NBA - La fenêtre de tir est-elle encore vraiment ouverte pour un titre des Golden State Warriors ?

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NBA - Actuellement onzièmes à l'Ouest, les Golden State Warriors ont mal démarré la saison. Ils comptent un bilan de sept victoires en 16 matches et c'est à se demander si Stephen Curry et ses coéquipiers ont encore toutes les armes pour se mêler à la course au titre et rivaliser avec les Denver Nuggets ou encore les Boston Celtics.

Klay Thompson and Stephen Curry

Crédit: Getty Images

Alors que les Nuggets ont gagné le titre avec l’un des noyaux durs les plus jeunes de l’Histoire parmi les équipes championnes, les Warriors ont fait le pari de la… vieillesse. L’équipe de Golden State n’est pas si âgée en comparaison de certaines grandes équipes qui sont allées jusqu’au bout. Les Bulls de 98 avaient 32 ans en moyenne. Les Bucks et les Lakers, deux autres franchises ambitieuses, sont plus "vieux" que les Warriors. Mais dans la Bay, ce sont les cadres qui commencent à avoir les articulations qui grincent.
Stephen Curry aura 36 ans en mars, même s’il paraît plus fort que jamais. Draymond Green soufflera ses 34 bougies au même moment. 34 ans pour Klay Thompson, sachant qu’il a subi deux graves blessures au cours des quatre dernières années. Chris Paul, principale recrue estivale, est lui le troisième joueur le plus âgé en NBA et il fêtera ses 39 ans pendant les playoffs.

Comment contrôler Draymond Green ?

Les blessures sont plus nombreuses à un certain âge. Steph Curry a déjà été touché à un genou cette saison. Green a commencé à l’infirmerie et il est lui aussi sujet à des petits bobos en cours de route. Et encore, ça, c’est quand il n’est pas suspendu. Parce qu’en plus de son état de santé, il faut gérer ses éventuels pétages de plomb. L’intérieur All-Star a étranglé Rudy Gobert par derrière lors d’un match contre Minnesota il y a deux semaines.
"Je ne vais jamais changer ma façon de jouer au basket. C'est ce qui m'a permis d'aller si loin. J'ai gagné des titres, j’ai été un All-Star et j’ai été nommé meilleur défenseur de l’année. Les conséquences des sanctions ? Cela n'enlèvera absolument rien à ma façon de jouer. Dans tous les cas, je ne sais pas comment me montrer moins mordant", déclarait l’intéressé… avant même l’incident avec Gobert et les 5 matches de suspension qui ont suivi.
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Draymond Green lors de Golden State - Sacramento en NBA, le 1er novembre 2023

Crédit: Getty Images

Il paraît qu’une fois la trentaine entamée, les gens ne se refont plus. Mais personne ne demande à Draymond Green de changer sa manière de jouer. Au contraire. Son impact sur le terrain est indéniable. Il doit simplement contrôler un tantinet ses émotions pour éviter d’être pénalisant pour son équipe. "Ce que les gens ne réalisent pas avec Draymond, c’est qu’il écoute. J’entends parfois dire qu’il fait juste ce qu’il veut et je ne pense pas que ce soit vrai", assure Bob Myers, l’ancien architecte de la dynastie qui a laissé sa place à Mike Dunleavy en fin de saison dernière. Green s’est excusé auprès de ses coéquipiers, avouant qu’il avait franchi les limites. Les Warriors ont besoin de lui.

Un effectif profond et de qualité

Son absence et les difficultés des siens – les deux étant d’ailleurs liées – plongent l’équipe dans l’adversité très tôt dans la saison. Golden State compte 7 victoires pour 9 défaites, avec même 8 revers au cours des 10 derniers matches. Ce départ très poussif suscite l’interrogation : cette escouade est-elle vraiment encore armée pour jouer le titre ? Le bilan peu flatteur est sans doute un peu trompeur. Il est en partie tronqué par les forfaits de Curry et Green. Les Californiens ont démarré la saison avec 6 victoires en 7 rencontres et personne ne s’inquiétait pour eux. Les narratives peuvent changer très, très vite en NBA.
La plupart des signaux sont mêmes positifs. L’ambiance est bien meilleure que la saison passée par exemple. Green et Curry parlent "d’une vibe complètement différente." Ce groupe est soudé et c’est un point important pour traverser cette période délicate. L’association entre Stephen Curry et Chris Paul fonctionne à merveille pour l’instant. Les Warriors dominent même leurs adversaires de +9,6 points sur 100 possessions quand ils sont alignés ensemble sur le parquet. CP3 s’est parfaitement adapté à son nouveau rôle et Golden State arrive enfin à fonctionner quand Curry se repose sur le banc.
Cette équipe est globalement très bien construite. "Nous avons tout. De la profondeur, des porteurs de balle, des shooteurs, des défenseurs. Je pense que Mike [Dunleavy, le GM] a fait un boulot incroyable", estime Draymond Green. Curry est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps et c’est encore l’un des cinq basketteurs les plus forts au monde, même à ce stade de sa carrière. Lui et Thompson sont des snipers comme il y en a rarement eu en NBA.
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Chris Paul et Stephen Curry lors de Phoenix - Golden State en NBA, le 22 novembre 2023

Crédit: Getty Images

Paul est l’un des meneurs les plus intelligents de l’Histoire. Green et Kevon Looney sont des intérieurs féroces. Dario Saric est une "super recrue" dixit Thompson et c’est un joueur technique et altruiste. Andrew Wiggins et Gary Payton II sont très athlétiques et peuvent être des teignes en défense. Jonathan Kuminga, Moses Moody, Trayce Jackson-Davis et Brandin Podziemski sont des jeunes intéressants validés à la fois par le staff et par le cadre. Les Warriors ont clairement une très bonne équipe.

Une deuxième option fiable, la clé pour les Warriors

Ils manquent peut-être un peu de taille. Mais ils ont surtout besoin d’un deuxième scoreur fiable pour éviter que Stephen Curry soit esseulé en attaque et que les équipes adverses concentrent tous leurs schémas défensifs sur lui. C’est la clé pour vraiment se mêler au titre à nouveau. "On a besoin que quelqu’un d’autre marque des points", avouait Kerr. Chris Paul n’est plus assez tranchant physiquement pour vraiment coller 20 pions tous les soirs. Kuminga, à l’inverse, n’est pas encore tout à fait prêt pour assumer un tel rôle. Il ne le sera peut-être jamais. Andrew Wiggins et Klay Thompson sont censés être les lieutenants en attaque. Tous les deux ont très mal démarré la saison.
Les deux anciens All-Stars affichent leurs plus mauvaises statistiques depuis leur toute première saison chez les pros ! Mais ça peut revenir. "Je suis très patient. Klay et Wiggins ont eu des difficultés jusqu’à présent. Mais je pense que l’on doit faire preuve de patience. On sait qui ils sont", ajoutait le coach. L’ailier canadien a notamment marqué 31 points contre le Thunder et l’arrière américain reste sur deux sorties à 20 points et plus.
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Andrew Wiggins lors de Phoenix - Golden State en NBA, le 22 novembre 2023

Crédit: Getty Images

L’effectif le plus cher de la ligue

En voulant jouer un temps sur deux tableaux – développer des talents de demain tout en visant le titre – les Warriors ont pris le risque de n’avoir ni l’un, ni l’autre. James Wiseman, le deuxième choix de la draft 2020, a été un terrible flop et il n’est déjà plus là. Poole fait le pitre aux Wizards. Mais du coup, il manque ce deuxième super talent pour faire figure de favoris incontestables au même titre que les Celtics ou les Nuggets par exemple.
Ils ne seront pas si loin. Sauf que le temps passe. La franchise a gardé son noyau dur historique et elle a maintenant l’effectif le plus cher de la ligue. L’issue la plus crédible reste des sorties de route en playoffs en étant trop justes jusqu’à ce que les cadres partent finalement à la retraite. La fenêtre de tir est donc… entrouverte. Mais elle ne sera pas non plus complètement fermée tant que Stephen Curry est là et surtout tant qu’il évolue à ce niveau. La question, c’est bien de savoir pendant encore combien de temps il en sera capable.
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