Coupe du monde 2025-2026 - De qui Lou Jeanmonnot doit-elle avoir peur (à part d'elle-même) ?

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Lou Jeanmonnot reste solidement aux commandes de la Coupe du monde, mais son week-end raté à Kontiolahti a légèrement fragilisé sa position. Est-elle en danger ? Si elle ne redresse pas la tête, oui, elle le sera. Mais la Française continue de détenir le sort de cette saison entre ses mains et dans ses skis. Elle doit simplement redevenir elle-même, sans s'occuper des autres.

Lou Jeanmonnot lors de la mass start de Coupe du monde au Grand-Bornand, le 21 décembre 2025

Crédit: Getty Images

Lou Jeanmonnot est dans le dernier virage. Avant la ligne droite finale, la semaine prochaine, à Oslo Holmenkollen, la Française espère se rapprocher ce week-end du gros globe de cristal à l'occasion de la manche d'Otapää. Deux courses sont au menu en Estonie, un sprint et une poursuite, avant le bouquet final norvégien, où un sprint, une poursuite et la mass start final mettront un terme à l'hiver et au suspense. Cinq toutes petites courses la séparent d'un grand bonheur. Moins, potentiellement. Il faut le lui souhaiter, tant on n'ose imaginer le degré de stress qui serait le sien si la Coupe du monde devait se jouer le dernier jour. Pas des bons souvenirs, pour elle.
Avant la reprise du calendrier à Kontiolahti la semaine dernière, suite à la parenthèse olympique, l'affaire était quasiment dans le sac pour Lou Jeanmonnot. Mais sa débandade finlandaise, où elle a tout simplement livré les deux plus mauvaises courses de sa saison, terminant 35e de l'individuel puis 16e de la mass start, a fait surgir l'ombre d'un doute. A quel point ? S'agit-il juste de jouer à se faire peur, alors qu'objectivement, la numéro un mondiale reste dans une position très confortable, pour ne pas dire un fauteuil ? Ou la menace est-elle réelle ? Avant de verser dans la collapsologie, rappel d'un petit état des lieux :
Lou Jeanmonnot portera toujours le dossard jaune à Otepää et, à moins d'une catastrophe d'une envergure encore jamais vue chez elle, doublée d'un week-end stratosphérique de sa dauphine au classement général, ce sera aussi le cas en arrivant à Oslo. La Jurassienne dispose d'une marge de 176 points sur Suvi Minkkinen (une victoire en rapport 90, pour mémoire). Viennent ensuite les trois Suédoises, dans cet ordre : Anne Magnusson (3e à 184 points), Elvira Oeberg (4e à 208 points) et Hanna Oeberg (5e à 230 points). Il est raisonnable de s'arrêter là. Maren Kirkkeide, 6e dans la hiérarchie, navigue à quasiment 300 points. Beaucoup trop pour espérer quoi que ce soit.
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Jeanmonnot à terre, Simon rouge de plaisir : résumé d'une mass start-passation de pouvoir

Video credit: Eurosport

Minkkinen, toujours dauphine, mais plus la menace numéro un ?

La grande chance de Lou Jeanmonnot, c'est que son gros coup de moins bien de "Kontio" n'a pas profité, ou seulement à la marge, à Suvi Minkkinen. À domicile, la Finlandaise a été à la peine, avec deux résultats très moyens (18e et 9e). Peut-être a-t-elle laissé passer sa plus grande chance de mettre la pression sur la Tricolore. En Coupe du monde, on ne l'a plus vu sur le podium depuis Oberhof, début janvier, et son unique victoire de la saison remonte à la poursuite d'Östersund, lors de la deuxième course de l'hiver. Elle demeure une cliente, mais probablement plus la menace principale pour Jeanmonnot, quoi qu'en dise le classement.
Penchons-nous maintenant sur le cas du trio jaune et bleu venu de Suède : Magnusson et les sœurs Oeberg. Après des Jeux Olympiques calamiteux (pas une seule médaille dans les épreuves individuelles !), où elles ont visiblement grandement souffert de l'altitude, elles ont brusquement retrouvé des couleurs à Kontiolahti. Pas au meilleur moment pour elles, malheureusement, puisque rien ne surpasse l'enjeu olympique, mais juste assez peut-être pour pimenter cette fin de saison et y jouer un rôle déterminant dans la course au tableau d'honneur.
La première, Anna Magnusson, a pour elle une certaine constance. Mais alors que onze filles différentes ont remporté au moins une course cette saison, Magnusson n'a pas décroché la moindre victoire en 2025-206. Si l'on y ajoute les Jeux, cela fait tout même 20 courses sans le moindre succès. Peut-on être sacrée meilleure biathlète de l'hiver sans jamais monter sur la première marche du podium ? Techniquement, oui, mais la chose serait extravagante et inédite. Donc soit elle se met à gagner lors du rush final, soit elle sera promise à un accessit, dans le Top 5, voire le podium, mais pas au-delà.
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Jeanmonnot sauve le petit globe : les moments forts de l'individuel en vidéo

Video credit: Eurosport

Gare à Elvira

Cela nous laisse donc avec les sœurs Oeberg. Un peu plus loin au classement, donc, mais probablement les plus menaçantes. Des deux, c'est la cadette, Elvira, qui doit inspirer le plus de craintes au clan français. D'abord parce qu'elle est un peu plus proche de Lou Jeanmonnot, mais surtout parce qu'elle surfe sur une vague euphorique après son week-end à Kontiolahti, où elle a enchaîné une victoire dans l'individuel et une deuxième place sur la mass start, derrière Julia Simon. En deux courses, elle a engrangé 165 points, soit 134 de plus que Jeanmonnot. Une manière de relativiser ce que représentent les 208 points qui la séparent encore de la Française. Cela peut sembler beaucoup, mais au rythme de celui de Kontiolahti, cela peut s’évaporer en un rien de temps désormais.
Deux certitudes avant le "double O" final, à Otepää et Oslo :
1. Si Elvira Oeberg reste au même niveau lors des cinq dernières courses, elle peut encore gagner la Coupe du monde.
2. Lou Jeanmonnot ne peut se permettre de vivre deux derniers week-ends comme le précédent.
Pour le premier élément, rien n'est impossible. D’autant qu’Otepää culmine à peine à 300 mètres d'altitude. Elvira Oeberg va y trouver à nouveau des conditions qu'elle aime, sur une piste assez dure au niveau du ski. Or, elle est peut-être la plus rapide en ce moment. On n'ose en revanche croire au second point. Ce serait le scénario catastrophe et, à vrai dire, si Lou Jeanmonnot devait boucler les sept dernières courses sans monter sur le podium ou, pire, en terminant aussi loin que ce fut le cas à Kontiolahti, alors il serait difficile de regretter quoi que ce soit.
Mais il n'y a pas de raison. Elle continue d'avoir toutes les cartes en main pour atteindre enfin son grand objectif après avoir terminé deuxième ces deux dernières années, derrière Liza Vittozzi puis Franziska Preuss. Tout dépend d'elle et seulement d'elle. Elle n'était pas à sa place à Kontiolahti. Ce n'était pas elle. Si Lou fait du Jeanmonnot, c'est elle qui ramènera le gros globe de cristal à la maison dans deux semaines.
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Elvira Oeberg remporte le dernier individuel de la saison : son arrivée en vidéo

Video credit: Eurosport


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