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Lenzerheide - Justine Braisaz-Bouchet, l'âge de la maturité : "Elle a un plan, elle le déroule"
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Publié 16/12/2023 à 15:39 GMT+1
Pour la première fois de sa carrière, Justine Braisaz-Bouchet a réalisé le doublé sprint-poursuite samedi, devant sa compatriote Julia Simon à Lenzeheide (Suisse). Au-delà de sa magnifique performance du jour, la Française impressionne par sa sérénité nouvelle à 27 ans. De retour après avoir donné naissance à sa fille en février, elle a changé son approche de son sport et ça change tout.
Braisaz Bouchet : "Ma fille est là, c'est mon facteur chance"
Video credit: Eurosport
Elle a mené sa course de main de maître. En tête de bout en bout – car partie avec 12 secondes d'avance sur Ingrid Tandrevold à la suite de sa première victoire en sprint –, Justine Braisaz-Bouchet n'a jamais douté et encore moins paniqué samedi pour remporter la poursuite de Lenzerheide sans contestation possible devant sa compatriote Julia Simon, un doublé symbolique quand on sait l'affaire qui les a opposées hors compétition. Mais ces considérations étaient bien lointaines, tant le sport a parlé et a consacré la forme étincelante de la championne olympique de mass start.
"Julia (partie 4e à une quarantaine de secondes, NDLR) est clairement à sa place en spécialiste de la poursuite. Mais Justine, ce qu'elle a fait, je trouve que c'est assez énorme. Au-delà de l'histoire qui les lie toutes les deux en ce moment, elle partait en tête. Partir chassée, c'est quelque chose d'incroyable, faire un doublé, peu de Françaises et d'athlètes l'ont fait au niveau mondial. C'est quelque chose de plus à son actif et je suis admiratif de la course qu'elle a su mener", a estimé notre consultant Loïs Habert dans Chalet Club sur Eurosport.
En gestion parfaite et imperméable à la pression
Et pour cause : Braisaz-Bouchet est devenue seulement la 5e Française à réaliser le doublé sprint-poursuite après Corinne Niogret (1999), Sandrine Bailly (2003, 2005 et 2007), Marie Dorin-Habert et Lou Jeanmonnot bien sûr, il y a deux semaines à Ostersünd. Son talent n'a jamais fait le moindre doute, mais jusqu'ici elle souffrait d'une irrégularité chronique notamment au tir. Capable du meilleur comme du pire, elle donnait souvent l'impression de ne pas maîtriser grand-chose par le passé.
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Comment Braisaz Bouchet a résisté à Simon : le résumé d'un duel 100% tricolore
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Et face à la pression, Braisaz-Bouchet a parfois flanché. Alors quand Julia Simon a exécuté un dernier tir debout parfait en mode "Lucky Luke", revenant à 7 petites secondes à la sortie du pas de tir, il était tentant de l'imaginer fondre sur sa compatriote, tant elle semble avoir retrouver le feu de la compétition. Il n'en a rien été. Car Braisaz-Bouchet, en gestion lors de ses premiers tours de piste, a su remettre un coup de collier. Résultat : sur la ligne d'arrivée, l'écart était passé à 25 secondes.
"Elle s'est toujours installée sur ce tapis numéro 1 qui est un gros stress en plus, il ne faut pas le prendre à la légère. Et sur les skis, elle a parfaitement géré cette boucle qui demande un effort très linéaire. On a cru que Julia allait la reprendre dans le dernier tour et ça n'a pas été le cas. Physiquement, elle est très, très forte. Elle a clairement évolué. Je pense que d'avoir une petite fille, ça lui transforme sa vie et ça devient un vrai métier. A chaque fois, elle parle de plan à dérouler : elle vient faire son boulot et elle le fait magnifiquement bien", a encore observé Loïs Habert.
Le classement général, un "rêve", pas encore un objectif
La principale intéressée le confirme : à 27 ans, après près d'une décennie à pratiquer sa discipline au plus haut niveau, elle n'aborde plus la compétition de la même manière. Absente la saison dernière pour donner naissance à sa petite fille en février, elle reprend le fil de sa carrière avec un autre état d'esprit. "C'était un public fantastique. Ça a été une course difficile, j'ai réussi à rester concentrée sur moi-même. Et faire le doublé sprint-poursuite, ça représente beaucoup pour moi. Ma fille est ici avec moi, c'est mon porte-bonheur !", s'est-elle exclamée après sa victoire.
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Le "check" entre Simon et Braisaz Bouchet
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La maternité a apporté à Justine Braisaz-Bouchet un détachement salutaire, de nature à lui faire gagner en lucidité notamment face aux cibles. Malgré trois fautes ce samedi – une de plus que Simon – elle a exécuté un tir engagé et maîtrisé, signe que quelque chose se passe vraiment de ce côté. Et comme ses qualités physiques naturelles et de glisse sur la piste n'ont pas disparu, elle devient mécaniquement beaucoup plus dangereuse pour la concurrence. Désormais 2e du classement général de la Coupe du monde, peut-elle viser le gros globe de cristal cette année ?
"C'est un rêve. Je ne l'avais pas en tête. Je n'ai aucune expérience là-dedans, mais de ce que j'ai pu observer l'année dernière, mais ça vient avec les courses au fur et à mesure de la saison. C'est un rêve, mais ce n'était pas un objectif et ça ne l'est toujours pas, a-t-elle considéré sur La Chaîne L'Equipe. Ça viendra si vraiment je suis sur cette lancée et si je suis capable d'enchaîner les résultats sur les mois de janvier, février et mars. Ça fait long et je m'en rends compte." Pas question de mettre la charrue avant les bœufs donc. Et ça aussi, c'est un signe de maturité.
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