Des excuses et une promesse. Après la terrible défaite des Lakers contre les Nuggets (96-133), la plus lourde de la saison et le deuxième revers le plus sévère de la longue et riche carrière de LeBron James, le King s’est senti obligé de s’adresser aux supporters via les réseaux sociaux : "Je m’excuse auprès de la Lakers Nation et je vous promets que nous allons faire mieux." Faire pire paraît de toute façon particulièrement difficile. Quelques heures avant le message de James, une autre légende de la franchise, Magic Johnson, soulignait le manque d’efforts de son équipe favorite tout en rappelant que les fans méritaient plus que ça. Certes. Mais s’il y en a bien un qui mérite mieux, c’est d’abord LeBron.
Il est toujours l’un des meilleurs basketteurs de la planète après avoir fêté ses 37 bougies en décembre dernier. Le temps passe et sa retraite approche mais le numéro 6 de Los Angeles est toujours aussi performant. Il fait absolument tout son possible pour éviter à son équipe de sombrer. Il score comme très peu de joueurs l’ont fait à son âge : il est même le deuxième meilleur marqueur NBA avec 28,8 points de moyenne, juste derrière les 29,3 d’un Kevin Durant actuellement blessé.
Le natif d’Akron a inscrit 30 points ou plus lors de 12 des 15 derniers matches. Impressionnant. Avec même une série de 7 sorties consécutives au-dessus des 30 unités. Mais il ne se contente même pas de ça. Il assure la création en attaque dans le même temps, tout en jouant pivot pour les besoins d’une formation qui se cherche encore une identité. En fait, c’est simple, LeBron James serait candidat au MVP si les Lakers étaient mieux classés.
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Des stats de MVP, une équipe du ventre mou

Sauf que voilà, les Angelenos sont loin de jouer les premiers rôles. Ils accrochent à peine le Top 8 à l’Ouest ! Ils sont à la lutte avec les Timberwolves et les Clippers qui évoluent pourtant sans Kawhi Leonard et Paul George. Le titre décroché en 2020, dans la bulle, paraît tellement loin. L’ADN de l’équipe n’est plus la même, avec énormément de changements dont très peu ont payé. Les Lakers ne sont même pas à 50% de victoires (22-23) après leur défaite contre les Pacers mercredi soir. Une rencontre à domicile contre une formation mal-classée, elle aussi privée de plusieurs cadres, et au cours de laquelle les joueurs de Frank Vogel ont compté 15 points d’avance avant de craquer. Encore une fois.
Même quand ils gagnent, ils sont dans le dur. Cette équipe est terriblement irrégulière. Elle est capable de perdre 5 matches de suite avant d’enchaîner 3 victoires. Mais elle ne se lance jamais réellement dans sa saison. Aucune série de succès n’apporte une forme de sérénité. La situation semble constamment tendue. Et sur le terrain, c’est exactement le même constat : il suffit de cligner des yeux pour voir un écart de 10 points gaspillé et des Lakers qui se mettent à courir derrière le score en paniquant et sans trouver de solution. L’absence d’Anthony Davis - touché au genou - est évidemment un gros coup dur mais elle n’explique pas tout. L.A. a connu des moments difficiles avant même qu’il se blesse. D’ailleurs, le bilan est négatif avec AD : 13 victoires, 14 défaites.

LeBron James

Crédit: Getty Images

Les Lakers ont tout simplement trop de lacunes pour légitimement pouvoir se mêler dans la course au titre. Ils ne défendent pas. Encore plus sur les ailes. La moitié des joueurs de l’effectif n'a pas, ou très peu, d’impact. Russell Westbrook ne trouve pas sa place. Bien sûr que développer une alchimie prend du temps. Mais ils n’ont plus le temps ! La moitié de la saison est déjà passée et ils sont trop loin du compte. Trop loin des Suns, des Bucks, des Warriors, des Nets… et de plusieurs franchises.
Et LeBron James se démène comme il peut au centre de ce marasme. Ça le frustre, bien évidemment. Selon ses dires, il n’a pas osé prendre la parole après la rouste contre les Nuggets, de peur d’aller trop loin dans ses propos. Frank Vogel a bien failli se faire virer ce soir-là. Il est assis sur un siège éjectable et pourrait être licencié après la défaite contre les Pacers. "Je me tape sur le crâne parce qu’il fait tellement d’efforts pour nous faire gagner et on perd. Je déteste le fait que l’on gâche ses performances", avouait David Fizdale en décembre à propos du King. Un mois après, la réalité est restée la même.

Et si c'était aussi de la faute de LeBron James ?

Mais si James est au milieu de ce gâchis, il en est aussi... en partie à l’origine. Le statut de joueur le plus puissant du monde lui octroie bien des privilèges. Tout passe par lui, ou presque, quand il rejoint une franchise. Le considérer comme un joueur-dirigeant, une boutade qui revient fréquemment sur la toile, est exagéré, bien sûr. Mais il a son mot à dire dans chaque décision importante.
Comme celle de faire venir Russell Westbrook. Une décision qui plombe complètement son équipe aujourd’hui. LeBron a milité pour l’arrivée de l’ancien MVP alors que les Lakers avaient un échange en place pour récupérer Buddy Hield, un joueur qui colle nettement mieux à ses côtés. Ils ont écouté leur superstar, se grillant du même coup dans la course pour Kyle Lowry. Encore un joueur qui colle nettement mieux à ses côtés.

LeBron James

Crédit: Getty Images

Comment penser qu’il n’a pas eu aussi un impact sur la prolongation de Talen Horton-Tucker ? Ce dernier est représenté par Klutch Sports, la même agence que le triple champion NBA. James accorde une place particulière à ses camarades. Les clients font tous partie de "la famille." THT est un bon joueur, ce n’est pas le problème. Par contre, pour le conserver, les Lakers ont laissé filer Alex Caruso, un défenseur d’élite qui explique en partie le renouveau à Chicago. Encore une décision douteuse de la part du management. De toute façon, le recrutement des Lakers est particulièrement mauvais. Rob Pelinka, le GM, peut renvoyer Vogel. Mais ce n’est pas le coach qui a offert des contrats à Dwight Howard ou Trevor Ariza.
Les Lakers pourront relever la barre mais le contrat de Westbrook - qui percevra encore 47 millions la saison prochaine - va les bloquer pendant encore un an, sauf miracle. Sauf que le temps est l’ennemi de LeBron James. Il est encore incroyable sur le plan athlétique mais il n’est certainement pas éternel. Pour l’instant, sa fin de carrière semble se résumer à courir derrière Kareem Abdul-Jabbar au classement des meilleurs marqueurs de tous les temps.
Il va probablement passer en tête d’ici sa retraite et c’est absolument gigantesque comme performance. Mais c’est tellement dommage qu’il ne puisse pas en profiter autrement. Lui-même le répète sans cesse : "Je joue uniquement pour gagner." Et après une telle carrière, c’est vrai que ce serait bien plus enivrant de le voir lutter encore une fois pour une bague. Il le mérite.
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