En début de série, avec l’absence de Joel Embiid, victime d’une fracture du plancher orbital, le Heat s’était préparé à affronter un grand James Harden. Erik Spoelstra et ses assistants avaient notamment étudié avec attention des vidéos du barbu, quand il jouait encore aux Rockets en tant que seule superstar aux commandes.
En neuf années passées à Houston, Harden a compilé 29,6 points et 7,7 passes, décrochant au passage un trophée de MVP et trois titres de meilleur marqueur du championnat avec des pointes avec 36 et 34 unités sur l’ensemble de la saison en 2019 et 2020. Harden était alors un attaquant redoutable, quasiment inarrêtable, et régulièrement auteur de performances complètement surréalistes, claquant par exemple des triple-doubles tout en scorant plus de 50 points. Mais ce joueur n’existe plus. En tout cas, on ne l'a que trop rarement vu depuis le début de la série entre Philadelphie et Miami. Il avait déjà été maladroit et moins en vue à la finition contre Toronto (19 points), même si son équipe a fini par se qualifier difficilement en six manches après avoir pourtant commencé par trois victoires de suite.

Un déclin statistique qui fait mal aux Sixers

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La défense floridienne lui réserve certes un traitement particulier, le même que celui infligé à Trae Young au premier tour. Le meneur des Hawks, l’un des attaquants les plus prolifiques de la ligue, n’a pas pu faire mieux que 15 pions à 31% avec plus de ballons perdus (6,2) que de passes décisives (6). Avec une défense aussi agressive sur le dos, James Harden est mis en difficulté. Il est tout de même parvenu à trouver plusieurs bonnes situations de tir pour ses camarades lors du Game 2. Les Sixers n’ont pas su en profiter avec seulement 8 paniers à trois-points inscrits en 30 tentatives, dont 1 sur 9 pour Danny Green. Mais même s’il assure à la création, l’arrière All-Star affiche clairement un visage moins percutant que ces dernières saisons. Il a toujours été légèrement moins performant en playoffs. Sauf que là, ses statistiques sont finalement dans la lignée des 20 matches disputés avec Philly (21 points à 40% aux tirs).

James Harden

Crédit: Getty Images

Un déclin chiffré – et visuel ! – assez paradoxal pour un joueur de son calibre qui vient de demander son transfert. On aurait pu penser que le changement de scénario, en passant des Nets aux Sixers, allait redonner de l’élan à la carrière du bonhomme. Pas vraiment au bout du compte. Harden a commencé par quatre sorties de suite à plus de 25 points avant de baisser le pied. Il n’est pas beaucoup plus productif qu’à Brooklyn, où il montrait déjà quelques limites. Ça fait déjà grincer des dents au sein de sa nouvelle franchise. Tout le monde s’attendait à ce qu’il hausse son niveau de jeu. Il n'en a rien été. Hormis au match 4, à 31 points (6/10 à trois points), le meneur traîne sa peine sur les parquets. A l'image de sa prestation lors du match 5 : 14 points à 38,5% de réussite, 6 rebonds et 4 passes en 37 minutes de jeu.
"J'ai eu des opportunités de marquer beaucoup de points cette saison. Au point où j'en suis, c'est un sacrifice. Je pourrais marquer 30 points sans nous faire gagner, ou en mettre 19 mais tout en repartant avec la victoire. Je ferai ce qu'il faudra pour gagner. Je me sacrifierai, je suis le joueur d'équipe ultime", se défend l’intéressé. Ses anciens coéquipiers aux Rockets doivent bien rigoler. Pour une fois, justement, ce qui lui est demandé, c’est d’en planter 30. De marquer la rencontre de son empreinte pour déstabiliser la défense du Heat. D’assumer son rôle de superstar. Le fait qu’il se cantonne lui-même à ce rôle de facilitateur – ce qu’il fait plutôt très bien en général – est peut-être aussi le signe qu’il n’est plus autant à même de faire la différence balle en main. Il est moins explosif, la faute à une condition physique parfois douteuse et à des blessures aux ischios qui le gênent depuis plusieurs mois. Il ne pénètre plus la raquette avec autant de punch qu’avant.

Une évolution comme playmaker

Ça posait déjà des problèmes avant la blessure d’Embiid. Le Camerounais avait pris à partie son coéquipier publiquement après que les Raptors soient revenus à 3-2. "Je n’ai pas arrêté de le dire depuis qu’il est arrivé ici : "il doit être agressif et jouer son jeu. Mais ce n’est pas mon boulot de lui dire. C’est probablement au coach de lui dire de prendre plus de tirs." Les toutes premières fissures du duo présenté comme "inarrêtable" par les Sixers à l’arrivée d’Harden en février. Mais le jeu du joueur de 32 ans a évolué. Peut-être qu’il n’est justement plus capable physiquement de se montrer aussi agressif et tranchant qu’aux Rockets. Il est assez difficile de savoir ce qui se trame dans sa tête mais selon les premières rumeurs, le vétéran serait prêt à prolonger pour moins que le maximum cet été. Il est pourtant éligible à une extension autour des 233 millions de dollars, avec donc potentiellement un salaire supérieur à 61 millions à ses 36 ans. Réclamer une somme moindre serait là aussi le signe d’une certaine conscience de sa régression.
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James Harden n’est sans doute plus ce soliste qui va enchaîner les 45 points par-ci, 50 points par-là. Il peut encore le faire, mais de façon très ponctuelle. C’est probablement un joueur dans la tranche des 20 points et 10 passes. Ce qui est encore excellent. Son évolution en tant que "playmaker" et pur meneur devrait lui permettre de rester un All-Star, contrairement à son ex-coéquipier Russell Westbrook par exemple. Il faut notamment lui donner du crédit pour les belles performances de Tobias Harris et Tyrese Maxey, qui profitent pleinement de sa vision du jeu. Le seul hic, c’est que les Sixers l’ont fait venir pour être la deuxième superstar au côté de Joel Embiid et non une troisième option de luxe. S’il n’en est plus capable, c’est tout le plan et les ambitions de Philadelphie qui sont à revoir.
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