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Pas de LeBron James, pas de problème : les Cleveland Cavaliers sont-ils de retour sur la carte NBA ?
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Publié 03/02/2022 à 12:38 GMT+1
NBA – Les Cleveland Cavaliers sont de retour au premier plan et, pour la première fois depuis plus de vingt ans, ils n’ont pas eu besoin de LeBron James pour y arriver. La franchise de l’Ohio occupe le top 5 de sa Conférence en s’appuyant essentiellement sur des jeunes joueurs prometteurs comme Darius Garland, Evan Mobley et Jarrett Allen. Le potentiel est très intrigant.
Evan Mobley
Crédit: AFP
Ça doit faire presque un quart de siècle que les Cavaliers n’ont pas été aussi forts sans compter dans leurs rangs un certain LeBron James. Prodige local, le natif d’Akron est le seul à avoir mené Cleveland jusqu’aux sommets de la NBA, avec cinq qualifications en playoffs lors de son premier passage, puis quatre finales de suite lors du second. Dont le sacre ultime en 2016. Entre les deux, la franchise de l’Ohio n’a jamais gagné plus de 33 matches. Un total qu’elle s’apprête à atteindre juste avant le prochain All-Star Weekend, justement organisé dans la "ville-forêt."
Les Cavs comptent désormais 31 victoires en 52 rencontres. Soit déjà neuf de plus que la saison dernière. Ils sont partis pour amasser autour des 50 succès, ce qu’ils n’ont plus accompli hors-LBJ depuis 1998, et encore, l’équipe coachée par Mike Fratello en avait décroché 47 à l’époque. Il faut remonter sinon à 1993 pour retrouver la trace d’un exercice bouclé au-dessus des 60% de victoires. En fait, en dehors des années LeBron, l’organisation n’a connu que trois saisons avec 50 victoires ou plus. Ce qu’il faut donc retenir, c’est que Darius Garland et ses coéquipiers sont lancés sur des bases historiques.
Une équipe inattendue qui surprend tout le monde
C’est la belle surprise de cette saison régulière. Après une nouvelle reconstruction suite au départ de James en 2018, les Cavaliers sont à nouveau en position de disputer les playoffs. Voire avec l’avantage du terrain au premier tour tout en ayant une chance de finir… premiers à l’Est. Ils sont actuellement cinquièmes avec un succès de moins que les Bulls, qui ont repris la tête de la Conférence Est, mais en comptant trois défaites de plus. Le tout après avoir déjà battu Milwaukee, Brooklyn, Chicago ou encore Miami – autant de candidats au trône – depuis le coup d’envoi de la saison. Alors, oui, une progression était attendue mais retrouver Cleveland dans cette position au mois de février paraissait impensable. "Personne n’imaginait ça. On est passé sous les radars. Mais on a faim et on veut se faire respecter", déclare Kevin Love, l’unique rescapé du parcours triomphant des Cavaliers en 2016.
Alors faut-il pour autant vraiment prendre cette jeune équipe au sérieux ? Ce groupe peut-il vraiment prétendre au sacre, six ans après son seul trophée ? Il est important de relativiser et de prendre du recul, sans plonger dans l’engouement du moment et sans tirer des conclusions trop hâtives. Love remarque d’ailleurs qu’il préférerait que les Cavs "restent des outsiders." Pas besoin de s’ajouter soudainement de la pression. "Nos joueurs n’ont peur de rien", souligne tout de même le coach, JB Bickerstaff. Un trait de caractère qu’ils partagent avec leurs homologues des Grizzlies, leur penchant à l’Ouest. Sans doute, et ça joue en leur faveur. Mais en playoffs, ça ne fait pas tout.
Le basket change. Les défenses et les rotations sont plus serrées. Les compteurs remis à zéro. Les cadres ne manquent certainement pas de talent, mais d’expérience. Pour vraiment faire sensation à partir du mois d’avril, au moins deux d’entre eux devront encore hausser leur niveau de jeu. Surtout que les Cavaliers ont beau être proches de la première place, ils n’ont aussi que quelques longueurs d’avance sur la sixième. Il suffit d’un passage à vide sur quelques semaines pour que cette équipe passe du top 4 au play-in.
Un Big Three qui se forme
Les Knicks de l’an passé font figure de jurisprudence. Ils ont terminé dans le quatuor de tête de la Conférence Est pour finalement sortir dès le premier round avant d’occuper le onzième spot cette saison. Mais les indicateurs sont quand même beaucoup plus prometteurs pour les Cavaliers. Leur différentiel points marqués/points encaissés de +4,5 les classe à la quatrième place des franchises les plus efficaces du championnat : 110 points marqués sur 100 possessions (17e) et surtout 106,2 encaissés (3e). La marque d’une formation capable de s’imposer parmi les meilleures.
Contrairement aux Knicks, les Cavs peuvent compter sur un noyau dur de jeunes joueurs très intéressants qui vont continuer à progresser. Les Garland, Jarrett Allen, Evan Mobley, Lauri Markkanen, Isaac Okoro, etc... Ces jeunes pousses sont de plus entourés par des vétérans solides comme Love – quelle renaissance cette saison ! – mais aussi Ricky Rubio (avant sa blessure) et maintenant Rajon Rondo.
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Darius Garland (Cleveland Cavaliers)
Crédit: Getty Images
Les trois premiers nommés sont les vrais fers de lance de cette équipe. C’est d’abord grâce à eux que Cleveland décolle. Et c’est aussi grâce à eux que le futur s’annonce brillant et excitant dans l’Ohio. En tout cas, ils donnent envie d’y croire. L’évolution de Darius Garland est au cœur de ce succès. Déjà aperçu à son aise lors de la deuxième moitié de la saison précédente, le joueur de 22 ans passe un vrai cap maintenant qu’il est "libéré" de l'arrière Collin Sexton, blessé pour l’intégralité de la saison.
Ce n’est pas tant que leur duo ne fonctionne pas. Mais le meneur prend une autre dimension maintenant qu’il est vraiment pleinement aux commandes de l’attaque. Avec presque 20 points et plus de 8 passes par match, à 46% de réussite aux tirs et 37% à trois-points, il mérite amplement une sélection All-Star. C’est fort, à son âge. Les développements supersoniques de Luka Doncic, Ja Morant et Trae Young peuvent parfois faire oublier à quel point il est difficile pour un jeune meneur de se faire une place en NBA. Garland n’a joué que cinq petites rencontres à l’université avant d’être drafté en 2019. Mais le voilà déjà parmi les meilleurs de la ligue à son poste, avec des petites teintes de Chris Paul, de Mike Conley et de Stephen Curry – toutes proportions gardées à chaque fois évidemment.
Les Cavaliers vont-ils mener une révolution en NBA ?
Jarrett Allen est une machine à double-double : 16 points et quasiment 11 rebonds. Le joueur le plus prolifique des Cavaliers selon la majorité des statistiques avancées. Lui aussi peut prétendre à une invitation au prochain All-Star Game à la maison. Son activité près du cercle, aussi bien en attaque qu’en défense, le rapprochent par exemple d’un Rudy Gobert. Et il peut compter sur Evan Mobley pour le seconder à ses côtés.
Le troisième choix de la dernière draft est le complément parfait entre Garland et Allen. Un intérieur moderne. Ultime, même. Ce qui est fort, c’est qu’il amène du liant dans le cinq majeur. Un peu comme un joueur de devoir… avec le talent d’une star générationnelle. Déjà favori pour le trophée de ROY, il compile 14,8 points et 8,1 rebonds chaque soir. Surtout, son style atypique et unique permet aux Cavaliers d’aligner une équipe au profil complètement différent des 29 autres franchises. Il est la clé du "tall ball" de Cleveland, en opposition au "small ball" qui règne en NBA.
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Kyrie Irving dribble Jarrett Allen lors de Cleveland - Brooklyn
Crédit: Getty Images
"On va contre le sens du vent", note Kevin Love. "On joue avec des grands quand toute la ligue mise sur les petits." Les grands en question, ce sont donc Allen et Mobley mais aussi Lauri Markkanen, le septième choix de la draft 2017. Considéré comme très prometteur à l’issue de ses deux premières saisons outre-Atlantique (18,7 points et 9 rebonds de moyenne en 2019), le Finlandais a finalement été sacrifié par Chicago et il cherche à relancer sa carrière à Cleveland. Le staff le fait jouer ailier malgré ses 2,13 mètres. Les Cavaliers ont donc trois joueurs de "sept pieds" (2,13 mètres) dans leur cinq de départ. Un cas unique dans le championnat. Le plus fou, c’est que ça marche !
La franchise de l’Ohio domine ses adversaires de 8,9 points sur 100 possessions avec ses trois intérieurs sur le terrain. Les résultats sont aussi positifs quand Love prend la place d’Allen ou Mobley. La combinaison fonctionne : Allen protège le cercle, Markkanen cavale derrière les extérieurs adversaires tout en étirant les lignes en attaque. Et le plus jeune des trois qui occupe le rôle central. Sa vision du jeu, sa qualité de passe et son touché à mi-distance permettent aux Cavaliers de ne pas se marcher dessus en attaque. "On peut vraiment développer quelque chose de spécial", insiste Love.
De là à mener une nouvelle révolution en NBA ? Tout dépendra de leur succès en playoffs. Les vainqueurs inspirent les autres équipes. Là encore, ce sera peut-être une autre histoire. Le jeu est ralenti et les possessions se multiplient sur demi-terrain au printemps. Les Cavaliers, justement, prennent l’habitude de jouer plus lentement. Mais les imiter n’est pas un gage de succès. Tout le monde ne peut pas compter sur un Evan Mobley. C’est d’ailleurs ce côté très spécial qui rend les Cavaliers si intéressants à suivre. Une équipe hybride, novatrice, agréable à regarder et au potentiel très intrigant.
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