruso ? Bonne chance.
James Harden à 40 points, de moyenne ce n’est pas forcément bon signe pour Houston – souvent la preuve qu’il est esseulé – mais ça s’annonce inévitable en l’absence de Westbrook. Quant à Antetokounmpo, il ne marquera sans doute pas autant de points, mais un bon 30-16-8 fera l’affaire.

Luka Doncic peut-il se surpasser pour créer l’exploit ?

21 ans seulement et déjà terriblement fort. Luka Doncic s’est affirmé parmi les meilleurs joueurs de la NBA dès sa deuxième saison dans la ligue. Presque un triple-double de moyenne (29-9-9). Des performances folles, des paniers hallucinants… le talent, le charisme et la classe. Mais jusqu’où peut-il mener Dallas pour ses premiers playoffs ?

Luka Doncic porte un t-shirt de lutte contre l'injustice sociale lors du match opposant Dallas aux Los Angeles Clippers, le 25 février 2019

Crédit: Getty Images

Les Mavericks se coltinent les terribles Clippers dès le premier tour. Ce qui est sûr, c’est que le Slovène devra se montrer encore plus efficace que d’habitude – c’est dire – pour que son équipe puisse créer l’exploit. Sauf que les Angelenos ont des arguments à présenter face à lui. Kawhi Leonard et Paul George, deux superstars mais surtout deux excellents défenseurs. Longs, costauds, vifs. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi (surtout) Patrick Beverley. L’un des chiens de garde les plus féroces de la ligue. Tous les trois vont se relayer pour constamment mettre la pression sur Doncic. En changeant sur tous les écrans pour lui empêcher tout accès du cercle. Jusqu’épuisement. La série s’annonce spectaculaire.

Quelles seront les séries les plus serrées ?

Nombreux seront tentés de répondre Lakers - Blazers, l’affrontement 1-8 qui réunit un paquet de stars sur le parquet. Et si Portland peut poser des vrais problèmes à l’escouade de LeBron James, il y a peut-être des duels bien plus disputés. Comme le Jazz - Nuggets par exemple. Une opposition entre le pivot le plus offensif de la NBA, Nikola Jokic, et le plus défensif, Rudy Gobert. Le Heat - Pacers promet aussi quelques matches bien équilibrés.

Nos pronostics

Bucks – Magic : 4-0
Raptors – Nets : 4-1
Celtics – Sixers : 4-2
Heat – Pacers : 4-2
Lakers – Blazers : 4-2
Clippers – Mavericks : 4-1
Nuggets – Jazz : 4-3
Thunder – Rockets : 2-4
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