NBA : Los Angeles Lakers et Los Angeles Clippers, la bataille de LA, acte II

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NBA – Les Clippers et les Lakers se retrouvent ce soir pour le coup d’envoi de la nouvelle saison. Un nouveau duel entre les deux cadors de la ligue, deux grands favoris qui pourraient se livrer une belle bataille pour la suprématie de la NBA lors des prochains playoffs.

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La NBA sait faire vibrer la corde sensible de ses plus fervents passionnés. Et elle s’est trouvée son produit phare depuis deux ans : le duel pimpant, engagé et fratricide entre les deux franchises de Los Angeles. Les Lakers et les Clippers. Déjà l’an dernier, la saison débutait avec cette confrontation étoilée. Mais à l’heure où le COVID-19 et les baisses d’audience menacent les profits gigantesques des acteurs du championnat, la ligue est allée encore plus loin en opposant les deux voisins hollywoodiens dès la présaison. Puis ce soir, à nouveau en guide d’entrée en matière de ce nouvel exercice. Parce on ne change pas deux équipes qui vendent (et gagnent).
Alors, pour l’instant, le choc se dispute un peu partout sauf sur le terrain. Parce que les finales à l’Ouest tant annoncées n’ont pas eu lieu en 2020. La faute aux Clippers, sortis dès le deuxième tour des playoffs dans la bulle Disney, battus par des Nuggets héroïques alors qu’ils maîtrisaient leur sujet et menaient trois manches à une. Ce n’est que partie remise.
Parce que cette affiche fait toujours rêver. Trois des cinq meilleurs joueurs du monde prendront place sur le parquet cette nuit. LeBron James et Anthony Davis d’un côté, Kawhi Leonard de l’autre. Sans oublier Paul George sous la tunique des Clippers. Deux équipes de l’un des deux plus grands marchés des Etats-Unis, deux armadas et deux tandems surpuissants mis l’un contre l’autre. La narration parfaite. Avec, cette année, encore plus de stars des deux côtés. Parce que les nouveaux "rivaux" (il faut le dire vite…) se sont tous les deux renforcés pendant l’intersaison. Avec donc toujours la même question qui en découle, sorte de fil rouge des mois à venir : mais quelle est donc la meilleure équipe de Los Angeles ?

Les Lakers, de plus en plus riches

La richesse engendre la richesse. Et ce ne sont pas les mauves et ors qui diront le contraire après un recrutement de luxe cet hiver. Le banc des Californiens manquait de puissance offensive. Alors Rob Pelinka, le GM, s’est démené pour faire venir Dennis Schröder et Montrezl Harrell. Les deux meilleurs sixièmes hommes de la NBA la saison dernière. Rien que ça. L’Allemand sera en réalité titulaire, ce qu’il a exigé au moment de son transfert. Ces deux recrues ont un but précis : reposer James, et même Davis, après une saison très longue et un break très court. Seulement soixante dix-sept jours entre le sacre des Angelenos et la reprise. Du jamais vu. Avec certes dix matches de moins au programme (72) mais des mois intenses qui s’annoncent. Un rythme effréné, même pour LBJ, qui va fêter ses 36 ans le 30 décembre prochain.
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"Il a besoin de repos à son âge", confie un scout NBA. "Je pense que Schröder va pouvoir le décharger de responsabilités." Le meneur arrivé en provenance du Thunder sera la première option offensive certains soirs. Tout comme Harrell. "Il va les aider pendant la saison régulière. Il va permettre à James et AD de se reposer", note un dirigeant resté anonyme et interrogé par le site The Athletic. Surtout, les Lakers l’ont déniché aux Clippers, où il était très productif. Une première petite victoire, même symbolique. Mais ces deux recrues soulèvent aussi certaines questions. Notamment l’intérieur. "Je ne vois pas comment ça peut coller avec leur équipe", poursuit le GM.
Harrell a par exemple montré de vraies limites en playoffs, où ses lacunes défensives sont exposées. En perdant Dwight Howard et Rajon Rondo, ou encore Avery Bradley et Danny Green (remplacé par Wesley Matthews), les Lakers semblent un peu plus frileux en défense. Alors que c’était justement leur principal point fort lors de la dernière campagne. Les titres se gagnent encore en défense, même à notre époque. Mais pour éviter de prendre l’eau, l’organisation s’est donc tournée vers Marc Gasol.
Une superbe pioche en théorie. "Il devrait vraiment pouvoir les aider en playoffs parce qu’il va pouvoir offrir des espaces à James et Davis. Les défenses vont devoir le respecter. Il peut tirer, passer. Donc je pense que les Lakers sont bien meilleurs sur ce poste", remarque un autre dirigeant. Le géant espagnol traînait la patte aux Raptors dans la bulle. Gasol en a-t-il encore dans le moteur ? Le management parie que oui. La perspective de décrocher une nouvelle bague pourrait notamment motiver le pivot à se donner à fond une saison de plus, histoire de rejoindre son grand frère Pau parmi les grands joueurs titrés à Los Angeles.
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Marc Gasol (Los Ángeles Lakers)

Crédit: Getty Images

"Je dirais que les Lakers sont différents. Je ne sais pas s’ils sont vraiment meilleurs que l’an dernier mais ils ne sont pas moins bons non plus… ce que je veux dire par là, c’est que les Lakers étaient vraiment forts en défense l’an dernier. Ils étaient grands et physiques. Je pense qu’ils sont plus tournés vers l’attaque avec Schröder et Harrell", résume un GM. Différents à la marge, certes, mais l’ADN reste la même avec LeBron James et Anthony Davis. Les Lakers resteront les favoris aussi longtemps que leurs deux mastodontes resteront dominants.

Les Clippers, de plus en plus dangereux

C’est ironique. Il y a un an, une majorité d’observateurs s’accordait à placer les Clippers un cran au-dessus de tout le monde. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Kawhi Leonard et ses partenaires ne seraient-ils pas un brin sous-estimés ? "Je n’ai pas l’impression que les Clippers soient plus forts que l’an dernier", affirme par exemple un recruteur. Nous ne sommes pas vraiment d’accord. La perception de cette équipe nous paraît faussée. Elle est sans doute un peu trop jugée sur son échec lors des derniers playoffs.
Il est rare que les groupes construits de toutes pièces se hissent immédiatement jusqu’au sommet. Au contraire même ! Souvent, ils se plantent ! Un apprentissage nécessaire. Les Clips seront plus forts déjà tout simplement parce qu’ils ont plus de vécu commun. Donc une meilleure alchimie, ce qui leur a cruellement fait défaut lors de la reprise. Mais même leur intersaison peut leur donner des raisons d’y croire. Avec, tout d’abord, l’arrivée de Serge Ibaka. Le grand ami de Leonard vient combler à la fois les départs de Montrezl Harrell et JaMychal Green. Il est plus adroit de loin, et donc plus à même de créer des espaces pour PG et Kawhi. C’est un meilleur défenseur près du cercle, et donc une arme potentiellement efficace (enfin…) contre Anthony Davis. Green est un stoppeur polyvalent, sa perte est dommage, mais finalement pas dramatique parce que le Congolais peut lui aussi remplir ce rôle. Il va faire du bien aux Angelenos.
Une autre recrue, moins connue mais pourtant très intéressante : Luke Kennard. Les Clippers l’ont débauché le jour de la draft en envoyant Landry Shamet aux Nets dans le cadre d’un transfert à trois avec les Pistons. "L’une des plus belles opérations de la soirée", estime un GM. "Shamet disparaît en playoffs. Kennard est un meilleur joueur." Il est plus jeune déjà. Un sniper (39% à trois-points l’an dernier) qui peut faire beaucoup de bien avec les deux stars. Il défend mieux et, surtout, il est à même de créer du jeu balle en main. Pas au point de s’affirmer comme le principal playmaker de l’équipe. Mais suffisamment pour renforcer l’un des points faibles des Clippers. "Je pense que Kennard peut vraiment être bon. Il peut faire la différence dans cette équipe." Nicolas Batum apporte aussi une touche sur les ailes. Avec l’envie de montrer qu’il peut encore peser dans cette ligue.

Rendez-vous en playoffs ?

Il manque toujours un vrai meneur. Et un vrai leader dans le vestiaire. Sauf que le recrutement n’est peut-être pas tout à fait bouclé. Lou Williams et Patrick Beverley sont deux joueurs susceptibles d’être échangés en cours de saison. En conclusion, les Clippers partent avec moins de certitudes que les Lakers, grands favoris pour faire le doublé. Mais ça, c’est purement sur le papier. Attention à ne pas trop les sous-estimer. Ils ont une revanche à prendre. Surtout que, d’une manière ou d’une autre, l’issue de ce duel dépend du niveau de jeu des différentes superstars. Ça promet une très belle série. En espérant qu’elle ait lieu cette fois-ci.
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