NBA - Victor Wembanyama, trop maladroit ? Pas de panique !

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Victor Wembanyama connait des nuits sans au shoot depuis son arrivée en NBA. Lors de ses onze premiers matches, le géant tricolore ne tourne qu'à 43,2% de réussite aux tirs, malgré quelques cartons. Une adresse ciblée par ses détracteurs. Mais cela s'explique facilement et il n'y a même pas de raison de tirer la sonnette d'alarme à l’heure actuelle.

📸 Wembanyama, un géant en photos

Video credit: Eurosport

"Surcôté, surcôté" ! Certains supporters des Knicks se sont permis de le chambrer lors de son passage manqué au Madison Square Garden face aux Knicks. Son 4 sur 14 au tir ce soir-là, soit 28.6% de réussite, a fait le bonheur de l'exigeant public new-yorkais. Depuis, il y a eu d'autres soirs sans. Mardi, il a ainsi fini avec un piteux 4 sur 15 face au Thunder (26,7%). Et deux jours avant, sa feuille de stats affichait un médiocre 8 sur 22 contre le Heat (36,4%).
Avec son pourcentage au tir de 43.2% de réussite depuis ses débuts en NBA malgré ses cartons face à Phoenix (15 sur 26, soit 57,7%) et Minnesota (12 sur 21, soit 57,1%), Victor Wembanyama se retrouve régulièrement pointé du doigt pour son adresse défaillante. C'est l'un des points noirs de son début de saison dans la grande Ligue avec ses ballons perdus (3.9 par match) après onze rencontres.
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Victor Wembanyama au tir devant Bam Adebayo (San Antonio-Miami)

Crédit: Getty Images

43,2% de réussite

Alors trop maladroit, Victor Wembanyama ? Il a ses nuits sans, comme nombre de joueurs. Mais le constat est un peu trop rapide. S'il passe souvent à côté aux shoots, il y a des raisons à cela. Et puis 43,2% de réussite ce n'est pas non plus catastrophique étant donné son jeu. C'est certes assez bas pour un garçon de 2m24, alors que les joueurs avec ses dimensions tournent souvent à plus 50% de réussite, voire plus. Mais l'ancien prodige de Nanterre n'est pas un grand comme les autres.
On le répète suffisamment pour ne pas avoir à insister là-dessus tant c'est qui le rend si unique : Wembanyama est un géant qui ne joue pas comme les autres. Si délié pour sa taille, il aime prendre des shoots de loin et ne se contente pas de rester sous le cercle pour mettre des dunks. Forcément, son adresse s'en ressent. Malgré son exercice fantastique en Pro A avec Boulogne-Levallois la saison passée, il ne tournait ainsi qu'à 47% de réussite aux tirs. Ce qui est beaucoup mieux bien sûr que ce qu'il fait en NBA. Mais là, il a passé un nouveau cap. Et doit apprendre à vivre dans ce nouveau monde. Ce qui n’est pas forcément évident.
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Victor Wembanyama

Crédit: Eurosport

Certaines équipes NBA ont trouvé la recette : "Il faut être agressif et physique avec lui"

Annoncé depuis des mois comme un "alien", Wembanyama doit se coltiner un traitement spécial pour ses premiers pas dans la Ligue. Toutes les équipes l'attendent avec impatience, les joueurs sont concentrés sur lui et il est évidemment ciblé avec des prises à deux ou des défenseurs en mission. Et comme l'avait fait l'ASVEL par exemple la saison passée en plaçant Charles Kahudi sur lui, les franchises adverses n'hésitent pas à mettre des joueurs plus petits mais plus mobiles ou plus aléthiques sur lui. Pour l'impacter physiquement.
Face aux Rockets, Dillon Brooks (1m98) s'était ainsi chargé de lui par séquences. Et contre Indiana, c'est Obi Toppin, de 2m06, qui a été missionné sur Wemby avec une certaine réussite (13 pts à 3 sur 12 au tir, soit 25%). "Il est vraiment grand, mais être physique avec lui, c'est la seule chose que l'on puisse faire", a déclaré l'ailier-fort des Pacers après le match pour USA Today. Même son de cloche avec Robert Covington, qui s'est occupé du Français quand il était encore aux Clippers en début de saison : "Il faut être agressif et physique avec lui", avait résumé l'ailier de 2m01 sur NBA.com. "On a essayé de lui rendre la vie plus difficile. De s'assurer qu'il n'était pas dans sa zone de confort", a complété Tyronn Lue, le coach des Clippers.
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Comme toute son équipe des Spurs de San Antonio, Victor Wembanyama a souffert lundi soir face aux Indiana Pacers

Crédit: Getty Images

Les Spurs ne l'aident pas forcément

La première raison de l'adresse en berne de l'international tricolore tout comme pour ses pertes de balles est bien là: l'impact physique qu'il subit. "Tout le monde va être physique avec lui, essayer de le déséquilibrer et il doit s'y habituer", a reconnu ces derniers jours Gregg Popovich, l'entraîneur des Spurs. "C'est probablement la plus grande différence pour lui".
Pour ne rien arranger, Victor Wembanyama découvre aussi le grande monde NBA dans une équipe en reconstruction. L'une des pires de la Ligue la saison passée. Et les Spurs ne pratiquent pas vraiment un basket apte à le mettre dans les meilleures conditions actuellement. Le ballon ne bouge pas de manière optimale alors que Gregg Popovich expérimente de temps en temps Jeremy Sochan à la mène, lui qui est un… ailier-fort. Wemby n'est alors pas toujours servi dans les meilleures conditions. "Dès qu'il est d'un côté, les Spurs jouent de l'autre", remarquait ainsi mercredi Frédéric Weis, consultant Bein Sport sur NBA Extra.
Des Spurs qui se contentent en plus pour le moment du strict minimum en termes de coaching avec leur numéro 1 de draft. "Nous sommes dans une phase d'observation", a avoué cette semaine Gregg Popovich. "Il fait des choses vraiment spéciales. Il fait d'autres choses que je ne veux pas qu'il fasse. Mais je vais lui dire très peu de choses pour l'instant parce que je dois apprendre où il se sent le plus à l'aise. Où il a le plus d'impact, tant sur le plan défensif qu'offensif". Ce qui peut aussi expliquer une sélection de tirs parfois approximative du Français.

Durant, LeBron ou Embiid sont aussi passés par là

Les raisons sont donc multiples. Et il n'y a pas de quoi tirer la sonnette d'alarme pour le moment. Surtout que c’est un processus classique pour un rookie. Lors de sa première saison en NBA, Kevin Durant ne tournait qu'à 43% de réussite aux tirs avant de passer à 47,6 la saison suivante et de tourner maintenant à plus de 51,4%. Joël Embiid avait lui aussi aligné son pire pourcentage d'adresse lors de sa première saison NBA (46,6% contre 54,8% la saison passée par exemple).
Même son de cloche pour LeBron James avec 41,7% durant sa saison 2003-2004, lui qui tourne à 50,5% en carrière. "Vous avez un rookie de 19 ans qui découvre la NBA. Il y a apprentissage obligatoire", résume Gregg Popovich. "Offensivement, je ne m'inquiète pas vraiment. Il peut obtenir tous les tirs qu'il veut. Il a une certaine fluidité et un feeling qui sont rares pour sa taille", conclut un scout NBA pour The Athletic. En clair, Wemby est juste en train de prendre le pli de la NBA.
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