Victor Wembanyama (San Antonio Spurs), entame ratée, vraiment ?
Eurosport sur GoogleMoins dominant qu'en fin de saison dernière, Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) est un peu en dessous de ses standards depuis bientôt trois semaines et la reprise NBA. Le début de saison de son équipe est correct avec 4 victoires et 5 défaites mais individuellement, le Français brille moins qu'avant. On pourrait même dire qu'il déçoit en attaque.
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L'ouragan attendu du côté des Etats-Unis ne frappe finalement pas. Si l'actualité américaine traverse l'Atlantique pour irriguer les médias français, les performances de Victor Wembanyama tardent à dépasser les attentes. Pire, l'intérieur des San Antonio Spurs présente des statistiques en baisse par rapport à la saison dernière. L'échantillon (9 matches) reste faible et s'il ne faut pas tirer de conclusions trop définitives, on peut tout de même noter une légère pointe de déception en ce début de saison.
De 21,4 points, le Français est descendu à 17,7, de 10,6 rebonds, il a "chuté" à 9,6 et de 3,9 passes, il est retombé à 2,7. Seul son nombre de contres, sur lequel nous reviendrons, est en hausse (de 3,6 à 3,9). Pour être tout à fait complet, on rappellera qu'au bout de 9 rencontres, il affichait, en novembre 2023, des chiffres sensiblement égaux à ceux de cette année (18,8 pts, 8,5 rebonds, 1,8 passe et 2,4 contres). Le problème se situe en vérité ailleurs.
Des pourcentages franchement médiocres
A ce moment-là de la saison, et alors qu'il découvrait complètement l'univers NBA, Wembanyama tournait à 44,1% au tir dont 29,3% à 3 points. Ses moyennes cette saison ? 41,3% et 22,6 % de loin. Son tir, et plus globalement ses choix, voilà ce que l'on peut reprocher au numéro 1 des Spurs. Il lui a fallu un moment la saison dernière pour appréhender ce nouveau monde, son rythme, ses codes. On disait alors que Wembanyama évoluait dans une attaque dysfonctionnelle où il devait tout faire. Ce n'est plus le cas cette saison, grâce à l'apport de Chris Paul et celui un peu plus sous-estimé d'Harrison Barnes, pourtant il patine.
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En attaque, le jeu de Victor Wembanyama a un peu évolué, sans que l'on sache si ce sera une tendance pérenne cette saison ou un épiphénomène qui s'ajustera. En 2023/2024, 66,8% de ses shoots étaient à deux points contre seulement 55,2% depuis la reprise. Le Français est moins proche du cercle et il artille plus de loin, parfois en première intention. Des tirs difficiles qu'il est capable de réussir mais…
Wembanyama ne s'inquiète pas
Ce sont les choix du Français qui crispent les observateurs par moment, d'autant qu'il rentre plus de shoots qui ne font pas suite à une passe, des tirs qu'il se crée donc lui-même en dehors du jeu collectif. Que Victor Wembanyama tire plus à 3 points est un problème en soi tant sa taille est une arme létale à trois mètres ou moins du panier. Il a été encouragé en cela par un Gregg Popovich qui voit en lui un joueur de "périmètre" mais, à titre de comparaison, Kevin Durant prend 61,9% de ses tirs à deux points cette saison… Le Français ne s'inquiète pas, préférant se concentrer sur les tirs "qu'il doit prendre" et qui "finiront pas rentrer".
"Les défenses sont préparées, observait également Draymond Green dans son podcast récemment. Il y a des plans de jeu conçus pour vous arrêter, vous devez vous y adapter." Ce que certains avaient déjà tenté la saison dernière, à savoir faire défendre un joueur autour des 2 mètres mais très costaud au sol sur le Français semble fonctionner. Houston l'a fait avec Dillon Brooks et les Clippers, par intermittence, avec James Harden. Wembanyama cherche la parade et plus globalement retrouver son énergie. S'il ne semble pas complètement vidé, et heureusement, le joueur des Spurs paraît tout de même manquer de grinta, d'un peu de ce souffle qui le faisait être partout sur le terrain.
Toujours un monstre défensif
A l'inverse à l'opposé, sa seule présence suffit encore plus à rendre la défense de San Antonio effrayante. Avec 3,9 contres de moyenne, il mène la NBA et de la 21e place en défense la saison dernière, les Spurs sont passés à la 11e au rating (le nombre de points encaissés sur 100 possessions, le chiffre admis comme le plus précis pour juger une défense, ndlr) tout en étant l'équipe qui encaisse le moins de points par match (104,7). Deux fois seulement (en 9 matches), les Texans ont laissé leurs rivaux dépasser les 120 points quand ceci arrivait près d'un match sur deux en 2023/2024.
On a déjà revu les mêmes images que l'an dernier, certains joueurs refusant des tirs et même des double-pas en voyant Victor Wembanyama face à eux. Désormais fixé au poste de pivot, le Français permet à ses partenaires d'être extrêmement agressifs sur le porteur de balle en intervenant en deuxième rideau mais aussi en aide avec une combinaison d'envergure et de mobilité jamais vue en NBA.
En défense, les Spurs semblent avoir trouvé des solutions pour profiter au maximum de ses immenses qualités. Reste à gagner de la fluidité en attaque pour retrouver un Wembanyama efficace même si après tout le bilan des Spurs est correct jusque-là avec 4 victoires en 9 rencontres quand il avait fallu attendre la mi-décembre et le 24e match la saison dernière. Sans doute le Français s'était-il aussi mis un peu trop de pression à l'orée d'une deuxième saison attendue comme extraordinaire.
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