Quel niveau pour cette promotion 2020 ?

Plutôt faible d’après les experts, à savoir les scouts NBA. Faible dans le sens où il n’y par exemple aucun prospect incontournable. Le but de la draft, ça reste de mettre la main sur une superstar de demain. Anthony Davis en 2012. Karl-Anthony Towns en 2015. Luka Doncic (troisième choix…) en 2018. Zion Williamson l’an dernier. Là, ce n’est pas le cas. Les meilleurs joueurs de la cuvée ne deviendront peut-être jamais les prochains visages de la ligue.

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C’est donc à son sommet qu’elle est jugée faible. Surtout en comparaison des classes précédentes et surtout de celles à venir, notamment 2021 et 2022. Et c’est pourquoi – en plus du calendrier chamboulé – il existe autant d’incertitudes sur cette draft. Sur les choix que feront les équipes les mieux placées.

Mais il y a toujours des bonnes affaires à saisir et des joueurs capables d’avoir un impact sur les résultats de leur équipe à piocher.

Est-ce qu’un numéro un se dégage tout de même ?

D’abord même trois ! James Wiseman, Anthony Edwards et LaMelo Ball ont tour à tour été présentés comme le futur premier choix de la draft. Mais c’est le dernier nommé, le petit frère de Lonzo Ball, qui semble avoir repris la course en tête ces derniers jours.

Parce qu’il est avec Wiseman le jeune talent qui possède le potentiel le plus intrigant. Ça ne signifie pas qu’il le développera pour autant et deviendra nécessairement le meilleur joueur du lot. Mais les possibilités sont plus grandes. Et la draft, c’est aussi du rêve. Le fantasme de voir un basketteur se développer en "franchise player."

LaMelo Ball

Crédit: Eurosport

Ball, qui évoluait dans le championnat australien l’an dernier, dispose aussi des atouts pour briller de suite en NBA. Un meneur de grande taille avec une superbe vision du jeu. Excellent sur pick-and-roll et en transition. Même s’il est maladroit aux tirs, il est facile d’imaginer ce qu’il saura à même de produire et d’apporter à son équipe. Alors que c’est parfois plus difficile à deviner pour des joueurs universitaires. Le jeu est très différent en NCAA.

En tout cas, le jeune homme affirme haut et fort qu’il se sent prêt à assumer le statut de premier choix. La pression, il vit avec depuis ses quinze ans. Il y est constamment exposé. Avec un Wiseman qui refuse d’aller à Minneapolis, les Timberwolves pourraient se tourner vers LaMelo Ball.

Quelles équipes veulent absolument remonter dans l’ordre de la draft ?

Chicago, Detroit et Oklahoma City. Et elles ont justement toutes la même cible en tête : LaMelo Ball. Trois franchises en reconstruction qui se cherchent leur prochain pilier. Trois équipes qui aimeraient repartir avec un jeune meneur de talent. La ligue appartient aux playmakers, à ceux capables de créer et de scorer balle en main.

Les Bulls disposent du quatrième choix. Ce sont les mieux placés pour échanger leur pick avec les Wolves, en ajoutant évidemment un atout (Wendell Carter Jr ? Pas sûr que ça suffise). Ils peuvent aussi négocier avec les Warriors qui sélectionnent en deuxième position. Les Pistons veulent désespérément une solution d’avenir au poste un mais ils ne possèdent que le septième choix.

Le Thunder est peut-être plus dangereux. L’équipe d’OKC ne pioche qu’au vingt-cinquième rang en 2020 mais elle peut gratter dans son incroyable trésor de guerre – une dizaine de picks – pour formuler un package et tenter de séduire les Wolves. Une association entre LaMelo Ball et Shai Gilgeous-Alexander serait particulièrement intéressante.

Que vont faire les Warriors avec leur deuxième choix ?

L’autre grande question de cette draft. Golden State se retrouve dans une situation particulière. La franchise se retrouve avec un choix dans le top trois après cinq années de domination (et trois titres). Alors même qu’elle espère bien retrouver les sommets en 2021, avec les retours de blessure de ses superstars Klay Thompson et Stephen Curry.

Les ambitions des Warriors ne collent pas avec le développement d’un jeune talent, ce qui prend du temps et demande de la patience. Ils ont besoin d’un joueur capable de contribuer de suite. Ce qui laissait penser que les Californiens allaient se séparer de leur pick pour essayer de récupérer une star. C’est là où la relative faiblesse de la promotion pose problème.

Le choix des Warriors ne passionnent pas les GM. Ils savent qu’ils ne pourront potentiellement pas mettre la main sur une superstar en puissance. Et puis surtout, les stars disponibles n’en valent pas toutes la chandelle : un Blake Griffin, un LaMarcus Aldridge ou un Kevin Love ne feront peut-être pas basculer la franchise au niveau des Lakers. Ce ne sont pas des "game changer." La question se pose évidemment un peu plus avec James Harden, voire même Bradley Beal, mais là, c’est encore une fois la valeur pick qui ne suffit pas à convaincre leurs franchises de les céder. Puis les Warriors ont un autre plan.

Ils n’ont en réalité même pas intérêt à se séparer de ce deuxième choix. Parce que l’organisation rêve de signer Giannis Antetokounmpo en 2021 et cette manœuvre sera impossible si une nouvelle star (et donc son salaire mirobolant) est envoyée à San Francisco cet hiver. Il faut jouer la carte de la patience. Les Warriors n’ont pas seulement ce deuxième choix, ils ont aussi le pick des Wolves (protégé 1-3) en 2022. En associant le rookie pris cette année puis le prochain choix de Minnesota, ils auront un package très séduisant à proposer à quelconque franchise dont la star mécontente demandera son départ dans un an.

Quels sont les joueurs susceptibles d’être transférés le soir de la draft ?

Un paquet. Surtout, encore une fois, avec le niveau de cette cuvée et les incertitudes qui en découlent. Ça peut donner lieu à de nombreux transferts. Encore plus dans ce cadre sanitaire et financier très particulier avec un Salary Cap revu à la baisse et très peu d’argent disponible pour recruter pendant la Free Agency.

Tous les joueurs dont le contrat expire en 2021 sont des cibles potentielles pour des échanges. Comme DeMar DeRozan et LaMarcus Aldridge des Spurs. Mais aussi Patty Mills, éventuellement Rudy Gay. Andre Drummond des Cavaliers. Gordon Hayward est fortement pressenti pour être transféré s’il active son option pour la saison prochaine (Atlanta serait une piste).

James Harden et Russell Westbrook (Houston Rockets) vainqueurs des Lakers

Crédit: Getty Images

On pense aussi aux Français, Evan Fournier et Nicolas Batum. Pour Fournier, c’est moins probable. Il faudrait pour ça que le Magic soit déterminé à remodeler son équipe alors qu’elle vient de se qualifier pour les playoffs deux saisons de suite. En revanche, Batum est susceptible d’être inclus dans un éventuel échange massif. Notamment si Russell Westbrook venait à atterrir à Charlotte.

Quels seront les Français draftés en 2020 ?

Ils sont cinq Français à être inscrits sur la liste des deux cents cinq joueurs qui se présentent à la draft cette année. Mais seuls deux d’entre eux sont certains (ou presque) d’être sélectionnés. D’abord le grand espoir Killian Hayes, attendu aussi bien dans le top-cinq qu’en fin de loterie (autour de la onzième place). Le spécialiste Kevin O’Connor de The Ringer considère l’ancien joueur de Cholet – qui évoluait à Ulm, en Allemagne, l’an dernier – comme le… meilleur prospect de la promotion !

Mais les franchises ne l’analysent pas forcément du même œil. Il y a toujours une forme de défiance envers les joueurs européens quand il s’agit de les sélectionner dans les deux ou trois premières positions. Même si les mentalités changent avec les cartons de Giannis Antetokounmpo et Luka Doncic. Hayes sera probablement un (gros) lot de consolation pour les franchises qui voulaient un playmaker mais ont manqué LaMelo Ball. Detroit, avec son septième choix, est à surveiller.

Theo Maledon | ASVEL

Crédit: Eurosport

Theo Maledon est l’autre joueur tricolore attendu au premier tour. Ses blessures et le COVID-19 ont fait baisser la cote du meneur de l’ASVEL mais il devrait être choisi autour de la vingtième place. Peut-être même un peu plus haut.

Killian Tillie (qui sort d’une grosse saison NCAA) et Abdoulaye Ndoye (Monaco) sont également inscrits. Le cinquième larron, Mouhamed Thiam, ailier de 18 ans de la JSF Nanterre, a lui très peu de chances d’être drafté.

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