Victor Wembanyama déçoit un peu aux San Antonio Spurs... et alors ?

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Non, les débuts de Victor Wembanyama en NBA n'ont pas été fracassants. Ils n'ont pas été totalement décevants non plus mais ils ont rappelé quelle marche il faut franchir pour briller dans cette ligue. Même avec ses mensurations, même avec son talent, le Français de 19 ans, a énormément de choses à apprendre. Et pour son plus grand bonheur, les Spurs sont prêts à lui laisser le temps de grandir.

Gregg Popovich et Victor Wembanyama (San Antonio Spurs)

Crédit: Imago

Quatre matches, c'est bien peu dans une carrière NBA. Avisez que dans la nuit de mercredi à jeudi, LeBron James a disputé le 1 426e de sa carrière en passant 35 points aux voisins des Clippers. Rien ne dit que Victor Wembanyama sera capable des mêmes performances dans vingt ans, rien ne dit non plus qu'il n'en sera pas capable. Quatre matches dans la grande ligue ne permettent jamais de dégager une tendance. En revanche, beaucoup d'indices permettent de confirmer ce que l'on avait imaginé : à San Antonio, "Wemby" est bel et bien tombé au bon endroit.
Puisqu'elles font la pluie et le beau temps en NBA, voici les statistiques moyennes du numéro un de la draft le plus attendu depuis LeBron James, il y a deux décennies : 16,3 points, 7,5 rebonds, 2,3 contres et 1,5 interception à 46% aux tirs dont 26,3% à trois-points. Des chiffres qui, s'ils devaient être ceux de sa première saison NBA, décevraient une partie des suiveurs pour leur caractère très banal pour un joueur déjà considéré comme exceptionnel.

Commencer fort n'est pas toujours une bonne chose

Ce bilan, il sera fait à la mi-avril et les débuts des rookies n'ont jamais été des bons indicateurs pour la suite. Rappelez-vous Michael Carter-Williams, son premier match à 22 points, 7 rebonds, 12 passes et 9 interceptions pour les Sixers en octobre 2010 et notez que sa carrière périclite sérieusement depuis… 2016. Cette performance avait agi comme un poison pour "MCW" qui avait là posé des standards impossibles à assumer. Wembanyama, parce qu'il n'a pas encore tout cartonné, a déjà évité ça. Mieux, il fait des erreurs et personne à San Antonio ne lui en tient rigueur.
En ce début de semaine, Gregg Popovich a donné une interview aux médias internationaux, dont France Info et L'Equipe. Le manitou des Spurs a livré sa vision de son nouveau projet, celui qu'il va façonner comme il a fait de Tim Duncan, Manu Ginobili ou Tony Parker, les joueurs qu'ils furent. "Il comprend qui il est, est bien dans sa peau, il réalise à quel point la hype qui l'entoure est démesurée et doit être ignorée, dit le coach de San Antonio. Le talent est une chose. Mais il faut travailler et canaliser ce qu'il se passe autour."
Apprendre à gérer les immenses attentes autour de lui est l'une des clés pour la suite de la carrière de Victor Wembanyama. L'autre sera peut-être de comprendre quel joueur il pourra être. Popovich toujours : "On doit déterminer ce que son jeu doit devenir. [...] Pour le moment, nous sommes en mode observation. On ne sait pas vraiment ce que son jeu sera. Quatre matches, c'est un aperçu encore limité."

Popovich, mentor parfait

Certains observateurs aux Etats-Unis regrettent que Wembanyama, haut de 2,24m, évolue trop loin du panier. Du côté des Spurs, on l'encourage au contraire. "Il s'agit de voir dans quelles zones, quelle position il est à l'aise, le plus efficace, détaille Popovich. Un joueur dos au panier ? Un arrière ? Un shooteur ? Seul le temps donnera des éléments sur la manière pour lui d'apporter la plus grosse contribution à l'équipe." Précisément parce qu'on ne lui met que peu de limites du côté de San Antonio, on évite que les critiques pleuvent sur le joueur.
Comment être difficile avec Wembanyama si Popovich lui-même accepte ce qu'il voit depuis quatre matches, s'il assume prendre son temps et que son joyau nécessite encore un sacré polissage. Franchise qui fonctionne bien, sans avoir besoin de résultats, les Spurs protègent leurs joueurs. On ne doute pas que "Pop" saura être dur avec "Wemby" mais il sait qu'en public l'heure n'est pas à la critique facile, ni à des attentes démesurées pour un gamin qui découvre le grand monde.
S'il fut si heureux d'atterrir à San Antonio, c'est peut-être, aussi, parce que Wembanyama savait qu'il y aurait plus de temps pour grandir. Une carrière NBA n'est évidemment pas un sprint mais un sacré marathon et d'autres, très talentueux, se sont très vite brûlés les ailes.
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