En une fraction de seconde, il s’est offert une place dans l’histoire du basket français. Voire même du sport français. Nicolas Batum a asséné un contre dont on reparlera sans doute dans plusieurs décennies, cet été au Japon, en demi-finale des JO de Tokyo 2020. L’ailier de 32 ans a évoqué ce "moment ouf" jeudi, sur le plateau du média First Team.
Il a raconté la confiance avec laquelle il abordait la fin de match, face à la Slovénie : "Quand TLC (Timothé Luwawu-Cabarrot) met son 3-pt, on est à +5, avec 56 secondes à jouer. Je dis : ‘eh les gars, un stop et c’est réglé, ils sont cramés.’ On était en train de leur marcher dessus." Puis, place à l’anxiété, lorsque la France a failli dilapider la totalité de son avance.
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Quand Evan Fournier a perdu le ballon sur un passage en force, Batum a cru que les Bleus allaient revivre un calvaire inoubliable. "Oh non, on va faire une France-Grèce (en référence à la demi-finale de l’Euro 2005, NDLR). Pas maintenant ! Je te jure que j’ai pensé à ça, direct"¸ s’amuse-t-il avec le recul. Un panier slovène plus tard, la tension monte d’un cran chez le n°5 des futurs médaillés d'argent.

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"Un contre comme ça, ça fait cinq ans que je n’en ai pas fait"

Mais, paradoxalement, il a retrouvé sa sérénité au moment idoine : "Quand Nando (de Colo) loupe, ils ont la balle (de match) et je ne suis pas stressé." Pourtant, c’est un prodige qui a le destin de son équipe en main : Luka Doncic. Face à lui, Batum assure qu’il est resté flegmatique : "Quand Luka a le ballon, je me dis : ‘relax, ça va être marrant, on a juste à faire un stop, c’est eux qui ont la pression’."
S’il est serein, c’est parce qu’il estime la défense française rodée. Grâce à un petit coup de pouce venu de l’autre côté de l’Atlantique. "Vincent (Collet) a été cool. Il m’a demandé : ‘On peut tricher ? Tu peux appeler les Clippers ?’ Ils m’ont envoyé toutes les défenses que l’on a faites sur ce système en playoffs", révèle le joueur de la franchise de Los Angeles, tombeuse de celle des Dallas Mavericks de Doncic au premier tour des derniers playoffs NBA.
La suite, c’est un "switch" qui fait que "Batman" ne défend plus sur le chef d’orchestre adverse, qui est pris par Rudy Gobert. Mais l’ancien joueur des Hornets reste proche d’eux, prêt à aider son pivot. Doncic passe le ballon à Klemen Prepelic, qui a de l’espace pour foudroyer la France. "Je suis carrément en retard, se remémore le héros français. Je suis quasiment sûr qu’il va tirer… il ne tire pas, il drive. Je coupe sa course et au lieu de viser le joueur, je vise la planche."

De Colo pensait qu’il y avait prolongation

Timing parfait pour un "block" légendaire. Faut-il encore avoir les qualités athlétiques pour le placer. "J’ai retrouvé mes jambes du MSB (Le Mans) et de Rip City (Portland Trail Blazers), décrie Nicolas Batum. Un contre comme ça, ça fait cinq ans que je n’en ai pas fait." Dans la foulée de ce geste décisif, l’explosion de joie est quasiment immédiate pour tout le collectif tricolore… sauf pour Nando de Colo, qui s’octroie un délai avant d’exulter.
Batum explique pourquoi son coéquipier a été long à la détente : "Je vais balancer, parce que sa réaction est marrante. Il est surpris ! Il voit le score (90-89) et il fait : ‘On a gagné !' (…) Il me l’a avoué dans le vestiaire : il croyait qu’il y avait prolongation." Comme souvent, une petite histoire se cache dans la grande. Et celle-ci est savoureuse.

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