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Le Tatum nouveau est arrivé, à Boston d'en profiter

Le Tatum nouveau est arrivé, à Boston d'en profiter

Le 03/03/2020 à 08:33Mis à jour Le 03/03/2020 à 16:38

NBA – Bouillant depuis plusieurs mois, en pleine confiance et de plus en plus à son aise sur les terrains, Jayson Tatum a tous les atouts pour s’inscrire un jour dans la lignée des Larry Bird, John Havlicek, Paul Pierce et autres légendes des mythiques Celtics.

"Tire tout le temps. Fais la passe seulement si tu n’as pas d’autres solutions. Sinon, tu tires dès que tu peux." Voilà le message fort retenu par Jayson Tatum après avoir passé l’été à travailler son jeu avec Kobe Bryant en 2018. Le jeune homme sortait tout juste d’une première saison très prometteuse en NBA, bouclée par une défaite épique en sept manches contre les Cavaliers de LeBron James en finales de Conférence. Une série jouée quasiment les yeux dans les yeux avec le King alors qu’il était encore un rookie. Alors le "Black Mamba" l’a pris sous son aile et lui a donné le conseil qui l’a lui-même mené au sommet : crois en toi avant de croire en tes coéquipiers. Un mantra un peu trop pris au pied de la lettre par l’ailier de 20 ans. Revenu à Boston où sa progression était attendue, il n’était finalement qu’un soliste de plus dans un effectif chargé de talents mais meurtri par ses egos et qui a fini par exploser en plein vol au second tour des playoffs.

Allez oust, déguerpis les Kyrie Irving, Al Horford et autres Terry Rozier. Pour Tatum, retour à la case départ après un faux décollage. Il avait légèrement augmenté ses statistiques individuelles (de 13,9 à 15,7 points) mais en perdant en efficacité. Il s’était lui-même compliqué la vie en s’enfermant dans des tirs compliqués, ceux que Kobe, son idole, a mis tout au long de sa carrière. Moins d’attaques du cercle, moins de missiles à trois points et plus de prises de positions délicates à mi-distance, entouré de défenseurs. Ça ne pouvait pas marcher. Pas aussi tôt dans son développement. Mais ce n’était que partie remise.

Jayson Tatum

Jayson TatumGetty Images

Un an plus tard, le natif de Saint-Louis est un joueur nouveau. Un joueur "spécial" pour reprendre les termes de James qui insiste sur le fait que la star montante des Celtics est un "véritable problème" pour le reste de la ligue. Un hommage rendu par le quadruple MVP après les 41 points du bonhomme lors d’une courte victoire des Lakers contre leurs grands rivaux le 23 février dernier. Les déboires de l’exercice précédent ont été oubliés. Peut-être était-il attendu trop haut, trop tôt. Après tout, c’est traditionnellement lors de leur troisième saison que les jeunes talents passent un cap. Une fois qu’ils sont mûrs physiquement, mentalement et tactiquement. C’est exactement ce qui se passe actuellement avec le troisième choix de la draft 2017.

Feu vert et carte blanche pour le jeune scoreur

Il commence à maîtriser son art. Il n’a pas peur, jamais, et il est déjà décisif pour les Celtics. Surtout, il donne le sentiment que le jeu s’est ralenti tout autour de lui. Il est maintenant en pleine possession de ses mouvements quand il agresse ses défenseurs balle en main. "Il est en confiance et ça se sent sur le terrain", note l’ancien All-Star Tracy McGrady, désormais consultant sur ESPN. Tatum a franchi un palier. Il est lui-même devenu un All-Star pour la première fois et il s’affirme même comme le meilleur élément de son équipe depuis. Car il n’en finit plus d’évoluer et d’épater à chaque match ! La reconnaissance de ses pairs et de ses coaches lui a donné des ailes. Depuis le 11 janvier, il culmine à 28,6 points par match, 50% de réussite aux tirs, 46% à trois-points et 7,5 rebonds. Soit une petite vingtaine de rencontres dignes d’un MVP. "Nous sommes témoins de son explosion", remarque Carmelo Anthony, ex-gloire qui a pu assister de très près aux 36 points du gamin lors d’un duel entre Boston et Portland la semaine dernière. "J’adore le regarder jouer."

"Melo" n’est pas le seul. Les amateurs d’attaquants racés, purs scoreurs, sont en admiration devant la facilité dégagée par le joueur de 2,03 mètres. Sans le nommer successeur de Bryant, il y a une ressemblance. Une envie de dominer l’autre, une détermination dans le regard et le sang froid d’un assassin sur les parquets, celui qui dégaine au moindre espace. Une version athlétique de Paul Pierce pour établir une comparaison avec une légende de la franchise du Massachusetts. Il est d’ailleurs devenu le cinquième joueur de cette organisation mythique à finir un mois avec plus de 30 unités au compteur (30,7 en février), rejoignant ainsi Pierce mais aussi John Havlicek, Larry Bird et Isaiah Thomas dans les annales. Mais quitte à l’enfermer dans un rôle de gâchette solitaire, les coaches ont effectué un travail de fond pendant l’intersaison afin qu’il soit de plus en plus efficace : un retour aux bases modernes. Trois points, drives et fautes provoquées. Avec sa petite touche Kobe-esque en prime maintenant qu’il a compris comment prendre le dessus sur ses vis-à-vis soir après soir.

Avec Tatum, le rêve d'un futur brillant pour les Celtics

Il est devenu l’option numéro un de son équipe. Dans son sillage, les Celtics ont gagné 11 de leurs 14 dernières sorties. Parfois sans Kemba Walker. Jayson Tatum en a profité pour lui prendre – sans doute pour de bon – le costume du patron. C’est à lui que ses coéquipiers passent la balle dans les moments chauds, lors des affrontements les plus serrés. Et c’est tant mieux pour Boston ! Il est déjà un basketteur plus fort que Walker tout en ayant bien plus de potentiel. Il peut les mener plus haut. C’est même toute la franchise qui peut se remettre à rêver. Parce qu’avec un potentiel futur top-5 mondial, les verts et blancs sont en bonne position pour décrocher leur dix-huitième bannière à l’avenir. Ce ne sera peut-être pas pour cette saison, surtout avec la domination des Bucks de Giannis Antetokounmpo. Mais l’espoir est permis. Boston sera un challenger sérieux avant de devenir, éventuellement, un favori si Tatum poursuit son ascension vers les sommets.

Jayston Tatum (à gauche) et Jaylen Brown (à droite) des Boston Celtics

Jayston Tatum (à gauche) et Jaylen Brown (à droite) des Boston CelticsGetty Images

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