Biathlon - Coupe du monde : Portrait d’Océane Michelon - “Elle a toujours voulu être la meilleure” : De l’amour de la danse au ballet doré du biathlon
Eurosport sur GoogleDes pistes des Bauges à son titre olympique sur la mass-start des JO de Milan-Cortina en février, Océane Michelon a connu une ascension fulgurante. À 24 ans, la Savoyarde a tracé sa propre route, entre un passé de danseuse et une enfance au grand air malgré une anomalie cardiaque. Portrait de la fusée Michelon avec le témoignage de sa mère Delphine, et de son oncle et premier entraîneur, Bernard.
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"C'est simple, s’il faut choisir, ce ne sera pas le ski !" Et si Océane Michelon était devenue championne olympique de breakdance à Paris 2024, plutôt que de biathlon à Antholz ? Absurde ? Peut-être, mais la Savoyarde se voyait briller sur d'autres pistes que celles enneigées : comme sa maman Delphine, la Baujue se prend de passion toute petite pour la danse. Finalement, les cours s'arrêtent brutalement et Océane prend définitivement le virage vers les pas de tir. Sans regrets.
À Lescheraines, au cœur du massif des Bauges, Océane Michelon grandit skis aux pieds sur les pistes du domaine de Savoie Grand Revard. Son oncle Bernard Michelon est d’ailleurs le fondateur du club de ses débuts, le Bauges Ski Nordique. "Quand elle était toute petite, elle voulait prendre le départ des courses avec ses cousins, comme la Savoyarde à la Féclaz, se souvient le président. Mais elle n'avait pas l'âge. Sa grand-mère devait la retenir en lui disant : "T'es trop jeune, ce sera l'année prochaine !" Une envie débordante, un talent hors norme qu’elle polit en duo avec son oncle.
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Il découvre d’ailleurs son potentiel au fil des courses et des tirs… ratés. "Lors d’une course nationale en minimes au Grand-Bornand, elle est arrivée de manière précipitée sur le pas de tir, admet-il. Elle fait cinq fautes ! Elle passe à côté de moi et me crie : 'J'ai tout loupé !' Mais là, elle part en trombe sur les skis et finit quatrième." Le tonton est impressionné : "Oufff, là, il y a du potentiel sur les skis."
Sur le plan physique, la championne démontre très tôt l’étendue de ses atouts. "On a fait une sortie en montagne et ses pulsations étaient beaucoup plus basses que celles des autres, explique le Savoyard. Je pensais que son cardiofréquencemètre ne marchait pas. Je lui ai suggéré : 'Tiens, il faut changer ton cardio, il ne marche pas.' En fait, c'était déjà ses compétences de championne qui se dessinaient. Elle avait le cœur qui était vraiment adapté à l'effort." Un gros cœur, un atout pour performer qui lui joue pourtant un bien mauvais tour en 2021.
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Le podium et la Marseillaise pour Michelon en vidéo
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Après deux ans de crises inexpliquées, de douleurs, le diagnostic tombe enfin : Océane souffre de la maladie de Bouveret, une tachycardie à l’effort. "Quand elle faisait ses crises, c'était loin d'être marrant, avoue sa maman. Il y a eu des moments où on était quand même hyper inquiets. Elle s'est entendue dire par le corps encadrant : "si ta carrière doit s'arrêter pour raison médicale, il faudra t’y confronter, on va pas prendre de risques." Mais Océane n’a jamais baissé les bras, ce n’est pas dans son ADN.
"Elle a toujours voulu faire partie des meilleures, explique son premier coach. Elle ne va pas sur une course pour essayer, elle y va pour être devant. Elle arrive conquérante, combative, déterminée." La maladie de Bouveret ne la freine plus après plusieurs opérations au cœur, dont la dernière en mai dernier. Même si elle n’est plus sujette à des crises cette année, elle peut quand même ressentir une gêne dans la zone thoracique par moments : sans danger, heureusement.
Le secret d'un ski "gracieux"
Très à l’aise sur la piste, la biathlète de 24 ans façonne très tôt une technique de ski devenue référence sur le circuit. Là aussi, l’apprentissage avec son oncle joue, sa pratique de la danse récompensée : "J'avais une pédagogie axée sur la technique, décrit l'entraîneur savoyard. Et elle, comme elle faisait de la danse avant le ski, elle avait une belle représentation du déplacement de son corps dans l'espace et la technique a été très vite assimilée. Elle l'a gardée tout le temps : c'est très précis, très gracieux."
"Les médailles olympiques, qu'est-ce que ça change ? J'ai juste fait une course."
Le 21 janvier dernier à Antholz, la Lescherainoise a décroché l’or olympique sur la mass start. Mais elle garde les pieds solidement accrochés à sa terre, un métal doré ne la fera en rien changer selon sa maman. "Quand on lui demande : ‘tes médailles olympiques, qu'est-ce que ça change ?’ Clairement, elle va dire : 'J'ai juste fait une course, j'ai gagné la mass-start.'
Pourtant, le retour à domicile n'avait rien d’un retour ordinaire : le village de Lescheraines a fêté sa championne comme il se devait. Une région entière a vibré et les secousses s’en ressentent encore. "C'était fabuleux et ça l’est encore pour moi qui vis ici tous les jours, décrit Delphine. Elle est repartie depuis, mais a apporté du bonheur aux gens en faisant ce qu'elle aime. Des petits bouts avaient une banane de fou, et ça, ça n'a pas de prix." Même la boîte aux lettres familiale s’en ressent au fil des dessins déposés par les enfants des alentours.
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"De la chance que les conditions n'étaient pas faciles" : Michelon raconte sa victoire
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L'explosion de ses résultats n’est pas la seule raison d’une telle cote de popularité. "Elle a une relation avec le public et les médias qui est naturelle, simple, joyeuse, admet son oncle. Elle transmet de la fraternité, de la joie, et c'est vraiment bien pour son image. C'est sa nature et c'est super." Assurément, sa maman est fière : "pour plein de raisons. Et puis aussi parce qu'elle conserve ses valeurs, admet-elle. Et ça, c'est hyper important de garder cette modestie."
Océane Michelon est devenue l'étendard de tout un massif depuis quelques semaines. Élevée dans le pur jus des Bauges avec simplicité, elle garde en tête la formule pleine d’humilité de sa maman : "On sait d'où l’on vient, on sait où l’on est… mais on ne sait pas où l’on va. " Petit à petit, elle trace ses exploits sur les pistes, sans savoir vraiment jusqu’où son potentiel peut la porter.
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