Mondiaux 2025 - Johannes Boe a-t-il l'esprit libre ou la tête ailleurs ?
Par Laurent Vergne
Publié 15/02/2025 à 00:00 GMT+1
Johannes Boe ne sera bientôt plus sportif de haut niveau. A quelques semaines de la retraite, l'ogre norvégien aborde ses derniers Championnats du monde en toute tranquillité et avec un record historique à portée de main. Mais a-t-il toujours la même détermination ? Il assure que oui, alors qu'il est sevré de victoire en Coupe du monde depuis le 21 décembre.
Johannes Boe.
Crédit: Getty Images
Johannes Boe est un chasseur d'histoire. D'Histoire, même, avec un grand H. A Lenzerheide, c'est un dernier chapitre légendaire que le Norvégien peut écrire. A la moindre victoire dans les Alpes suisses, il deviendra le biathlète le plus titré de l'histoire des Championnats du monde. Pour l'heure, il partage ce record avec son illustre compatriote Ole Einar Bjoenrdalen. 20 couronnes chacun. Le relais mixte, mercredi, aurait pu lui permettre de régler ce problème dès l'ouverture de cette édition 2025. Raté. Mais la Norvège est passée à côté, échouant même au pied du podium.
L'Histoire devra donc attendre. On imagine mal le grand Johannes quitter les Alpes suisses sans une médaille d'or autour du cou mais... Mercredi, il n'a en rien été responsable de l'échec collectif en tout cas. Le mal était fait bien avant lui. Les filles, Ingrid Tandrevold tout particulièrement, ont ruiné les chances norvégiennes. Le cadet des Boe est parti sans pression. Il a fait le job. Tellement bien qu'il ne lui a finalement manqué qu'une poignée de secondes pour aller chercher la médaille de bronze, ce qui eut été un petit miracle.
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Triomphe français, échec norvégien et glissade suédoise : l'arrivée du relais mixte
Video credit: Eurosport
En mode mitraillette
Lorsqu'il s'est mis en place pour le dernier debout, les trois premiers étaient déjà repartis. Alors le quintuple vainqueur de la Coupe du monde a tenté le tout pour le tout : un tir d'une vitesse invraisemblable en mode mitraillette. Cinq sur cinq. Un passage de… 17 secondes sur le pas de tir, tout compris. Il a buté pour trois petites secondes à la quatrième place. "C'était une super course pour moi, sur le tir et à ski. Je me suis bien battu pour le podium. Malheureusement ça n'a pas suffi", a-t-il commenté.
Si quelqu'un en doutait, Johannes Boe est donc en forme. Et a priori, motivé. C'est la grande interrogation de cette fin de saison pour le Scandinave, qui a annoncé son départ à la retraite à la fin de l'hiver. Une révélation à double tranchant. Elle peut le libérer complètement en lui permettant d'aborder les dernières courses de sa vie de champion en toute quiétude. Ou il peut déjà avoir l'esprit tourné vers la suite. La retraite et sa vie d'après, sans le biathlon.
La question se posait d'autant plus qu'après la manche de Coupe du monde à Antholz voilà près de deux semaines, toute l'équipe de Norvège avait pris directement la direction du Col de Lavaze, camp de base de la sélection pour son stage préparatoire aux Mondiaux. Tout le monde était là, sauf Johannes Boe, rentré chez lui pour se ressourcer. C'était en tout cas le plan initial. Mais le reste de la famille étant malade, le champion s'est d'abord isolé avant de retrouver les siens pour quelques jours.
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Mazet : "L'annonce de la retraite de Boe ? C'était la douche froide"
Video credit: Eurosport
Jusqu'à Noël, je pensais beaucoup aux records
Mais il ne se sent pas encore en vacances, promis. "J'ai vraiment hâte de participer à ces Championnats du monde", avait-il assuré sur la chaine norvégienne TV2. Sur ce qu'il a montré mercredi dans le relais mixte, on peut le croire. Attention toutefois. L'or ne sera pas forcément automatique pour Boe. Une grosse chance vient déjà de s'envoler dès l'ouverture. La Norvège n'a pas gagné un seul relais messieurs cette année et, à titre individuel, il n'a remporté aucune des sept dernières courses.
Mais la quête du 21e titre mondial n'obsède de toute façon pas Johannes Boe. "Jusqu'à Noël, je pensais beaucoup aux records, avoue-t-il. Puis j'ai pris le temps de réfléchir à tout ça et de prendre du recul. Mais si tout se passe bien, oui, c'est une possibilité de le battre." De les battre même, car à titre individuel, il compte 10 titres mondiaux. Un cran derrière le tandem Ole Einar Bjoerndalen – Martin Fourcade. Là aussi, tout sera une question de curseur. Le fait de ne plus y attacher la même importance aura-t-il un effet positif sur sa tranquillité d'esprit ou cela affectera-t-il, même partiellement, sa motivation ?
"Je réalise que ce sera vraiment formidable d'être à la maison après tout ça", n'a pas caché la star norvégienne. Depuis qu'il a annoncé sa future retraite, il se sent libéré. Mais est-il toujours aussi performant ? "Je suis très déterminé pour Lenzerheide, a-t-t-il prévenu dans les colonnes du quotidien Dagbladet. Je suis prêt pour faire une spéciale Thinges Boe aux Championnats du monde." A priori, il a encore l'envie. Celle de frapper une dernière fois du poing sur la table. Le sprint, samedi, en donnera déjà un bon aperçu.
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Scène ubuesque et résultat indigent : la drôle de course de Boe
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