Lakers ou Heat, les Finales ne sacreront pas un champion comme les autres. Il y aura toujours un astérisque à côté du nom du lauréat 2020 pour expliquer ce contexte si particulier qu'il aura dû affronter pour aller décrocher ce trophée Larry O'Brien à la saveur unique. Mais si certains estiment que le futur champion n'aura pas le même respect que ses prédécesseurs, c'est peut-être tout l'inverse. Il pourra se targuer d'avoir été au bout d'une aventure exceptionnelle. Et restant uni dans cette bulle de Disney World, pour l'heure hermétique à la pandémie du Covid-19.
Certes, les cartes ont été redistribuées. Pour passer outre la crise sanitaire qui frappe durement les Etats-Unis, faisant plus de 204 000 morts, elles ont été rebattues en quelques mois. Sans le soutien des fans, sans l'avantage du terrain en playoffs, ce n'est pas la course au titre que l'on a l’habitude d'apprécier dans la meilleure Ligue sur la planète du ballon orange. Il manque évidemment quelque chose. L'engouement des fans. La fièvre que cela engendre. Mais si on passe outre cette frustration, l'astérisque qui sera ajouté peut donner un sentiment de fierté à ceux qui enfileront une bague à leur doigt au début de la prochaine saison.

The National Anthem in Game Six of the Eastern Conference Finals during the 2020 NBA Playoffs at AdventHealth Arena a

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L'impression d'être seul au monde
Entre l'arrêt de la saison, la reprise dans cette bulle mais aussi le mouvement Black Lives Matter, jamais un groupe en NBA n'aura eu à affronter de telles conditions pour aller chercher le Graal. Près de quatre mois passés ensemble dans le luxueux complexe ESPN Wide World of Sports. Loin du monde. Loin de leurs familles pendant de longues semaines. "C'est vraiment particulier", nous raconte Jaylen Hoard, qui a connu cette vie à part avec Portland. "Tu as l'impression d'être dans un monde artificiel. Tu n'es entouré que de basketteurs ou de personnel des équipes et de la NBA. Au début, c'était vraiment bizarre. Tu avais l'impression d'être seul au monde." Et mine de rien, ce n'est pas évident à gérer.
Après deux mois à Orlando, Michael Malone avait d'ailleurs avoué sa frustration. "C'est dément. Ma famille me manque. Je parle pour moi et au nom des entraîneurs, dont tous ceux qui sont ici. Soixante jours sans pouvoir faire venir ma famille ici, c'est limite criminel", avait lâché l'entraîneur des Denver Nuggets. "Honte à toi, NBA", avait-il ajouté. Depuis le deuxième tour des playoffs, l'anomalie a certes été corrigée. Et les joueurs puis le staff ont pu faire venir certains membres de leur famille. Mais ça donne du relief à cette expérience. "Je suis tellement content de revoir ma mère. Vous ne pouvez pas comprendre", a d'ailleurs avoué lundi Bam Adebayo, le pivot du Heat dont la mère va rejoindre Orlando pour les Finales.

NBA Restart at Disney World

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C'est fatigant pour le moral
Cette bulle, où les joueurs sont testés quotidiennement, reste un environnement qu'il faut réussir à appréhender. "Quand on est dans la bulle, ce n'est pas facile, nous raconte encore Jaylen Hoard. Bien sûr, on joue au basket, on gagne bien notre vie, on a tout à notre disposition. Mais on doit vivre dans un monde artificiel, avec le port du masque obligatoire partout et avec plein de règles à respecter. Il y a beaucoup de contraintes. C'est fatigant pour le moral. Et même sur le physique. Car quand tu n'es pas bien mentalement, le physique ne suit pas. L'équipe qui arrivera à mieux gérer l'environnement et qui réussira à ce que cela ne l'impacte pas sur le terrain va aller au bout".
Etant donné le contexte, on peut d'ailleurs presque se demander si ce titre n'est pas finalement "l'un des plus durs à gagner", comme l'avait décrit Austin Rivers (Houston) avant la reprise. En tout cas, pendant que les Clippers se sont délités aux yeux du monde, ce n'est peut-être pas un hasard de retrouver les Lakers et le Heat en finale. Pour se motiver au quotidien sans les fans, éviter surtout de "perdre le moral dans la bulle et réussir à s'apaiser mentalement" comme le confie Jaylen Hoard, ce titre ne pouvait s'offrir qu'à des organisations sans faille.

Deux groupes uniques : "Cette équipe du Heat est construite pour la bulle"

Or là, on parle de deux collectifs, avec des leaders à part tant en termes de style et d'implication - LeBron James d'un côté, Jimmy Butler de l'autre -. Ces deux groupes ont su rester soudés dans ce contexte atypique et focalisés sur leur mission. Si les Lakers possèdent des talents uniques et une motivation hors norme depuis le décès tragique de Kobe Bryant, Miami ne vient ainsi pas de nulle part, même si la franchise floridienne peut devenir le champion le plus inattendu depuis bien longtemps.
"Cette équipe du Heat est construite pour la bulle. Vous parlez d'éthique de travail, d'intransigeance : il n'y a pas d'équipe plus dure mentalement dans cette bulle", a ainsi résumé Udonis Haslem, le vétéran du Heat dans The Athletic. Alors oui, il y aura un astérisque qui sera accolé à cette ligne au palmarès. Mais quel que soit le futur champion, il sera unique. Et c'est aussi une opportunité pour LeBron James, Anthony Davis ou Jimmy Butler et ses jeunes loups de marquer l'Histoire de la Ligue.
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