San Antonio Spurs vs New York Knicks : Les grandes clés qui vont décider les finales NBA
Par Antoine Pimmel
Mis à jour 03/06/2026 à 20:24 GMT+2
Les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama et les New York Knicks se retrouvent en finales NBA. Une affiche qui s’annonce intéressante et très disputée. Un remake de la finale de la NBA Cup remportée par la franchise de Manhattan en décembre dernier. Voici cinq points clefs qui vont décider du sort des Finales NBA.
Victor Wembanyama avec les Spurs face aux Knicks de New York
Crédit: AFP
Pour la huitième année de suite, la NBA couronnera un nouveau champion. Le choc entre les Spurs et les Knicks rappellera des souvenirs aux plus nostalgiques puisque c’est un remake des finales 99. L’année du tout premier sacre de San Antonio, guidé alors par un phénomène de 22 ans nommé Tim Duncan. L’histoire se répétera peut-être, avec désormais Victor Wembanyama aux manettes pour assurer la transmission d’une franchise titrée quatre fois de plus entre temps. Le cinquième plus petit marché de la ligue au passé dynastique rencontre donc le mythique club new-yorkais qui attend son retour au sommet depuis… 1973. C’est dire le poids de l’héritage porté par Jalen Brunson, dont le père jouait pour les Knicks en 1999 (et aujourd’hui assistant coach de Mike Brown), et ses coéquipiers.
Ces derniers ne sont pas nécessairement les favoris des bookmakers, qui donnent un léger avantage aux Spurs, mais ils ont des raisons d’attaquer cette série avec la conviction qu’ils peuvent l’emporter. Notamment parce qu’ils sont les seuls, avec les Warriors, à avoir battu les éperons à deux reprises pendant la saison régulière. Cette affiche est aussi une revanche de la finale de la dernière NBA Cup, remportée par Brunson et les siens à Las Vegas. L’un des deux succès décrochés en trois matches contre Wembanyama et sa bande, même si celui-ci n’a pas été officiellement comptabilisé. Mais il donne tout de même des indices sur comment ces deux formations peuvent se comporter quand elles s’affrontent avec un trophée à la clé.
Elles ont cependant bien évolué depuis. Deux des trois rencontres ayant été disputées en décembre. Leurs dernières retrouvailles remontent à début mars, quand les Knicks ont mis fin à une série de 11 victoires de suite des Spurs. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de chaque camp : leur évolution tout au long de cette campagne de playoffs pour finalement se retrouver à quatre victoires de la récompense ultime en NBA. Le jeune groupe de San Antonio a grandi en affrontant une adversité accrue tour après tour jusqu’à faire tomber le Thunder champion en titre. Celui de New York s’est réinventé après un départ poussif contre Atlanta pour enchaîner 11 succès de rang avec un écart moyen de +23,2 points. Du jamais vu.
Qui pour défendre sur Wembanyama ?
C’est la grande question que chaque coach, chaque staff et chaque équipe se posent avant de défier les Spurs. Le Français n’est pas surnommé "l’Alien" par hasard. Parce que ce qu’il fait sur un terrain de basket relève parfois de l’extraordinaire. Il est un facteur différent de ce que toutes les autres franchises peuvent proposer. Même s’il ne domine pas toujours outrageusement en attaque, sa simple présence force ses adversaires à s’adapter.
La tâche devrait d’abord être confiée à Karl-Anthony Towns. L’intérieur All-Star est suffisamment long et puissant pour au moins gêner le natif du Chesnay et il n’est pas le moins mobile des grands de cette ligue. Ses progrès en défense ces dernières saisons sont d’ailleurs significatifs. Surtout quand il est responsabilisé et envoyé en mission. Son rôle lui tient à cœur. Il avait brillé contre Nikola Jokic lors de l’exploit des Timberwolves face aux Nuggets en 2024. Il s’en est aussi bien sorti contre Joel Embiid au second tour contre Philadelphie, quelques semaines en arrière. Le problème avec KAT, c’est la discipline. Il peut avoir tendance à s’éparpiller ou vouloir trop en faire. Et donc à prendre des fautes trop rapidement, trop facilement. Il ne peut pas se le permettre. Il est trop important offensivement pour se retrouver scotché sur le banc.
Les Knicks vont sans doute aussi tester OG Anunoby. Les statistiques plaident même en sa faveur puisque, sur les joueurs qui ont défendu au moins 100 fois sur Wembanyama depuis son arrivée en NBA, il est celui qui a encaissé le moins de points. Mais les chiffres sont en partie faussés par le fait que la star des Spurs n’a cessé de progresser. Il sait désormais punir de plus en plus régulièrement les équipes qui osent lui coller un défenseur plus petit. Le Thunder, par exemple, ne l’a fait réellement que durant le Match 1, où Alex Caruso et Lu Dort ou Jalen Williams se sont relayés sur le natif du Chesnay, auteur de 41 points ce soir-là. C’est ensuite Isaiah Hartenstein qui s’en est chargé quasiment tout le reste de la série.
Anunoby est plus grand que Caruso et Williams et il est sans doute aussi plus solide. C’est intéressant de souligner qu’il était en charge du Français lors du seul match gagné par San Antonio (134-132) contre New York le 31 décembre dernier. Wembanyama avait inscrit 32 points à 10 sur 12 aux tirs en seulement 24 minutes. Towns s’était alors décalé sur Harrison Barnes. Mais ce dernier n’est plus dans le cinq majeur. Devin Vassell et Julian Champagnie n’hésiteront pas à agresser le pivot des Knicks en dribble, comme ils l’ont fait devant Chet Holmgren, si jamais il venait à défendre sur eux. D’ailleurs, lors du dernier duel en mars, KAT était resté sur Wembanyama et New York l’avait emporté assez nettement.
Towns est la clé de la série pour les Knicks
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus mais pas seulement. Parce qu’en attaque aussi, son rôle est primordial. Victor Wembanyama va encore une fois rôder dans la raquette, presque comme s’il était déployé en zone, pour venir fermer toute tentative d’accès au cercle. Mais pour se faire, il se doit donc d’abandonner son vis-à-vis. En l’occurrence probablement Josh Hart sur cette série, si New York conserve son cinq majeur habituel tout du long. Il le laissera le champ libre à l’ailier des Knicks pour tirer de loin (30% de réussite à trois-points sur ces playoffs), comme le faisait Jarrett Allen au tour précédent.
Ça signifie donc qu’un joueur comme Champagnie ou Vassell devra défendre sur Towns. Et le Dominicain n’est pas Holmgren. Les extérieurs des Spurs n’avaient pas peur du jeune intérieur du Thunder mais ils vont devoir affronter un grand beaucoup plus robuste et plus complet offensivement parlant. KAT peut les transpercer en force sur ses pénétrations. Ou les dominer dessous. Si Wembanyama vient en aide, il a prouvé lors des séries précédentes qu’il est un playmaker en nette progression, avec 6 passes de moyenne sur ces playoffs. Il sait faire les bonnes lectures et servir le shooteur qui sera démarqué ou celui qui coupe dans le dos.
Les Spurs risquent d’être bien embêtés si Towns tient son rang. Surtout que si Hart met ses tirs et que Wembanyama défend finalement sur son match-up au poste cinq, la star des Knicks est suffisamment adroite de loin pour sortir le géant de la raquette et ainsi ouvrir des lignes de drives aux Jalen Brunson, Mikal Bridges et compagnie. Une grande partie des espoirs new-yorkais reposent donc sur les épaules d’un joueur souvent pointé du doigt pour ses errances et parfois même sa nonchalance. Mais il semble plus épanoui que jamais depuis qu’il est pleinement intégré dans le jeu des Knicks avec un rôle crucial et bien établi. Il peut faire pencher la balance en faveur de son équipe.
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Karl-Anthony Towns & OG Anunoby
Crédit: Imago
La bataille primordiale des possessions
C’est l’une des clés de n’importe quel match de basket dans cette ère moderne du "pace and space." Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire, la bataille des possessions ? Pour avoir plus d’opportunités que ses adversaires, il faut limiter au maximum les pertes de balle et dominer aux rebonds. Soit en sécurisant le rebond défensif, soit en allant chercher des prises offensives pour avoir des deuxièmes chances. Un joueur excelle dans ce domaine à New York. Il s’agit de Mitchell Robinson. Avec 4,2 rebonds offensifs de moyenne par match en saison régulière, le tout en moins de 20 minutes de jeu, le pivot est devenu la référence en NBA.
Sauf que… Robinson s’est cassé le petit doigt de la main lors des jours de repos qui ont suivis les finales de Conférence. Dans des circonstances encore inconnues aujourd’hui. Sa participation à la série est toujours incertaine. Sans lui, les Knicks seront privés d’un atout de taille. Parce que même en ayant un petit temps de jeu, le pivot remplaçants tend à pousser les coaches adverses à bouleverser leur schéma. En mars, par exemple, les Spurs avaient carrément alignés Luke Kornet et Victor Wembanyama simultanément sur le terrain pour essayer de contrer les rebonds offensifs de Robinson en laissant constamment Kornet sur lui.
Les pertes de balle avaient plombé les Spurs ce soir-là (22 au total). La défense new-yorkaise n’est pas aussi forte que celle d’Oklahoma City mais il y a plusieurs stoppeurs (Hart, Anunoby, Bridges). San Antonio a beaucoup progressé dans ce secteur au fur et à mesure de la série contre Oklahoma City. Si Castle et Harper, deux joueurs qui évoluent de match en match à ce stade de leur arrière, confirment qu’ils prennent de plus en plus soin de la gonfle, ça va forcément jouer à l’avantage de la formation texane.
Brunson ne pourra pas chasser son duel avantageux
La stratégie des Knicks était très claire lors de leur comeback héroïque au Match 1 des finales à l’Est contre les Cavaliers. Ils ont constamment cherché à impliquer James Harden en défense et Jalen Brunson l’a agressé possession après possession jusqu’à remonter les 22 points de retard pour finalement gagner en prolongation. Il n’aura pas ce luxe cette fois-ci. San Antonio n’a pas de vrai point faible en défense. C’est d’ailleurs de loin la meilleure équipe défensive affrontée par New York jusqu’à présent.
Les joueurs de Mike Brown forment la meilleure attaque des playoffs (123 points sur 100 possessions) mais ils ont affronté les Hawks, les Sixers et les Cavs, soit respectivement les 10e, 17e et 15e défenses de la ligue cette saison. La marche est beaucoup plus haute. Castle et Harper sont tous les deux plus grands que Brunson. Le premier nommé sort d’un duel direct avec Shai Gilgeous-Alexander et il a fortement contribué à limiter le double-MVP à 40% de réussite aux tirs. Champagnie, Fox et Vassell ne sont pas aussi impactants de ce côté du terrain mais ils peuvent tenir un duel. Le meneur All-Star des Knicks mettra évidemment ses points mais à quel pourcentage ? Un peu moins d’adresse de sa part peut suffire à faire pencher la balance d’un côté.
Le trois-points, toujours aussi important
En parlant d’adresse… une série en 2026 tourne forcément un petit peu autour du tir extérieur. Si Josh Hart ne les rentre pas, Landry Shamet pourrait jouer de grosses minutes. Wembanyama ne peut pas le laisser tirer 8 fois par match. Entre lui (60% à trois-points), Miles McBride (43%), OG Anunoby (48%), Karl-Anthony Towns (49%), les Knicks ont un paquet de snipers. Le nombre de paniers à trois-points inscrits par chaque équipe sera à surveiller de près. Les 6 tirs primés de Champagnie ont fait la différence dans le Game 7 mais les Spurs ont manqué parfois d’adresse durant ces playoffs. Ça peut se payer cash sur ces finales.
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