Gary Payton qui remonte la balle. Plante un tir lointain sur un adversaire et lui braille à la figure. Shawn Kemp qui écrase un dunk de mammouth. Ou, quelques années plus tard, Ray Allen, plein de classe, enfilant les perles derrière la ligne à trois-points, bien épaulé par son compère Rashard Lewis. Et même Kevin Durant, à peine débarqué chez les pros, tout frêle mais déjà terriblement prolifique. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs de basket, les Sonics ont toujours pesé en NBA. Une place forte de la Conférence Ouest. Des joueurs cultes. Une histoire riche. Des tuniques vertes emblématiques. Et tout ça, ça me manque. Seattle est au basket nord-américain ce que le coulis de fruits rouges est à la panna cotta ou une pincée de sel à un fruit de la passion. Une subtilité. Essentielle.
Voilà maintenant douze ans que les SuperSonics n’existent plus. Déménagés en 2008 par le nouveau propriétaire Clay Bennett. Originaire d’Oklahoma City, il avait pourtant promis de garder la franchise à Seattle. Je me souviens aussi de Russell Westbrook, casquette des Sonics vissée sur le crâne, le soir de sa draft la même année. Dès juillet, le départ pour Oklahoma City était officialisé. Avec, dans la foulée, la création du Thunder. Une page de l’Histoire qui se tourne. La fin d’une époque. La fin du premier club sportif professionnel créée dans la « Rainy City ». Une formation sacrée en 1979 – son seul titre – à peine plus de dix ans après ses débuts dans le championnat. Une franchise qui a fait rêver des milliers et des milliers de passionnés, y compris moi. L’une des équipes les plus populaires des années 90.

Seattle, pour l'amour du basket

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Le Storm est toujours sur place, en WNBA. Avec même des joueuses emblématiques comme Sur Bird ou Breanna Steward qui ont mené la franchise au sommet de la ligue féminine en 2018. Mais malgré ça, la cité a encore soif de basket. Et de basket NBA. Chaque événement en rapport avec la balle orange attire la foule. En masse. Comme les Summer Leagues organisées par Jamal Crawford, né à Seattle, qui font salles combles. La NBA a eu un aperçu de l’engouement énorme autour du basket lors d’un match de pré-saison délocalisé dans la ville Emeraude en 2018. Avec des Warriors, champions en titre, opposés aux Kings. L’occasion pour Kevin Durant de se remémorer ses premiers pas, devant le même public, toujours aussi chaleureux.

Ray Allen

Crédit: Imago

"Tout le monde dans le milieu du basket sait qu’on a besoin d’un retour des Sonics à Seattle. J’ai hâte de rejouer ici. J’espère qu’on leur donnera une franchise. L’ambiance, franchement, est indescriptible. Je n’ai pas de mots pour évoquer l’énergie de la salle. C’est incroyable", confiait KD lors de son retour. Seattle est vraiment un endroit spécial. Avec une atmosphère particulière. Un charme qui se dégage. Malgré la pluie. De quoi marquer chaque joueur passé dans la ville. Quand on lui demande s’il se voit investir dans une franchise un jour, la réponse de Dwyane Wade est cash : "Je veux une équipe à Seattle. Je veux que les Sonics reviennent. Je pense que Seattle est une super ville de basket."
Même son de cloche chez Kevin Garnett : "J’ai un rêve, c’est celui de ramener les Sonics en NBA. Il y a de l’amour pour le basket dans cette zone. Je pense que nous en avons besoin. Je pense que c’est essentiel. Les Sonics étaient très importants pour notre ligue."

Les Sonics sont prêts à revoir le jour

Kevin Durant

Crédit: Getty Images

Un public électrique et fidèle, une histoire riche, le douzième plus gros marché des Etats-Unis, une culture du sport, de nombreux joueurs pros originaires de l’état du Washington et même une nouvelle salle… Seattle a tous les ingrédients d’une franchise NBA. Sauf une franchise NBA, justement. Et ça, c’est vraiment dommage. Alors, oui, il y a eu des tentatives de retour des Sonics. En 2013, les Kings sont passés tout près de disparaître et de déménager plus au Nord du pays, direction Seattle. Un groupe d’investisseurs était sur le point de racheter l’équipe de Sacramento avant que cette dernière soit finalement sauvée par Vivek Ranadive (le propriétaire actuel des Kings) et le maire de ville Kevin Johnson, ancienne star NBA.
Plusieurs milliardaires restent à l’affût pour redonner vie aux Sonics. Il y a eu des rumeurs autour des rachats des Bucks ou des Hawks. Rien de concret. Mais la construction d’une nouvelle salle, en pleine centre-ville de Seattle, qui s’accompagne avec la création d’une franchise en NHL (Hockey) laisse la porte ouverte à un retour de la NBA. Tout ça fait rêver. J’ai envie d’imaginer Zion Williamson avec un maillot des Sonics. Ou Ja Morant. Mais ça signifierait le déménagement d’autres équipes déjà installées, comme New Orleans ou Memphis (deux franchises qui ont un temps été pressenties pour être revendues). Ce n’est pas optimal.
La meilleure solution reste une expansion de la ligue. Elle serait "inévitable" pour le commissionnaire Adam Silver. Avec dans l’idéal, deux franchises de plus. Une à l’Est (Louisville ? Montréal ? Pittsburgh ?) et une à l’Ouest, les Sonics. Ça maintiendrait un équilibre. Et même une certaine logique je trouve. 32 équipes, 16 par Conférence. 8 qualifiées pour les playoffs de chaque côté du pays. 8 éliminées. C’est aussi plus facile si jamais la NBA tient vraiment à organiser son tournoi de mi-saison avec des matches à élimination directe.
Mais une expansion "n’est pas au programme pour le moment", ajoutait Silver. Surtout qu’avec l’épidémie de coronavirus, les franchises vont perdre de l’argent et elles n’auront certainement pas envie de partager un gâteau déjà plus petit avec deux équipes de plus. Il faudra donc être patient. Mais comme de nombreux fans, je garde l’espoir de revoir un jour les Sonics briller sur les parquets NBA. Seattle le mérite amplement.
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