57 secondes, pratiquement 58 d'avance sur leurs plus proches poursuivantes, près de 70 sur la troisième : il y avait l'équipe de France et les autres sur le premier relais de la saison. Anaïs Bescond, Anaïs Chevalier-Bouchet, Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet ont dévoilé une symphonie en quatre temps qui a laissé les autres nations sans voix. Après cinq épreuves, l'équipe de France féminine a glané quatre podiums. Elle a surtout "ravivé sa mémoire" selon les mots de Braisaz-Bouchet. Il fallait remonter à Ruhpolding en janvier 2019 pour trouver trace d'un succès français et féminin en relais. Le faire avec cette manière envoie un sacré message pour débuter cette saison olympique.
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"En relais, rien ne peut m'arriver"

Östersund
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05/12/2021 À 17:11
"C'est un super démarrage. C'était du beau travail, bien construit. Je nous félicite toutes, c'était vraiment beau". En doyenne de l'équipe du haut de ses 34 ans, Anaïs Bescond sait qu'il faut savourer ces moments où le collectif permet le bonheur de chacune. Vainqueure quatre fois en relais féminin avant ce weekend à Östersund mais aussi championne olympique en mixte à Pyeongchang, elle sait aussi que le collectif féminin français n'a pas toujours brillé par sa solidarité. Cette fois, la joie était bel et bien partagée.

Au tir comme sur les skis, les Bleues ont donné la leçon : les temps forts du relais

Julia Simon, deux fois vainqueures en Coupe du monde la saison dernière et à la peine en ce début de saison, a d'ailleurs peut-être lancé son aventure 2021/2022 ce dimanche. Ou quand le collectif permet à une biathlète d'oublier ses problèmes : "Ces courses en relais, ça me tient à coeur. J'ai l'impression que rien ne me peut m'arriver", avance-t-elle, pleine d'aplomb, au micro de La Chaîne L'Equipe, après le succès bleu. C'est elle qui a transmis l'ultime relais à Justine Braisaz-Bouchet. Avec une minute d'avance après la démonstration de ses partenaires, et notamment le 10/10 de Chevalier-Bouchet, celle-ci a eu le temps… de gamberger.

Les JO de Pékin dans le viseur

"Au début j'avais pas mal d'appréhension, une minute d'avance ça peut paraître facile à gérer mais en fait c'est chaud, reconnaît-elle pour La Chaîne L'Equipe. C'est juste psychologique, tu te dis, 'punaise une minute c'est long mais ça peut aller vite avec les balles de pioche sur un relais'. J'imaginais les pires scénarios dans l'aire d'arrivée. Avant le couché, je me suis dit, 'fais taire cette petite voix'". Elle a réussi en sortant du pas de tir avec une balle de pioche seulement. Puis en achevant son debout avec un 5/5 et un sourire qui en disait long sur son bonheur teinté de soulagement.

Un 5/5 supersonique et un grand sourire : le dernier tir sublime de Braisaz-Bouchet en vidéo

"Je suis restée méthodique sur mon debout. Je me suis installée correctement, remet-elle. Quand la pression retombe, quand la cinquième palette bascule, je me dis 'c'est trop cool'. C'est un rêve ce truc, c'est vraiment un beau sport." Puisque son avance flirtait avec la minute, elle a savouré comme rarement, et peut-être même jamais, son succès, drapeau bleu-blanc-rouge à la main. "Ce sont de sacrés moments. Avoir le drapeau, ce sont des émotions fortes. J'avais trop hâte de rejoindre les autres." De les étreindre aussi.
En janvier 2019, le même quatuor avait triomphé des Norvégiennes et des Allemandes. "Je n'avais plus beaucoup de souvenirs de Ruhpolding, ça fait du bien de raviver la mémoire", sourit Braisaz-Bouchet. Elles espèrent toutes ne pas attendre aussi longtemps pour revivre ces émotions. Après tout, le relais des JO de Pékin est prévu dans 73 jours.
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