Julia Simon après son sacre en Coupe du monde : "J'ai encore du mal à me rendre compte"
Par Laurent Vergne
Publié 18/03/2023 à 19:02 GMT+1
Julia Simon est entrée dans la galaxie des très grandes en remportant pour la première fois le classement général de la Coupe du monde. Cet hiver aura été celui de la métamorphose pour la Française, douée mais victime de sa propre inconstance jusqu'à cette saison. Samedi, elle avait encore du mal à réaliser ce qu'elle vient d'accomplir.
Le sacre pour Simon, la victoire pour Herrmann-Wick
Video credit: Eurosport
"C'est bien de voir le dossard jaune revenir en France." Ce n'est pas Julia Simon, ni même un membre du staff tricolore qui s'est exprimé ainsi samedi après la validation par la numéro un française de son premier gros globe de cristal, mais bien Johannes Boe.
"Ce que j'aime bien chez elle, a poursuivi l'ogre norvégien chez nos confrères de L'Equipe, c'est que l'attaque est son moteur. Quoique portant le maillot jaune, elle attaque. Elle veut la victoire à tout prix. L'attaque est la meilleure défense et c'est pourquoi elle a gagné la Coupe du monde." Julia Simon n'a pas gagné samedi, elle n'était même pas sur le podium du sprint à Oslo-Holmenkollen, mais l'enjeu était ailleurs et le contrat a été rempli avec un nouveau Top 5 (5e). Plus qu'il ne lui en fallait.
En dehors du Top 10 au classement général final ces deux dernières années, la native d'Albertville a effectué un gigantesque bond en avant cet hiver. Elle dont le potentiel était connu de tous mais qui souffrait d'un cruel manque de régularité, notamment au tir couché, est devenue un modèle de constance. C'est là-dessus qu'elle a capitalisé pour aller chercher la consécration suprême du biathlon.
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Julia Simon lors du sprint de Oslo-Holmenkollen.
Crédit: Imago
"Mon objectif, vraiment, c'était d'être plus régulière en Coupe du monde, d'arrêter de faire podium, 60e, podium, 60e...", avait-elle expliqué il y a quelques jours à nos confrères de Nordic Mag. Une fois ce nouveau credo installé, Simon a pu commencer à y croire. "Mais le globe n'a pas été mon objectif jusqu'à fin janvier", assure-t-elle. Elle s'est étonnée elle-même : "Je voyais à l'automne que mon tir se stabilisait, que je tirais de mieux en mieux. Mais je n'aurais jamais pensé être capable de pouvoir tenir ça une saison complète. Je n'aurais jamais pensé pouvoir faire autant de top 6, monter autant de fois sur le podium, j'aurais trouvé ça prétentieux !"
C'est donc elle qui va accompagner Johannes Boe dans le livre d'or de cette saison 2022-2023, et, à chaud, elle avait un peu de mal à s'en convaincre. "J'ai encore du mal à me rendre compte, avoue-t-elle. Je n'ai pas les mots pour le moment. Je suis quelqu'un qui a du mal à laisser aller, je pense qu'il va falloir que la course de demain soit terminée pour me rendre compte que c'est bon, c'est fini, poursuit Simon. Là, ça commence à devenir réel avec tout le monde qui m'en parle."
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Simon, les yeux embués de larmes pendant "sa" Marseillaise
Video credit: Eurosport
18 ans après Bailly
A-t-elle ressenti une forme de stress en cette journée qu'elle savait particulière ? Oui, mais sans se laisser ensevelir : "Il y avait de l'enjeu, bien sûr que j'avais un peu de pression, j'avais les jambes un peu fébriles aujourd'hui, mais j'ai vraiment essayé de me concentrer sur ce que j'avais à faire." Là encore, ce fut une de ses grandes forces tout au long du marathon hivernal et c'est toujours Johannes Boe qui le dit. "Elle arrive à contrôler ses émotions, elle est calme, ce sont des qualités qu'il faut pour gagner la Coupe du monde : vous devez être calme face à n'importe quelle situation", souligne-t-il.
C'est la fin d'une longue disette pour le biathlon féminin français. Sandrine Bailly était la dernière à avoir ramené le gros globe de cristal en France, il y a dix-huit ans. Depuis, la France s'était régalée chez les hommes, avec Martin Fourcade, sacré à sept reprises, puis Quentin Fillon Maillet la saison dernière. Mais du côté de ces dames, l'attente s'est étirée sur près de deux décennies. Julia Simon est la quatrième Tricolore à remporter la Coupe du monde, après Anne Briand et la regrettée Emmanuelle Claret, titrées consécutivement en 1995 et 1996 et, donc, Sandrine Bailly.
A 26 ans, l'ex-grand espoir s'est muée en patronne et elle peut rêver de s'installer dans les prochaines années dans le gotha. Si elle est la trentième biathlète à décrocher le graal, elles ne sont que sept à avoir remporté plusieurs fois le gros globe. C'est dire si, en doublant la mise à l'avenir, elle changerait, encore, de dimension.
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Impériale Simon : son arrivée triomphale
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