"MVP, MVP, MVP." Le public du Barclays Center de Brooklyn est aux premières loges pour assister aux performances éblouissantes de Kevin Durant chaque soir de match. Mais en ce mercredi 16 novembre, les supporters new-yorkais ont choisi un autre héros. "MVP, MVP, MVP." Les chants qui descendent des tribunes ne mettent pas à l’honneur un joueur des Nets. Ils sont destinés à Stephen Curry, auteur de 37 points tout en portant les Warriors vers une large victoire (117-99) lors de ce choc au sommet entre deux des meilleures équipes de la ligue.
Les deux anciens coéquipiers sont devenus rivaux et ils font déjà figure de grands favoris pour le trophée de MVP. Il y avait match dans le match. Curry l’a emporté assez nettement. En enchaînant les actions de classe et les paniers ahurissants – 9 tirs à trois-points – tandis que KD sortait son pire match de la saison en passant pour la première fois sous la barre des 20 points (19). Mais de là à imaginer la foule adverse l’acclamer de la sorte… "Ça faisait bizarre", confiait même l’intéressé après la partie. "Mais j’apprécie le soutien."

Stephen Curry et Kevin Durant

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Le retour de la Curry mania !

Il n’y a pas qu’à Brooklyn que le meneur de Golden State est ovationné. Il est craint aux quatre coins du pays. Mais aussi respecté et adulé. Déjà parce que c’est un basketteur exceptionnel. "Il maîtrise complètement ce qu’il fait", reconnaît Durant. "Un joueur intelligent qui peut tout faire, qui travaille dur et qui évolue tous les soirs à un niveau digne d’un Hall Of Famer." Mais des grands, dans cette ligue, il y en a d’autres. KD. LeBron James. Giannis Antetokounmpo. Luka Doncic, etc... Ils ne sont pas forcément autant aimer que la coqueluche des Warriors. Parce qu’en même temps, quel plaisir de le regarder se déplacer avec grâce sur un terrain.
Quel plaisir ! Il présente le paradoxe d’être prévisible et imprévisible à la fois. Prévisible parce que l’on sait qu’il va non seulement prendre mais aussi mettre des tirs absolument dingues. Imprévisible parce que l’on ne sait jamais vraiment quand ni d’où il va le faire. Sa simple présence sur un parquet peut justifier une nuit très courte pour les passionnés (et les journalistes !) européens. C’est un vrai spectacle enivrant à chaque fois. Une expérience unique.
Surtout que cette saison, on retrouve le grand Stephen Curry. Ou plutôt les grands Warriors après deux exercices très délicats – dont un catastrophique entre 2019 et 2020. Portés par leur superstar, les Californiens occupent à nouveau les sommets de la NBA. Et ça nous replongerait presque entre 2014 et 2016, quand la franchise marchait sur le championnat sous l’impulsion du chef.
Ses cartons, son style si particulier et le succès de son équipe ont amené à une révolution du jeu. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il est devenu le nouveau visage de la ligue, en décrochant deux titres de MVP et en détrônant LeBron James – pourtant intouchable – pour s’affirmer comme le joueur le plus populaire de la planète. Une véritable "Curry-mania". Il est ce joueur à taille humaine (enfin, presque, 1,91 m…) qui donne l’impression que n’importe qui peut y arriver. Alors qu’en réalité, il est extrêmement difficile à imiter.

Un joueur unique dans l'histoire... alors profitons-en

Sauf que personne ne fait jamais l’unanimité. Et le revers de la médaille, quand un athlète est aimé de tous, c’est que certains se mettent à le détester juste par esprit de contradiction. Encore plus quand Durant est venu se joindre à lui juste après l’incroyable campagne des Warriors en 2016. Ils ont formé une armada quasiment invincible qui a fini par lasser tout le monde. Mais une fois cette "super team" démantelée, les Dubs sont retombés dans l’anonymat.
Leur retour au sommet avec une version moins ultime et plus authentique de leur équipe redonne envie de les apprécier. Sans doute même encore plus qu’avant. Parce que ça nous avait manqué. Stephen Curry a fêté ses 33 ans. Les fans se rendent compte qu’il n’est pas éternel. Et c’est donc maintenant qu’il faut profiter de sa présence, de ses one-man-shows, de ses bombes lointaines et de tout ce qui entoure son personnage euphorique sur les parquets.
Surtout qu’un joueur comme lui, c’est tout simplement du jamais vu dans l’histoire. Il est absolument unique. Le meilleur shooteur de tous les temps qui repousse constamment ses propres limites d’une façon tellement particulière. On pourrait croire que c’est normal de voir un joueur enquiller aussi facilement des tirs à 9 ou 10 mètres en première intention aussi souvent.

Stephen Curry

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Celui qui banalise l'incroyable

On pourrait croire que c’est normal de marquer fréquemment 9 paniers à trois-points ou plus lors d’un match NBA, le plus souvent en sortie de dribble ou avec deux défenseurs sur le dos. On pourrait même croire que c’est normal qu’un attaquant soit tellement dangereux que ses adversaires n’osent pas le lâcher d’une semelle, même quand il est à 13 mètres du cercle, ou défendent constamment à deux ou trois sur lui, quitte à laisser tous ses coéquipiers démarqués. On pourrait croire que c’est normal parce que Curry a banalisé tout ça. Il a banalisé l’incroyable. Mais ce n’est pas normal. "Il n’y a jamais eu un joueur comme ça en NBA", assure Steve Kerr, un coach pas surpris mais toujours impressionné par les accomplissements de son joueur.
Même les plus grandes légendes de la ligue, parfois très promptes à critiquer le bonhomme, ne cachent pas leur respect. "Ce qu’il fait, personne ne l’a jamais fait. Il est tellement unique", reconnaît par exemple Isiah Thomas. Les anciens adversaires, comme Dwyane Wade, deviennent des fans de "l’un des plus grands joueurs de tous les temps." Il n’a peut-être même jamais été aussi fort. Moins adroit et moins étincelant qu’en 2016 mais plus complet, plus expérimenté et plus solide.
Et huit ans après son dernier trophée individuel, il fait pour l’instant figure de favori pour aller chercher son troisième MVP. Pourquoi pas même un quatrième titre de champion avec un premier MVP des finales. Ça devrait suffire à faire taire la petite poignée de ses détracteurs, de plus en plus rares. Pour devenir l’une des superstars les plus adulées de tous les temps. Peut-être que tout le monde n’aime pas Stephen Curry. Mais tout le monde devrait le faire.
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