La dernière fois que les Bulls ont débuté aussi bien une saison NBA, Michael Jordan, Scottie Pippen ou encore Dennis Rodman enfilaient encore la tunique de Chicago chaque soir. Vingt-cinq ans après, le pedigree des moteurs de l’équipe a bien changé. Ce ne sont pas des Hall Of Famers mais une belle brochette de joueurs All-Stars qui emmènent la franchise de l’Illinois vers les sommets aujourd’hui. Zach LaVine, Nikola Vucevic et DeMar DeRozan. Ils n’aspirent pas au même succès que leurs glorieux aînés mais, pour l’instant, ils caracolent en tête de la Conférence Est. Avec six victoires en sept matches, dont la dernière, lundi soir, sur le parquet des Celtics (128-114). Un succès décroché en patrons en remontant un déficit de 14 points dans le quatrième quart-temps. Sans paniquer, sous l’impulsion des cadres du groupe.
Cette victoire donne presque l’impression que cette équipe squatte les sommets depuis plusieurs années. Et pourtant, c’est tout frais. Le fruit des ambitions d’un management débarqué il y a quelques mois avec l’intention de relever l’organisation, en perte de vitesse depuis le départ de Jimmy Butler en 2017. "C’est aussi ce qui m’a poussé à venir à Chicago", avoue DeRozan. Tous ceux à qui j’ai parlé sont sur la même longueur d’ondes, que ce soit des joueurs, des dirigeants ou des supporters. Ils veulent tous gagner maintenant. C’est notre mentalité."
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DeRozan fait mentir les journalistes

Reconstruire une équipe capable d’aller chercher un titre prend du temps. Ça demande de la patience et un peu de chance à la draft. Les Bulls ont essayé après avoir cassé leur effectif. Sans réussir. Alors Arturas Karnisovas, le nouveau président, et ses assistants ont opté pour une autre voie. En entourant LaVine d’autres joueurs forts. D’abord Vucevic en cours de saison dernière. Puis DeRozan et Lonzo Ball cet été. Aucun d’entre eux n’est une superstar. Mais ils savent tous jouer au basket et impacter les résultats de leur équipe. Et leur présence se fait déjà ressentir à chacune des rencontres de la "Windy City."
Notamment celle de DeRozan sur les deux derniers matches, conclus avec 32 et 37 points au compteur pour l’arrière All-Star. Sa signature pour 81 millions de dollars sur 3 ans a été nommée "la pire décision de l’intersaison" par un panel de journalistes ESPN. Et pourtant, pour l’instant, c’est tout l’inverse. Le vétéran démarre très fort – 25 points de moyenne – tout en s’affirmant comme une valeur sûre dans les fins de partie serrées. Comme en témoignent ses 11 points dans le money time lors d’une victoire face aux Raptors par exemple. "C’est pour ça que les dirigeants m’ont fait venir ici. C’est mon job." Mais le succès des taureaux ne se limitent pas qu’à ça.

DeMar DeRozan

Crédit: Getty Images

Défendre plus pour gagner plus

Ça commence plutôt en défense. Avec les acquisitions de Ball et d’Alex Caruso. Les deux anciens meneurs des Lakers sont des pestes pour les attaquants adverses. Ils sont longs, vifs, déterminés et constamment actifs. Ils empêchent l’autre équipe de mettre son jeu en place. Et ça porte ses fruits ! Chicago possède la sixième meilleure défense du championnat avec 101,1 points encaissés sur 100 possessions. Caruso est d’ailleurs dans le Top 5 aux interceptions (2,6). Elle est là, l’identité des Bulls.
C’est le principal facteur de succès jusqu’à présent. Illustration lors de la démonstration contre le Jazz. Les joueurs de Billy Donovan ont infligé à Utah sa première défaite de la saison en limitant Donovan Mitchell et compagnie à 99 points (contre 111 en moyenne). Le Jazz a notamment perdu 20 ballons sur ce match. "C’était l’un de nos meilleurs matches. C’est comme ça que l’on veut jouer", déclarait alors le coach chicagoan.
La complémentarité entre LaVine, Vucevic et DeRozan n’est pas évidente en attaque. Du moins sur le papier et d’un point de vue purement basket. Chacun a besoin d’avoir le ballon. Chacun aime attaquer le cercle. Et c’est aussi pourquoi de nombreux observateurs ont émis des doutes au moment du recrutement des Bulls. Mais Donovan a d’abord orienté le travail sur la défense, dans le but de jouer le plus de contre-attaque possible pour permettre à ses ailiers véloces de marquer plus facilement.
Les problèmes liés aux profils de chacun sont en fait devenus une force. En incitant constamment ses stars à agresser la défense balle en main. Ball se chargeant lui de limiter au maximum le nombre de ballons perdus tout en faisant tourner. Dans les faits, le système n’est pas encore complètement maîtrisé, malgré les bons résultats. Et c’est logique. Ça va prendre du temps. Mais Chicago marque tout de même 109,9 points sur 100 possessions (7e en NBA).

Zach LaVine

Crédit: Getty Images

14 matches tests pour les nouveaux Bulls

La clé, quelque part, c’est aussi le vivre ensemble. Plutôt que de la jouer perso, les scoreurs des Bulls misent sur l’altruisme de chacun. Preuve qu’ils ont conscience que ça ne pourra marcher que comme ça. La balle tourne. "Je n’ai jamais pris autant de plaisir", confie même Zach LaVine. "On s’entend tous très bien." Ils ne sont peut-être pas parfaitement complémentaires mais ils compensent en restant soudés. De quoi rendre la vie plus facile pour chacun. Avec des tirs ouverts à la clé. Les Bulls sont pour l’instant parmi les plus adroits de la ligue avec 47% de réussite et même 39% à trois-points. Dans le Top 4 à chaque fois.
Paradoxalement, c’est peut-être aussi le signe que cette équipe joue un peu au-dessus de son niveau réel. DeRozan, LaVine et compagnie ne mettront pas toujours autant de tirs. Encore moins derrière l’arc. Et dans ces moments-là, ce sera plus dur. Il faudra alors se reposer sur la défense, où l’absence de Patrick Williams – indisponible pour la saison – va peser. Les franchises ne peuvent quasiment jamais prétendre au trophée sans posséder une superstar à même de les sortir des situations les plus compliquées.
Les Bulls sont encore loin de rêver d’une septième bague. Mais le parcours des Hawks, finalistes de Conférence l’an passé, montre qu’il est possible d’aller loin en restant compétitifs. Et pour Chicago, retrouver les playoffs, vibrer, gagner des matches puis en perdre avec les honneurs, en se battant jusqu’au bout, c’est déjà une victoire. De toute façon, on aura bientôt une idée plus précise des vraies capacités de cette équipe. Elle va enchaîner 14 matches de suite contre des adversaires qualifiés pour les playoffs la saison dernière. Elle a déjà gagné 2 des 3 premiers duels de ce marathon. Le prochain est prévu mercredi soir, contre les Sixers. Si elle occupe toujours une place dans le Top 3 à l'Est d'ici quelques semaines, il faudra commencer à vraiment la prendre au sérieux.
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