"Pas plus important que de gagner en benjamins" : Victor Wembanyama ou l’art de dompter la pression

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Les Spurs avaient grand besoin d'un Victor Wembanyama brillant pour revenir au niveau du Thunder d'Oklahoma City dans ce match 6 (118-91). Au bord du gouffre, le Français a plus que répondu présent, comme son équipe, pour s'offrir un rendez-vous avec l'histoire dans le match 7, samedi. "Dos au mur", "Wemby" a su rester dans l'instant présent pour mieux jouer relâché. Vous avez dit pression ?

Victor Wembanyama lors du match 6 face au Thunder.

Crédit: Imago

Il fallait bien que quelqu'un donne le ton. Du trou d'air du match 5 est né un autre Victor Wembanyama. Plus tranchant, plus adroit, écœurant de facilité, parfois. Parce qu'au bord de l'élimination, il fallait à tout prix le soumettre à nouveau, ce fichu cercle orange, qui avait repoussé chacun de ses ballons à trois points du match précédent. Face au Thunder, dans ce match 6 à l'enjeu démentiel, Victor Wembanyama n'a eu besoin que de 55 courtes secondes pour rassurer son monde. 3-2. Stephon Castle le sert. "Wemby" ajuste. 6-2. Quinze secondes plus tard, Jared McCain est lancé de l'autre côté. Il s'élève, Wemby aussi, et le contre. Les Spurs repartent de l'avant. Castle, pas attaqué, trouve son pivot. Wembanyama saute, tire. De loin, très loin : trois points. 9-2. Et bienvenue à San Antonio.
Jeudi soir, Wembanyama est redevenu la machine à double-double si précieuse aux Spurs, avec 28 points, 10 rebonds et 3 contres. Impérial, en attaque comme en défense, à l'image d'une adresse plus conforme à ses standards (48% au tir, contre 27% lors du match 5). Wembanyama, comme l'ensemble de son équipe, est allé puiser dans ses ressources pour retrouver le succès (118-91) et s'offrir un match 7 qui s'annonce épique, samedi soir, en Oklahoma. 
Peu importe l'enjeu et l'image qu'il peut donner
Victor Wembanyama a en lui ce "désir d'être à la hauteur du moment", dixit Mitch Johnson, son entraîneur, après la rencontre, qui peut remercier son géant d'avoir retardé ses vacances. "Il n'est pas toujours parfait, et on doit l'aider parfois, bien sûr. Il n'a que 22 ans mais sa passion et son désir d'être là où il est, au-devant de tout le monde, et de prendre la responsabilité, d'assumer le poids de ce qu'il fait… Je ne sais pas quoi dire d'autre."
Ce qui impressionne le plus Johnson, chez "Wemby", reste que, malgré le tourbillon, les attentes, y compris dans le jeu des Spurs qu'il doit porter sur ses épaules, son joueur reste "à l'aise avec tout ça, peu importe l'enjeu et l'image qu'il peut donner. Et c'est peut-être son principal chemin cette année : ne pas chercher à être parfait, mais être là dans l'instant présent, et assumer les conséquences."
Présent en conférence de presse cette fois, après l'avoir snobée au sortir du match précédent, Victor Wembanyama y a détaillé combien le fait d'être "dos au mur" lui avait presque permis de jouer relâché. Ce, alors qu'OKC tenait sa première balle de finale. "C'est comme si toutes les petites erreurs que l'on fait, qui sont dans la nature humaine, s'effaçaient, a-t-il décrit. Que ce soit celles de la saison régulière ou des matches précédents. On doit juste se battre pour revenir. Et quand on a le dos au mur, c'est la meilleure situation pour le faire."

Après les claques, les Spurs ne tendent pas l'autre joue

Au bord du gouffre, les Spurs ont répondu, et se sont même offerts une certaine marge sur l'adversaire qui les avait croqués deux jours plus tôt. Avec un joli coup d'accélérateur dans le troisième quart-temps, remporté 32 à 13 par un San Antonio dopé aux performances, aussi, de Dylan Harper (18 points, dont 6 dans le 3ᵉ quart) et Stephon Castle (17 points, dont 7 dans le 3e quart). Le symbole d'une équipe revancharde qui, lorsqu'elle a été vaincue de plus de cinq points cette saison, a pratiquement toujours su rebondir (10 victoires, 3 défaites).
Ce genre de succès s'extirpe des tripes. Peu importe le nombre de paires d'yeux braquées sur soi, ou le poids d'une grande histoire qui s'écrit petit à petit. "Aujourd'hui, gagner en NBA, ce n'est pas plus important pour moi que de gagner en benjamins région à l'époque" riait "Wemby" après le match. Il faut bien la trouver quelque part, son expérience, quand on découvre les play-offs. Et que l'on fixe le champion en titre droit dans les yeux.
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