LeBron James s’efforce toujours de garder un temps d’avance sur ses adversaires. Et autant en coulisses que sur un terrain de basket. En débarquant à Los Angeles, en 2018, le King jurait de faire preuve de patience, conscient qu’il rejoignait une franchise certes mythique mais en reconstruction depuis plusieurs saisons. Avec tout un tas de jeunes joueurs – des Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart, Kyle Kuzma – autour de lui. Un nouveau challenge. Mais probablement pas celui qu’il cherchait dans la dernière ligne droite de sa carrière. Le titre reste le seul et unique objectif pour le natif d’Akron, en chasse "derrière le fantôme de Chicago", à savoir Michael Jordan, d’après ses propres mots suite au sacre des Cavaliers en 2016.

Anthony Davis - LeBron James, le ticket gagnant en NBA

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Il savait qu’il aurait besoin d’aide. D’au moins un autre joueur de son standing à ses côtés. Il avait même déjà désigné l’heureux élu, avant même que l’intéressé soit mis au courant. James savait que son futur s’écrirait avec Anthony Davis. Et le même été, quand LBJ signait aux Lakers, AD s’engageait avec Rich Paul, l’agent et ami du quadruple MVP. Certainement pas une coïncidence. Six mois après, Davis réclamait son départ de New Orleans et faisait le forcing pour rejoindre Los Angeles. Ball, Ingram, Hart… hormis Kuzma, tous les jeunes potentiels ont été sacrifiés – ainsi que plusieurs choix de draft – pour permettre aux mauves et ors de récupérer l’intérieur All-Star. Première étape franchie, James tenait là son colistier.

LeBron James et Anthony Davis lors du Match 2 des finales NBA opposant les Los Angeles Lakers au Miami Heat, le 2 octobre 2020

Crédit: Getty Images

"Après mes sept premières années à Cleveland, j’ai eu le sentiment que j’avais besoin d’aide. C’est ainsi que j’ai pu aller à Miami, où Dwyane Wade et Chris Bosh m’ont poussé. Avoir AD avec nous signifiait beaucoup pour moi. On lui a fait savoir à quel point il est fort, on lui a donné une opportunité de jouer un meilleur basket et de faire partie de quelque chose de spécial. Et le fait qu’il me fasse confiance est encore plus important à mes yeux", confie le vétéran.

Un plan bien rodé, des heures de travail dans l’ombre et la grande récompense depuis dimanche soir : les Lakers sont champions. Pari réussi. Pour LeBron James. Pour Anthony Davis. Les voilà déjà au sommet, les patrons de la meilleure équipe de la ligue. Le duo le plus redoutable de ce championnat. Plus fort encore que Kawhi Leonard et Paul George (Clippers). Plus fiable que James Harden et Russell Westbrook (Rockets). Peut-être même le meilleur tandem jamais formé par le King. Une association encore plus efficace que celle avec Dwyane Wade.

"Sans manquer de respect à D-Wade, Anthony Davis est le meilleur coéquipier qu’a connu LeBron. Ils se complètent parfaitement", osait l'ancien pivot des Boston Celtics Kendrick Perkins. Il n’a pas tort. Wade s’est retrouvé contraint de faire évoluer son jeu – en cédant la balle notamment – pour s’adapter à son camarade. Alors que James et Davis sont tellement complémentaires que chacun peut juste rester lui-même et ça fonctionne. Ils étirent le jeu l’un pour l’autre en attirant la défense. L’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur mais les deux capables d’inverser. L’un à la création, l’autre à la finition. Ce duo peut aller loin. Jusqu’où ? Les Lakers seront encore favoris l’an prochain…

Attention à la concurrence en 2021

LeBron en a encore sous la pédale. Son partenaire entre en théorie tout juste, à 27 ans, dans les meilleures années de sa carrière. C’est peut-être le début d’une nouvelle dynastie. Pas sur dix ans, c’est sûr, ni même sur cinq. Mais qui pour stopper cette armada au cours des trois prochaines saisons ? Et bien justement, la concurrence s’annonce encore plus forte dès 2021. Les Clippers peuvent jouer le titre même en conservant leur effectif intact. Cette équipe a les armes. Elle s’est plantée lamentablement – éliminée en demi-finales de Conférence par Denver après avoir mené 3-1 – mais elle reste redoutable sur le papier. Avec plus de vécu, un contexte différent de celui de la bulle, moins de blessures et une remise en question, l’autre équipe de Los Angeles peut décrocher son premier titre.

Draymond Green, Klay Thompson et Stephen Curry lors des finales NBA 2018

Crédit: Getty Images

Les Bucks peuvent toujours compter sur le double-MVP Giannis Antetokounmpo. Contrairement à James, le Grec est dans la pente ascendante de sa carrière (même si, en réalité, la question se pose pour le King tant il affiche un niveau de jeu exceptionnel à 35 ans). En renforçant son groupe – pas une mince affaire – Milwaukee risque de poser des gros problèmes au reste de la ligue. Les Boston Celtics vont continuer de progresser au même rythme que les très prometteurs et déjà très talentueux Jayson Tatum et Jaylen Brown. Le Miami Heat jure aussi de revenir plus fort, avec là aussi les évolutions clés de Bam Adebayo et Tyler Herro.

Mais le vrai danger pour les Lakers pourrait aussi venir des deux derniers joueurs à avoir battu LeBron James en playoffs : Stephen Curry et Kevin Durant. Pour l’instant, ils ne font pas de bruit. Ils se font oublier. Mais les Warriors (de Curry) vont revenir forts avec Klay Thompson, Draymond Green, Andrew Wiggins, le deuxième choix de la draft – ou quiconque ils récupéreront en l’échange du pick. Les Nets (de Durant) partiront en conquête avec l’énigmatique Kyrie Irving et un nouveau coach inexpérimenté, Steve Nash. Mais ça reste intrigant. C’est presque à se demander si cette année si particulière ne représentait pas la meilleure occasion pour gagner le titre pour James et ses compères.

Davis pour prendre le relais ensuite, mais avec qui ?

Il n’empêche que les Lakers débuteront la prochaine saison (en janvier ? Février ?) avec plus de certitudes que n’importe laquelle des équipes citées. Logique, ce sont eux, les champions. Les hommes à abattre. Surtout que leur nouveau statut devrait leur permettre d’attirer des bons joueurs susceptibles de renforcer encore un peu plus l’escouade hollywoodienne. Des Danilo Gallinari, des Joe Harris, etc. Les autres prétendants vont aussi devoir recruter. Recruter en fonction des talents présents à Los Angeles. Une équipe qui veut jouer le titre se doit d’avoir un défenseur capable de freiner Anthony Davis (et LeBron !). Et ça ne court pas les rues. Adebayo était censé pouvoir s’y coller, ça n’a pas marché même si les blessures l’ont handicapé. Giannis en est capable. Derrière, c’est plus compliqué. Mais en NBA, tout va très vite. Le futur est incertain, encore plus dans le contexte épidémique actuel. Le possible départ durant la Free Agency d'Antetokounmpo peut d'ailleurs brouiller les cartes en 2021.

Anthony Davis

Crédit: Getty Images

La dynastie potentielle des Lakers est justement en grande partie entre les mains de Davis. James semble en mesure de se maintenir à un très haut niveau mais il va tout de même fêter ses 36 ans en décembre prochain. Avec déjà 17 saisons au compteur. Les cinq mois de break avant les playoffs lui ont certainement fait du bien, peut-être plus qu’à des joueurs plus jeunes. Qu’on le veuille ou non, il n’est pas éternel. Il est loin d’être cuit, bien sûr. Mais pendant encore combien de temps pourra-t-il vraiment faire autant de différences ? Aujourd’hui, Davis et James sont à la même hauteur. Il se pourrait que l’aîné laisse progressivement la place à son « petit frère » qui prendrait alors le statut du boss. Pour pérenniser leur succès, les Lakers devront sans doute trouver une autre superstar à associer à AD une fois LeBron parti à la retraite.

Mais il y a encore le temps, même si, n’oublions pas, il faut toujours garder un coup d’avance. D’ici là, on suppose que le King se donnera à fond pour continuer à alimenter son palmarès. Imaginez-le dans trois ans, après un triplé des Lakers, sept bagues aux doigts, superstar d’une nouvelle dynastie californienne. C’est sûr que ce serait un sacré héritage…

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