Dans la vie, tout est une question de confiance. Et de contexte. Se sentir capable de réussir, encore et encore tout en étant dans les meilleures dispositions possibles pour y parvenir. Ou inversement. En débarquant au Miami Heat le soir de la Draft 2019 (treizième choix), Tyler Herro s’est retrouvé dans l’environnement idéal pour exprimer son talent. Mais il est aussi un joueur parfait pour cette franchise à la culture très prononcée. Un gamin qui croit fort en lui-même quoi qu’il arrive et qui travaille avec acharnement pour atteindre ses objectifs – très élevés. Un rookie spécial pour une équipe spéciale.

Ça fait des mois que l’ancienne gâchette de Kentucky régale les supporters de South Beach. Mais hier soir, sa performance était encore d’un autre niveau. 37 points, 14 sur 21 aux tirs dont 5 sur 10 à trois-points, pour une victoire extrêmement importante contre les Boston Celtics (112-109). Un succès qui permet à son organisation de mener 3-1 et donc de poser un premier pied en finales NBA. Historique. Historique parce qu’un débutant n’avait jamais marqué autant de points en playoffs avec un maillot du Heat. Pas même le légendaire Dwyane Wade, auteur de 27 pions pour sa première campagne en 2004. Historique parce qu’hormis le mythique Magic Johnson et ses 42 unités lors des finales 80, un joueur de 20 ans n’avait jamais marqué autant de points en playoffs. Ça vous classe un (jeune) homme.

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Un Herro sans peur et sans reproche

"Rien de ce que fait Tyler me surprend", confie pourtant son coéquipier Bam Adebayo. L’illustration de l’impression renvoyée par le rookie auprès de ses camarades et de ses adversaires. Les performances héroïques de Tyler sont attendues. Tout le monde savait qu’il pouvait – et allait – cartonner sur un match clé. Même Brad Stevens, le coach des Celtics, le voyait venir avant le début des finales de Conférence : "Il donne vraiment l'impression de n'avoir peur de rien. C'est un sacré joueur." Parce que la confiance, ça se transmet. Sa foi en lui-même est inébranlable et elle inspire ses partenaires. Même les plus talentueux.

Jimmy Butler, All-Star qui a connu quelques désaccords avec certains jeunes que ce soit aux Bulls ou aux Timberwolves, est totalement conquis. "Nous avons beaucoup en commun pour être honnête. Plus que tout, je respecte la façon dont il bosse et dont il se comporte. Je suis heureux pour lui et je suis fier de lui. Tyler est un vrai joueur. Il va être énorme pour nous et énorme pour cette ville." Un match contre Chicago en décembre dernier symbolise parfaitement le respect de l’aîné envers le débutant. Ce soir-là, Butler avait laissé Herro prendre le contrôle de la partie dans les moments les plus chauds, ceux qu’il se réserve habituellement. Avec 16 des 18 derniers points inscrits par le joker offensif du Heat. "Si votre superstar vous fait confiance à ce moment du match, il n’y a rien de plus à ajouter. Jimmy le cherchait sur le terrain. Il a vu ce que le gamin savait faire dans de telles situations", confiait alors le coach Erik Spoelstra.

Tyler Herro a permis à Miami de venir à bout des Celtics

Crédit: Getty Images

Cette confiance, celle de Tyler Herro mais aussi celle de ses coéquipiers, elle ressort particulièrement quand les matches sont serrés. Quand Miami est en difficulté. Quand certains sont tétanisés par l’enjeu, lui est excité par l’adrénaline. Il prend alors une autre dimension. Comme mercredi soir. 17 de ses 37 points inscrits dans le quatrième quart temps. Des paniers décisifs à la pelle. La victoire au bout. "Je vis pour ces grands moments. J’adore ça. Quand ça compte vraiment", déclarait l’intéressé après avoir compilé 14 points, 8 rebonds et 6 passes lors du Game 5 contre les Milwaukee Bucks, celui de la qualification.

Le joker offensif du Miami Heat

Le bonhomme a du talent et du caractère, c’est certain. Mais il ne s’en contente pas. Parce qu’au-delà de cette foi innée, il s’entraîne durement pour devenir un joueur majeur en NBA. Il s’est même fixé quelques modèles comme "Klay Thompson, Ray Allen, C.J. McCollum, Steve Nash et Bradley Beal. Je peux disséquer un aspect nouveau à propos de chaque joueur et essayer d’ajouter ça à ma panoplie." C’est à une autre superstar que nous aimerions le comparer. Toutes proportions gardées évidemment. Il y a en lui un côté Manu Ginobili. Très bon shooteur, bon playmaker (mais à des années lumières du prodige argentin dans ce domaine), fort sur pick-and-roll. Surtout une vista, une confiance. Et aussi ce rôle de scoreur-sauveur en sortie de banc. Alors, il est bien sûr encore loin du niveau du Hall Of Famer des San Antonio Spurs. C’est juste un rapprochement.

Dans tous les cas, qu’il devienne un jour une star ou non dans cette ligue, Miami semble avoir fait une très belle affaire en misant sur lui. Parce qu’à 20 ans, il est l’un des acteurs majeurs de la superbe campagne du Heat, maintenant aux portes des finales. Vraiment spécial.

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