Et si l’ogre Johannes Boe était bientôt de retour ? Ce n’est pas son résultat brut de vendredi, lors du sprint d’Oberhof, qui le suggère. La 28e place du triple tenant du Gros Globe de cristal vient même plomber, encore un peu plus, le bilan de sa modeste entame de saison. Le voilà 7e et distancé de 102 points par Emilien Jacquelin, porteur du dossard jaune après dix des vingt-deux courses individuelles au programme. Et pourtant…
Sur la piste, le cadet des frères Boe retrouve des couleurs. Il n’y a que son aîné, Tarjei, qui a signé un meilleur temps de ski que lui vendredi. Malgré cinq tours de pénalité dans les jambes, la star du biathlon norvégien a relégué Emilien Jacquelin à 16 secondes dans ce domaine, Quentin Fillon Maillet à 21, ou encore Sebastian Samuelsson à 42. En cinq sprints cette saison, c’est la première fois que Boe va plus vite que Jacquelin.
Oberhof
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"Vous ne pouvez pas tricher"

Une célérité retrouvée qui était à des années-lumière de suffire à son bonheur, après sa nouvelle déconvenue. "Vraiment triste", au micro de NRK, Johannes Boe s’est montré très critique quant à son 5/10 face aux cibles : "Sur le couché (2/5), j’ai été plutôt chanceux, en termes de conditions (celles-ci étaient changeantes, comme souvent à Oberhof, NDLR). Mais même dans de bonnes conditions, vous ne pouvez pas tricher, il faut faire le travail. Je pense que j’ai un peu ‘oublié’ de le faire."
"C’était un très mauvais début et je n’ai pas réussi à rattraper le coup sur le debout (3/5)", a regretté le grand rival de la fin de carrière de Martin Fourcade. Après avoir déclaré forfait pour le principal rendez-vous de pré-saison à Sjusjoen, en raison d’un rhume, Johannes Boe a d’abord multiplié les "Top 10" sans gagner, à Östersund, puis il a été très inconstant lors des étapes suivantes en Coupe du monde. Un seul succès à la clef, au Grand-Bornand.
"Je dois arrêter de pleurnicher, a ajouté Boe auprès du média norvégien, dans des propos traduits par nos confrères de Nordic Mag. Je dois faire mieux (…) récupérer mon agressivité." Sa position de chasseur, dimanche lors de la poursuite (12h30), pourrait titiller son esprit de compétiteur. Il partira 1’22" après Alexander Loginov, lauréat du sprint, et avec un peu plus d’une minute de retard sur le podium.

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Une impasse avant les Jeux

Dans une situation similaire à Hochfilzen, 29e du sprint à 1’14" de la tête, Johannes Boe n’était remonté qu’en 18e position lors de la poursuite. Mais c’était il y a un mois, et il était encore loin d’avoir renoué avec son statut de meilleur fondeur du circuit. Une distinction virtuelle qu’il tutoie désormais. Quant à celle de meilleur biathlète du monde, c’est à la fin de la saison que les comptes seront effectués.
C’est probablement à Pékin, lors des Jeux olympiques (4-20 février), qu’il tentera de réaffirmer son leadership planétaire, plutôt qu’en briguant à tout prix le classement général de la Coupe du monde. Boe a ainsi annoncé à TV2 qu’il serait absent à Ruhpolding (12-16 janvier) pour "des raisons familiales", puis de retour à Antholz (20-23 janvier). Reste à connaître la date de retour du "vrai Boe".

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