Triangle, tyrannie et avènement : 1991, l'an I de la dynastie MJ

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NBA - A l'occasion de la sortie du documentaire "The Last Dance", consacré à la dernière saison de Michael Jordan sous le maillot des Bulls en 1997-98, nous vous entraînons dans la triomphale saga de la franchise de l'Illinois sous le règne de "His Airness". Pour ce troisième épisode, focus sur la mise en orbite - douloureuse - de la fusée Chicago.

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Crédit: Eurosport

On a rarement lu autre chose que de la détermination sur le visage de Michael Jordan. De son entrée dans le grand monde, en 1984, à son départ définitif, près de deux décennies plus tard, MJ n'a jamais laissé transpirer grand-chose d'autre sur les parquets. Un moment au moins, fugace, échappe à cette règle. Nous sommes le 27 mai 1991, au Palace d'Auburn Hills. Jordan vient de passer 37 minutes sur les lattes, il a collé 29 points aux Pistons et, assis à côté de Pippen and co., savoure le triomphe qui se dessine inéluctablement.
112-94. Ballon à Chicago. Une petite dizaine de secondes à jouer et, d'un seul coup, Bill Laimbeer et compagnie se lèvent de leur banc, passent devant celui des Bulls et désertent le parquet alors que la représentation n'est pas encore terminée. La table de marque immortalise l'instant en stoppant le chronomètre à 7"9 de la fin. La vraie. Les Pistons, doubles champions en titre, ont décidé de faire honneur à leur (mauvaise) réputation en quittant la scène avant le baisser de rideau. Le tout, sous un tonnerre d'applaudissements. Pas question de transmettre quelque témoin que ce soit. Ce n'est pas dans le genre de la maison. Et surtout pas aux Bulls. Surtout pas à Jordan.
Une fois n'est pas coutume, Michael Jordan semble avoir un coup de retard sur l'histoire quand il suit des yeux la procession des Bad Boys. Le regard noir a laissé place à de l'incompréhension. Le temps de se remettre les idées en place et de saisir la finalité de la pathétique mise en scène des vaincus et MJ redevient ce qu'il ne cessera plus jamais d'être sous la tunique des Chicago Bulls : un carnassier. Le rictus de satisfaction qu'il réprime avec grand peine quand il toise Thomas, passé devant lui la tête basse, en est la preuve ultime.

"Ils sont devenus nous"

Jordan n'aura jamais de pitié pour les Pistons. Trois ans à manger les pains et les coups bas de Detroit. Trois ans à mordre la poussière, à chaque fois face à ce basket qu'il honnit au plus profond de lui-même. Trois ans à se remettre en cause, à s'épaissir physiquement et mentalement. Et, enfin, Chicago est venu à bout de Detroit. Et pas qu'un peu. Cette finale de conférence Est - qui s'était étirée au bout des sept matches au printemps précédent - a été bouclée en huit jours et quatre victoires. Un sweep.
Michael Jordan y est, enfin. A 28 ans et après sept saisons passées en NBA, MJ s'apprête à disputer ses premières Finales NBA. Les Bulls aussi, soit dit en passant. Bien plus tard, Joe Dumars analysera ainsi la prise de pouvoir de Chicago : "Ils sont devenus nous". Venant d'un Piston, l'hommage est immense.
Michael Jordan a morflé. Mais il n'aurait modifié le scénario pour rien au monde. MJ voulait que ça se passe comme ça. Surtout le dernier chapitre précédant le duel final. "Quand nous avons battu Philadelphie (en demi-finale de Conférence), tout le monde disait 'pourvu que Boston gagne'. Je disais 'pas question', expliquait-il dans les colonnes de Playboy dans l'une des interviews fleuves que publiait le magazine à l'époque. Si on doit y arriver, il faut que ce soit par la route la plus difficile, sinon on trouvera toujours à redire". A redire sur Pippen et ses migraines. A redire sur la qualité véritable des Bulls. A redire sur lui, surtout. Formidable machine offensive doublée d'un loser incapable de mener un collectif au Graal.
1990/1991 fut le début de la fin pour ceux qui pensaient de plus en plus fort que Michael Jordan n'y arriverait jamais. Parce qu'après ça, MJ est parvenu à tout. Et il a fallu qu'il fasse place nette, deux fois, pour que les autres aient un os à ronger et des lauriers à ramasser.

Portland en favori, Chicago en embuscade

Quand s'ouvre la saison 1990/1991, Michael Jordan et les Bulls font tout de même partie des favoris au titre. Après tout, si Scottie Pippen n'avait pas eu cette fichue migraine lors du match 7 face à Detroit la saison précédente, peut-être que…
Quoi qu'il en soit, dans la presse US, beaucoup pensent d'ailleurs (et à raison), que cette saison est la bonne pour Chicago et qu'un duel entre Bulls et Pistons tournerait à l'avantage des Chicagoans. En ce qui concerne le titre, en revanche, Portland a une longueur d'avance sur les hommes de Phil Jackson. Parce que les Blazers se sont renforcés durant l'été avec l'arrivée de Danny Ainge et que la franchise de l'Oregon a toutes les cartes en main pour mettre l'Ouest à ses pieds, Lakers compris. L'équipe de LA a attiré Sam Perkins dans ses filets pour se rattraper d'une saison qui l'a vu être devancée à l'Ouest en saison régulière. Ce qui ne lui était plus arrivé depuis… 1981.
Le début de saison va donner raison aux pronostics puisque les Blazers démarrent sur les chapeaux de roue. Vingt matches. Dix-neuf victoires, dont une au début du mois de décembre au Chicago Stadium face aux Bulls (109-101). Ce soir-là, Clyde Drexler score 25 points et est parfaitement accompagné par quatre de ses partenaires en "double figure". Quid des Bulls ? Toujours la même chose, ou presque. Michael Jordan a brillé (35 points), Scottie Pippen s'est mis dans sa roue (20 unités) et Bill Cartwright a tenté de suivre le mouvement (12 points). Derrière ? Pas grand-chose. Du classique à Chicago ? Oui. Et non.
Lentement mais sûrement, les choses sont en train d'évoluer dans les rangs des Bulls. En tout cas, Phil Jackson s'y attelle. Le coach, nommé au début de la saison passée, est un personnage qui détone. Ancien basketteur, sacré deux fois avec les Knicks au début des années 70, Jackson est un type à part, dont l'envergure dépasse de très loin les parquets et la NBA. Et, on s'en rendra très vite compte, il est le catalyseur idoine de ces Bulls.
A l'inverse de Doug Collins, son prédécesseur à la tête de la franchise de l'Illinois, Phil Jackson est un homme d'humeur égale et au tempérament calme. Le "Zen Master", surnom qui le définira bientôt, est ancien hippie au goût prononcé pour le yoga, la méditation et toutes sortes de lectures inspirantes qu'il tentera tant bien que mal de transmettre à ses joueurs tout au long de son exceptionnelle carrière. Jackson, c'est aussi et surtout une main de fer dans un gant de velours. Et lui, autant que les autres, sait que le succès des Bulls passe par Jordan. Mais que Jordan ne suffit pas. Il faut donc que MJ se mette - un peu - au service des autres.

Limiter MJ sans diminuer son influence

L'ambition de Jackson, simple mais ô combien paradoxale sur le papier, pourrait se résumer ainsi : il lui faut limiter la prédominance de Michael Jordan, à la marque surtout, sans diminuer son influence. Parce si MJ est capable de tout bien faire, il n’a toujours pas réussi à gagner. Seul, c'est impossible. Et l'histoire de la décennie écoulée rappelle combien les collectifs comptent à l'heure de la conquête ultime. Detroit en est la preuve ultime. Les Lakers de Magic, Jabbar et Worthy et les Celtics de Bird - Parish - McHale ne montrent pas un autre chemin à suivre.
Problème pour Jackson et pour les Bulls, le numéro 23 de Chicago n'est pas Magic. Il n'est pas Bird non plus. Et son ego ainsi que sa rage de vaincre sont un frein à son évolution, qui sera progressive.
Phil Jackson est persuadé d'une chose : le salut de Jordan et de ses partenaires passent par Tex Winter et la "triple-post offense", un système de jeu que l'adjoint de Jackson a développé et théorisé au début des années 1960 à Kansas State. Plus connu aujourd'hui sous l'appellation "attaque en triangle", le schéma développé par Winter est bâti pour libérer les coéquipiers de Jordan. Lui, au fond, n'en a pas besoin.
Déjà quatre fois meilleur marqueur de la NBA, avec une pointe à 37,1 points de moyenne en 1988, l'arrière des Bulls est un extraterrestre qui peut réussir ce qu'il veut quand il veut. S'il décide de coller 50 points à quiconque, qu'il en soit ainsi, il le fera. Mais ses coéquipiers ne possèdent pas ses exceptionnelles aptitudes. L'attaque en triangle peut permettre à tout le monde de s'y retrouver… à condition que Jordan fasse des concessions. Doug Collins n'a jamais voulu tenter le coup. Phil Jackson s'est dit que le jeu en valait la chandelle. L'histoire lui donnera raison.
Michael Jordan n'a pas tellement envie de s'abaisser au niveau de ses coéquipiers. Lui aimerait que ceux-ci se hissent au sien, lui le pur-sang qui donne parfois l'impression d'être entouré de chevaux de trait. Mais Jackson va s'accrocher. Et mettre Jordan devant ses responsabilités.
"Non, Michael n’en a pas besoin, reconnait Phil Jackson au cœur du mois de décembre 1990. Ça le limite, aucun doute à ce propos. Mais on a laissé Michael tenter de gagner seul et on n’y est pas parvenus. Maintenant, voyons ce que l’on peut faire avec les autres quand ils sont impliqués. Laissons notre système offensif les aider à créer leurs shoots".

La "de-Michaelization" des Bulls

Mauvaise langue, Jordan parle avec une ironie certaine de "de-Michaelization" des Bulls. Jusqu'à un certain degré, il n'a pas complètement tort. Le plus dur est de lui faire comprendre que c'est pour son bien. Si Phil Jackson rappelle que Kareem Abdul-Jabbar est le dernier joueur à avoir réussi le doublé champion NBA - meilleur marqueur de la saison régulière (en 1971), cela ne condamne en rien les chances de MJ de glaner une nouvelle couronne au scoring. Ce qu'il fera d'ailleurs avec une moyenne plus que raisonnable de 31,5 points par match.
Si Jordan peine à adopter l'attaque en triangle, la plupart de ses partenaires tardent à l'assimiler et sont parfois aussi critiques que MJ quant à son utilisation. Mais bien moins audibles que Sa Majesté qui fait part de ses états d'âme à son coach, autant qu'à la presse.
"Les soirs où on gagne, évidemment, c’est bien. Je veux seulement gagner, assure-t-il. Je pense que cela peut marcher mais ça prend du temps à perfectionner et on fait encore beaucoup d’erreurs. C’est encore plus difficile pour la seconde unité qui a peu de temps pour la mettre en place. Théoriquement, cette attaque ne peut pas être stoppée si vous avez les bonnes personnes à la bonne place. Mais ce n’est pas toujours le cas".
Durant des années et toujours en ce début de saison qui va voir les Bulls perdre leurs trois premiers matches de saison régulière, Jordan estime qu'il n'est pas forcément bien assisté. Scottie Pippen et Horace Grant progressent mais pas assez vite aux yeux du numéro 23 qui n'a de cesse de le répéter à Jerry Krause. Une fois le premier titre dans la poche, MJ aura l'honnêteté de reconnaitre qu'il s'est fourré le doigt dans l'œil.

La migraine, Scottie…

Le début de saison est laborieux, Chicago pointe à 12 victoires et 8 défaites quand approche le quart de la saison régulière. Arrivera bientôt un lourd revers à Detroit (105-84) avec un Pippen limité à 4 unités et 2/16 au tir. Contre-performance qui n'échappera pas à Jordan, ce dernier demandant cruellement à son lieutenant et devant témoins, évidemment, s'il avait, une fois encore, été terrassé par une migraine…
Jordan ne laisse rien passer à ses coéquipiers. Sam Smith, journaliste du Chicago Tribune autorisé à partager le quotidien et l'intimité des Bulls durant cette saison, retranscrira parfaitement dans son livre "The Jordan Rules" l'ambiance parfois délétère qui règne dans le vestiaire des Bulls. Il y relate combien Jordan y fait régner une ambiance de terreur auprès de coéquipiers qui n'ont d'autre choix que de se taire.
De Stacey King, dans sa deuxième année professionnelle, il dit qu'il est "un grand et gros garçon. Un rebond en trois matches. Ailier fort… On devrait plutôt parler d'ailier faible."
Will Perdue est rebaptisé Will Vanderbilt. Pourquoi Vanderbilt, parce que Perdue sonne comme Purdue, grande université de basket, et que Will mérite à peine le patronyme de Vanderbilt, bien moins réputée. Avec Perdue, Jordan ira même jusqu'à la violence physique, après un écran un peu trop appuyé du grand échalas à l'entrainement. Deux coups de poings plus tard, MJ l'interroge : "Pourquoi tu ne fais pas les mêmes en match ?"
Horace Grant ? C'est un "idiot." "Tu pourris tous les systèmes que l'on met en place. Tu es trop stupide pour les apprendre. On devrait se débarrasser de toi", lui assène-t-il un jour.
Ambiance.

"Il y a des jalousies que les autres joueurs doivent surmonter"

Phil Jackson regarde tout cela avec une distance certaine. Et, tel un funambule, avance sur le fil, Jordan dans une main, le reste des Bulls dans l'autre. L'équilibre est précaire mais Jackson tient bon. Il sait qu'il ne peut brider complètement son chef de file, jusqu'à lui aménager des respirations en dehors du terrain et couvrir, entre autres, une ou deux escapades sur les greens.
"Il est traité différemment, c’est vrai, reconnaitra l'entraîneur des Bulls à l'issue de la saison. Mais il y a aussi une différence dans sa production. Et ça, il faut le peser. Il y a des jalousies que les autres joueurs doivent surmonter.Si tel est le cas, nous aurons une grande équipe".
La grande équipe est en train de naître. Malgré sa rechute à Auburn Hills, Scottie Pippen grandit également. Et si son shoot n'est pas encore très fiable ou si ses prises de décisions sont parfois aléatoires, l'ailier prend l'envergure espérée. 17,8 points, 7,3 rebonds et 6,2 passes, l'ancien de Central Arkansas progresse partout. Horace Grant, lui, prend de plus en plus de place dans la peinture (12,8 points et 8,4 rebonds) malgré les doutes de Jordan.
A mi-saison et après avoir donné un coup de collier hivernal, les Bulls virent à 29-12. Arrive, juste avant le All Star Break, une petite escapade à Detroit. Le tournant de la saison, selon Jordan. "Ce soir-là, on les bat à Detroit. On ne l'avait pas fait depuis quelque chose comme dix matches et cela nous a donné confiance. On avait besoin de savoir qu'on était capable de les battre sur leur terrain." Chicago s'impose 95-93 avec un BJ Armstrong décisif en fin de match (12 points). Jordan a compris que les Bulls pouvaient aller au bout.

La meilleure saison régulière de l'histoire des Bulls

La deuxième partie de la saison est celle de l'émancipation. Chicago maîtrise de mieux en mieux le triangle et Jackson offre, en contrepartie, plus de liberté à ses ouailles. MJ en tête. Pour faire simple, on essaye le triangle et, si ça coince, on donne la balle à qui vous savez. Une isolation et on laisse parler la magie. A l'arrivée, Chicago signe la meilleure saison régulière de son histoire : 61-21.
Avant le scalp et le sweep de Detroit en guise de plat de résistance, il y aura un autre coup de balai, celui des Knicks au premier tour (3-0) et la mise au pas de Philadelphie en cinq matches (4-1). Les Bulls du désormais double MVP Michael Jordan avancent à 200 à l'heure. Et, alors qu'ils imaginaient débuter les Finales NBA dans l'Oregon face aux TrailBlazers, ils devront finalement se coltiner les Lakers, avec l'avantage du terrain.
Jordan vs Magic. L'affiche ne pouvait être plus belle pour la première finale de MJ. La transition entre l'équipe des 80's et celle qui incarnera les 90's. Difficile de faire plus majestueux et symbolique.
Le match 1, serré au possible, est conclu par un tir à trois points du grand Sam Perkins. Jordan, dans la foulée, aura la victoire au bout des doigts. Raté. Les Lakers prennent les devants et récupèrent l'avantage du terrain. Mais les Bulls ont fait le poids, "une victoire morale" pour Jordan et une sacrée dose de confiance pour la franchise de l'Illinois. Trois jours plus tard, Chicago remet les pendules à l'heure. Pippen étouffe Magic et Jordan (33 points) s'occupe du reste. Ce match, c'est celui du changement de mains aérien de MJ devant Perkins. Geste iconique. 1-1. Direction LA. Pour trois rencontres.
Dans l'histoire des shoots les plus célèbres de la carrière de Michael Jordan, il y a évidemment "The Shot on Ehlo" ou son point final face à Bryon Russell en 1998. Mais une autre réalisation jordanesque, oubliée pour une raison mystérieuse, mériterait de trôner haut dans la hiérarchie de ses exploits. Parce que sans lui, il n'y aurait peut-être pas eu la suite. Ce shoot, Michael Jordan l'a réussi à la toute fin du quatrième quart temps du match 3 des Finales 1991.
A ce moment précis, Chicago a déjà remonté un déficit de treize unités. Mais compte encore un retard de deux points. A peine dix secondes à jouer, pas de triangle qui vaille, le ballon est dans les mains de Jordan. His Airness remonte le terrain et, à l'angle de la raquette, détend ses longs compas. Byron Scott n'est qu'une ombre. Vlade Divac, a beau se faire aussi grand qu'il le peut, il ne parvient pas à contrer le shoot de l'arrière chicagoan. A 3''4 de la fin, les Bulls accrochent la prolongation. Touché à l'orteil, Michael Jordan (29 points, 9 rebonds, 9 passes) termine le travail dans les cinq minutes supplémentaires. Les Bulls virent en tête. Rien ne les arrêtera. Le match 4 ressemble à une formalité. Les Lakers sont à genoux et, privés de Worthy et de Scott lors du cinquième rendez-vous, vont définitivement ouvrir la porte du paradis aux Bulls.

Le symbole Paxson

Symboliquement, ce n'est pas Jordan qui va sceller le succès de Chicago. Si Scottie Pippen est immense lors de cette dernière rencontre (32 points, 13 rebonds, 7 passes et 5 interceptions), c'est un autre qui va terminer le travail : John Paxson. Paxson, meneur aux qualités athlétiques limitées. Paxson, le sans grade qui a besoin des autres pour exister. Paxson, qui va scorer dix points dans les six dernières minutes. Et, notamment, ce shoot à 103-101 sur une passe décisive de Jordan. Jordan, élu MVP des Finales avec 31,2 points de moyenne et, surtout, 11,4 passes par match.
Le roi s'est mis au service de sa cour. Pour son bien et le bien de celle-ci. Il ne le regrettera pas quand, en larmes, il recevra la couronne qu'il convoitait depuis toujours.
"Personne ne pourra jamais me retirer ça. J'ai lutté pendant sept ans pour en arriver là. On ne peut plus dire que c'est l'équipe d'un seul homme, soulignera-t-il, ému, dans la foulée de son premier sacre. Les joueurs qui m'entourent ont fait (des Bulls) une équipe efficace. Ils ont su relever le défi, on ne peut plus nous stigmatiser. Je ne sais pas si je ressentirai ce même sentiment encore". Le monde est à ses pieds. La dynastie des Bulls ne fait que débuter.
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