NBA - Qu'importe les moqueries, Rudy Gobert est redevenu une référence

Si on se concentre beaucoup sur Victor Wembanyama, le numéro 1 de la dernière draft n'est pas le seul Français à faire parler de lui dans la grande Ligue. Rudy Gobert n'est pas en reste, et pour diverses raisons. Parfois moqué par les observateurs et certains joueurs, le pivot tricolore a retrouvé son impact et contribue largement à l'excellent début de saison des Wolves.

Rudy Gobert (Minnesota Timberwolves) a brillé contre Orlando

Crédit: Getty Images

Il fait souvent le buzz pour de mauvaises raisons. Dimanche, une vidéo de Russell Westbrook qui se moquait de lui pour des air-ball aux lancer-francs a fait la joie des réseaux sociaux. Au début de saison, il s'était aussi retrouvé l'acteur malheureux du pétage de plombs de Draymond Green. Le genre de péripéties qui rythment malheureusement la carrière NBA de Rudy Gobert. Mais il est injuste de ne parler du pivot tricolore que dans ces moments-là. Notamment cette saison alors que l'ancien Choletais signe un exercice de haut vol.
Souvent critiqué par les observateurs et dans le viseur de ses adversaires pour diverses raisons ces dernières années, Gobert est redevenu le Gobert de ses belles années à Utah. Un coéquipier précieux et surtout un défenseur d'exception. Après une année pour s'acclimater à sa nouvelle franchise ou encore à sa relation singulière avec Karl-Anthony Towns, il s'éclate à nouveau. Et pèse surtout de tout son poids. "Il est plus à l'aise, plus heureux, mieux installé et plus en paix", résumait en décembre son coach Chris Finch pour The Athletic. "Et cette année, il est déterminé à redevenir le joueur qu'il était. Et à prouver à tout le monde qu'il méritait d'être échangé".
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Rudy Gobert (Minnesota Timberwolves), dominant face aux San Antonio Spurs de Victor Wembanyama

Crédit: Getty Images

Si ses statistiques ne sont pas forcément beaucoup plus ronflantes (13.1 pts, 12.3 rbds et 2.1 contres cette saison contre 13.4 pts, 11.6 rbds, 1.4 contre en 2022-2023), son impact est lui plus flagrant. Si Minnesota est passé de la 18e défense à la meilleure de la Ligue durant cet exercice 2023-2024, ce n'est pas un hasard. Plus présent sous les cercles comme en témoignent l'augmentation de ses moyennes aux rebonds et aux contres, Gobert est redevenu cette menace qui fait peur et force ses adversaires à changer leurs options ou leurs tirs avec sa science de la défense. "Il a été excellent ce soir. Il contrait même les tirs à mi-distance", saluait encore Anthony Edwards dimanche soir.
Dans son sillage et comme un symbole de son leadership, Edwards et les autres Wolves ont haussé le ton pour fermer l'accès au cercle. Et la métamorphose défensive de la formation de Minneapolis se retrouve au cœur de l'excellent début de saison des Timberwolves, ces derniers présentant le meilleur bilan de la Conférence Ouest. "Je pense que Rudy nous apporte quelque chose que peu de grands joueurs ou même d'ailiers peuvent faire", a salué son ancien partenaire au Jazz Mike Conley, dont l'arrivée à Minnesota lui fait un bien fou. "Il peut prendre le contrôle d'un match et empêcher les équipes d'accéder à la raquette."

Edwards : "C'est le défenseur de l’année, sans aucun doute"

Enfin à la hauteur des attentes dans son secteur de prédilection – la défense -, Gobert s'épanouit. Et tout le monde dans le Minnesota loue son influence et son apport alors qu'il se montre aussi précieux par ses écrans en attaque. Même son association atypique dans cette NBA avec Karl-Anthony Towns séduit aujourd’hui. Tant critiqués la saison passée alors que la NBA a pris le virage du small ball depuis quelques années, les deux joueurs 2m13 et 2m15 ont trouvé leurs marques. Ils ne se marchent plus sur les pieds. Au point que leur duo est devenu un des maillons forts des Wolves. Et va intriguer à l'approche des playoffs. "C'est une association unique, a salué Gobert samedi. Dans ce championnat beaucoup d'équipes composent avec des egos. Je pense que nous sommes tous les deux à un moment de notre carrière où rien d'autre ne compte que la victoire."
Redevenu un joueur impactant et bien dans son environnement, Gobert se remet ainsi à viser haut. Si les Wolves poursuivent leur progression, il pourrait se remettre à rêver de ce trophée Larry O'Brien qui le fait tant saliver. Et à ce rythme en fin de saison régulière, il va se retrouver encore dans les discussions pour le titre de meilleur défenseur de l'année. "C'est le défenseur de l’année, sans aucun doute", a même d'ores et déjà annoncé son coéquipier Anthony Edwards dimanche soir. Or en cas de nouveau trophée, il égalerait le record de Dikembe Mutombo et Ben Wallace, sacrés à quatre reprises. De quoi faire taire encore une fois les mauvaises langues qui aiment se moquer de lui.
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