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NBA - Phoenix Suns : Est-il possible de s'acheter un titre NBA ?
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Publié 24/10/2023 à 10:54 GMT+2
Les Phoenix Suns ont changé quasiment tout leur effectif en six mois et ils attaquent la saison avec trois immenses stars : Devin Booker, Kevin Durant et Bradley Beal. Il y a énormément de talents dans l'Arizona mais ce groupe formé de toutes pièces peut-il trouver ses marques assez rapidement pour aller chercher un titre en juin prochain ?
Durant et Beal , le 16 octobre.
Crédit: Getty Images
En poker, c’est ce qui s’appelle faire tapis. Le propriétaire des Suns, Matt Ishbia, est un ancien basketteur universitaire (champion NCAA avec Michigan en 2000) devenu milliardaire après avoir hérité de l’entreprise de son père. Il a gardé son instinct de joueur : depuis qu’il a racheté la franchise de l’Arizona pour quatre milliards en février 2023, il n’a pas hésité à prendre des risques. En faisant par exemple venir Kevin Durant – quitte à sacrifier les prometteurs Mikal Bridges et Cameron Johnson, deux atouts clés d’une équipe finaliste en 2021 – cinq jours seulement après sa prise de contrôle à Phoenix.
Sur les 15 joueurs qui composent l’effectif à l’aube de la nouvelle saison NBA, ils n’étaient que 3 à déjà porter la tunique de l’équipe au moment de l’arrivée d’Ishbia. Parce que le jeune homme d’affaire ne s’est pas arrêté au transfert de KD. Directement impliqué dans le processus des décisions sportives, il a travaillé avec le GM James Jones pour construire en l’espace de quelques mois un groupe impressionnant sur le papier. En sacrifiant au passage absolument tous les futurs atouts des Suns. Chaque tour de draft jusqu’en 2030 a été échangé.
Mais au bout du compte, Phoenix se retrouve avec le trio le plus flamboyant de la ligue. En effet, Bradley Beal s’est joint à Booker et Durant pour former ce qui ressemble à une nouvelle "super team." Encore fallait-il entourer les trois All-Stars. Brillants en playoffs, les deux derniers cités sont tombés en six manches contre les Nuggets, futurs champions, et c’est notamment le manque de profondeur de la rotation qui a causé du tort aux Suns. Alors les dirigeants se sont mis au boulot dès l’ouverture de la Free Agency en signant Eric Gordon, Yuta Watanabe, Drew Eubanks, Keita Bates-Diop, Chimezie Metu, etc.
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Kevin Durant et Devin Booker se sont qualifiés au 2e tour des Playoffs
Crédit: Getty Images
Pas suffisant aux yeux de la direction. Jones a saisi une nouvelle occasion en profitant du départ de Damian Lillard vers Milwaukee pour immiscer sa franchise dans l’échange avec les Blazers et les Bucks. Les Suns se sont débarrassés de Deandre Ayton pour récupérer Jusuf Nurkic, Keon Johnson et Grayson Allen. Trois joueurs contre un, certes talentueux mais visiblement déterminé à changer de scénario. Ayton aurait pu être un excellent complément, aussi bien offensif que défensif, au côté des trois pistoleros. Mais à condition seulement d’être motivé, impliqué et prêt à assumer un rôle de l’ombre. Son attitude lors des derniers playoffs et ses déclarations depuis son arrivée à Portland laissent penser qu’il n’était pas emballé par la tâche, malgré les perspectives de titre.
En plus de cet énorme remaniement estival, la franchise a aussi nommé un nouveau coach. Sacré en 2021 avec les Lakers, Frank Vogel reprend du service. Il va devoir prendre ses marques et développer un système qui fonctionne au sein d’une formation construite de toutes pièces en moins de six mois. Les talents sont nombreux, oui, mais la tâche est colossale et les enjeux monstrueux. Matt Ishbia est venu pour gagner et il est pressé.
Les Celtics 2008 comme modèles ?
Les Suns vont pourtant avoir besoin de temps pour trouver leurs repères sur le terrain. Faire cohabiter trois joueurs comme Booker, Durant et Beal n’est jamais une tâche aisée. Déjà pour le fameux adage "un seul ballon", bien sûr, mais aussi parce que ça implique une gestion des egos. Kyrie Irving, James Harden et ce même KD ont été excellents mais ils n’ont finalement joué que 16 matches ensemble à Brooklyn. Les exemples de "super teams" qui se cassent la figure sont plus nombreux que ceux où elles vont au bout.
Surtout que les dernières finales NBA ont montré que les meilleures équipes sont aussi celles qui disposent du collectif le plus abouti autour de leurs superstars. Pour Phoenix, l’objectif, c’est peut-être le Boston de 2008 : les Celtics ont fini champions quelques mois après avoir fait venir Kevin Garnett et Ray Allen, venus rejoindre Paul Pierce dans le Massachusetts. Les Suns peuvent-ils reproduire le même exploit ?
Boston pouvait tout de même compter sur un gestionnaire d’exception, certes jeune à l’époque, en la personne de Rajon Rondo. Là, Beal, Booker et Durant vont devoir se partager la création. Le renfort de Nurkic, l’un des meilleurs poseurs d’écran de la ligue, sera un vrai bonus pour jouer des pick-and-roll. Le jeu des Suns sera simple. Il reposera essentiellement sur le schéma le plus traditionnel du basket et sur de l’isolation des stars. Il sera simple mais il sera vraisemblablement très efficace en attaque puisque chacun des meilleurs joueurs de Phoenix sont des scoreurs d’exception.
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Garnett, Pierce, Allen
Crédit: Getty Images
Il faudra plus que ça pour rafler le jackpot. Kevin Durant peut-il, à 35 ans, être à la fois la première option par moments, la deuxième option qui évolue sans le ballon à la Dwyane Wade à d’autres, le tout en étant aussi constamment la troisième option, c’est-à-dire celle qui se sacrifie pour combler toutes les brèches en défense, aux rebonds, etc. Peut-il être LeBron James et Kevin Garnett en même temps ?
C’est une tâche particulièrement compliquée après autant de pépins physiques au cours des dernières saisons. Mais la présence de Booker et Beal devrait au moins le décharger d’une certaine pression en saison régulière et l’aider à arriver frais en playoffs. C’est à ce moment-là qu’il faudra jauger les Suns. Pas avant. Phoenix a tout fait pour être en position de gagner le premier titre de son Histoire. Les dés sont jetés, faîtes vos jeux.
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