NBA - Comment les Minnesota Timberwolves ont détruit l'équipe parfaite pour détruire les Denver Nuggets

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NBA - Architecte des Denver Nuggets, Tim Connelly a bâti l'antithèse en rejoignant les Minnesota Timberwolves il y a deux ans. Et cela pourrait payer. En effet, sa nouvelle équipe mène désormais 2 à 0 contre les champions en titre en demi-finale de la Conférence Ouest en misant sur sa taille et ses qualités athlétiques pour étouffer Nikola Jokic et consorts.

Nikola Jokic #15 of the Denver Nuggets goes to the basket against Monte Morris #23 and Rudy Gobert #27 of the Minnesota Timberwolves during the first quarter at Ball Arena on April 10, 2024 in Denver, Colorado.

Crédit: Getty Images

Tim Connelly a eu une vision en laquelle personne d’autre n’aurait pu croire. Et ça ne concernait pas les Minnesota Timberwolves, l’équipe qu’il dirige actuellement. C’est lui qui a drafté Nikola Jokic en 41e position pour les Nuggets en 2014. Lui qui a pioché Jamal Murray un an après. Lui qui a fait venir Michael Malone, jeté par les Sacramento Kings, sur le banc de Denver. Et c’est encore lui qui a mis en place le transfert d’Aaron Gordon, joueur qu’il imaginait comme le complément parfait de Jokic et Murray. Il a construit ce groupe de champions. Puis il est parti un an avant le premier sacre de la franchise du Colorado.
Parce qu’il a accepté un nouveau challenge entre temps : emmener au sommet une organisation qui n’avait gagné que deux séries de playoffs (avant cette saison) en 34 ans d’existence. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à Minneapolis. Le défi est immense et le GM n’a pas hésité à prendre des risques dès son arrivée. Il cherchait une troisième star pour entourer un Anthony Edwards émergent et Karl-Anthony Towns. Les joueurs de ce calibre ne signent pas délibérément aux Wolves. Et ils sont rarement sur le marché. Connelly a donc sauté sur la première opportunité en lâchant cinq joueurs et quatre tours de draft pour récupérer Rudy Gobert à l’été 2022.

Gros trade, grosse pression, grosse désillusion

Sauf que le pivot français, qui sera incontestablement Hall Of Famer après avoir décroché un quatrième trophée de DPOY cette année, n’est pas une star conventionnelle dans cette ligue. Il ne peut pas scorer 25 points les yeux fermés en rentrant des tirs compliqués soir après soir. Il brille dans un tout autre registre, néanmoins très important : la défense. Ça, le dirigeant l’a vu. Encore une fois, il a imaginé ce qui semblait inimaginable : une équipe qui gagne avec deux joueurs de sept pieds à une époque où les coaches veulent le plus d’espaces possibles en attaque et le plus de mobilité possible en défense.
Comme prévu, ou presque, l’expérience n’a pas vraiment porté ses fruits. En tout cas, pas tout de suite. Les Wolves, qui rêvaient du top 4 à l’Ouest, ont gagné seulement 42 matches et ils se sont qualifiés pour les playoffs in-extremis en tant que huitièmes en passant par le play-in. L’association des deux intérieurs ne semblait pas fonctionner : Towns a manqué 53 rencontres sur blessure et Gobert peinait à s’adapter à son nouvel environnement. Son coup de sang – une droite en direction de son coéquipier Kyle Anderson en fin de saison – témoignait de la frustration et du manque d’alchimie entre le joueur et ses nouveaux partenaires.
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Rudy Gobert

Crédit: Getty Images

Denver a gagné les trois premiers matches du premier tour contre Minnesota. Le pari de Tim Connelly était vivement critiqué, le transfert pour le cadre de l’équipe de France étant même parfois défini comme "le pire de l’Histoire." Puis les T-Wolves ont décroché le Game 4 avant de faire transpirer les futurs champions à grosses gouttes lors du Game 5. Quelque chose s’est créé sur ces deux matches. Mais ça, personne ne l’a vu. Sauf eux. Sauf lui, qui savait déjà.
Un an après, les deux escouades se retrouvent en demi-finale de Conférence. Mais les statuts ne sont plus les mêmes. L’équipe coachée par Chris Finch a gagné le respect de tout le monde en remportant 56 matches tout en étant longtemps en tête à l’Ouest (troisième à l’arrivée). D’un coup, tout clique. L’alchimie est bien meilleure, les joueurs se font pleinement confiance et chacun connaît parfaitement son rôle et excelle à sa tâche.
"Je n’ai jamais joué pour une équipe où les gars se comprennent aussi bien, se soutiennent et veulent voir les autres briller", soulignait Rudy Gobert. Et cela se sent sur le terrain. Si les Wolves ont la meilleure défense de la ligue, celle qui est justement en train d’étouffer les Nuggets, ce n’est pas seulement parce qu’ils peuvent compter sur le génie du natif de Saint-Quentin ou sur des athlètes extraordinaires que sont Jaden McDaniels et Nickeil Alexander-Walker. Ils ne sont pas juste bons sur l’homme ou en défense individuelle. Ils brillent collectivement, avec des rotations parfaitement exécutées et une envie commune d’éteindre l’adversaire.

Winter is already here

Ça commence tout de même avec Gobert. C’est tout logiquement qu’il se sent mieux installé au sein de sa nouvelle équipe. Il a pu emménager dans sa propre maison, développer une relation plus profonde avec ses coaches et ses partenaires. Ils lui font confiance – notamment Edwards, la superstar dont le leadership déteint sur tout le monde – et ils ont compris tout ce qu’il peut leur apporter.
Les Timberwolves ont limité les Nuggets à 80 points, leur plus petit total cette saison, et 34% de réussite aux tirs lors du Game 2 largement en leur faveur (80-106). "Gobzilla" manquait pourtant à l’appel puisque sa compagne donnait naissance à leur premier enfant. Pourtant, dès la fin de la partie, Finch a tenu à mettre en avant l’influence de son pivot. "Rudy est à l’origine de notre culture défensive. Ce match est l’illustration de l’impact qu’il a eu sur les autres, de la façon dont il a montré à quel point la défense est importante et du niveau que l’on peut atteindre quand on défend avec sérieux."
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Nikola Jokic Rudy Gobert

Crédit: Getty Images

Les grandes équipes ne se construisent pas en un jour. Tim Connelly, architecte des Nuggets qui ont mis huit ans à atteindre le Graal à partir du moment où Nikola Jokic a foulé un parquet NBA, en sait quelque chose. L’ironie, c’est qu’il a construit les Wolves justement en gardant en tête tous les ingrédients pour détruire le puzzle qu’il avait assemblé à Denver. Ses joueurs le démantèlent pièce par pièce. Ils sont bâtis pour annihiler toutes les forces de Jokic et ses camarades.
Pour la première fois depuis deux ans, le virtuose serbe se retrouve sans solution. Il shoote à 42%, tellement, tellement, tellement loin de ses standards, et il a déjà perdu 11 ballons sur les deux premiers matches de la série. Parce qu’il a constamment un grand face à lui, que ce soit Towns, Gobert ou Naz Reid. "Il faudrait que je me clone", avouait-il impuissant. Le constat est encore plus frappant pour Murray, l’autre maître à jouer. Le Canadien est en grande difficultés face aux golgoths de la ligne arrière de Minnesota. Il tourne à 12 points et 28% aux tirs.
Les Wolves ont encore quelques limites, comme leur jeu offensif sur demi-terrain, qui les empêcheront peut-être d’aller tout au bout. Des lacunes que Connelly songeait peut-être à combler plus tard. Son équipe paraît tout de même déjà prête. Elle est même toujours invaincue sur ces playoffs après six matches. Peu sont ceux qui auraient pu penser ça avant le début de la saison. Mais lui, tout ça, il l’avait vu.
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