Ruhpolding - Avant l'individuel, les Bleus face aux limites de la densité
Par Tristan HENRY
Mis à jour 15/01/2025 à 10:37 GMT+1
Avec l’individuel de Ruhpolding ce mercredi, les Bleus abordent déjà la deuxième partie de saison. Après une année dernière ratée, Emilien Jacquelin, Eric Perrot, Fabien Claude, Quentin Filllon-Maillet et consorts ont tous relevé la tête cet hiver. Forte d’une belle densité, l’équipe de France masculine se cherche pourtant un leader capable de rivaliser dans la durée avec Johannes Boe.
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"Densité" : Un directeur technique national, maître des horloges et des générations, n’a en général que ce mot en bouche. Avoir une densité au plus haut niveau, c’est avoir dans une même équipe plusieurs athlètes susceptibles d’obtenir des résultats. Pour un DTN ou un entraîneur national chargé justement de former ce vivier de talents, c’est une consécration en soi, la marque d’un travail bien fait.
Sur ce plan, l’équipe de France de biathlon peut avoir le sourire. Emilien Jacquelin et Eric Perrot à Kontiohlati, "QFM" à Oberhof la semaine dernière : ils sont déjà trois à avoir levé les bras cette année, sans compter les deux podiums de Fabien Claude. A l'orée de la deuxième partie de saison, les quatre compères figurent dans le top 10 de la Coupe du monde, respectivement aux 3e, 4e, 7e et 8e places.
Plaisir de la surprise et force de la certitude
C’est évidemment nettement mieux que l’année dernière, où il avait fallu attendre la pénultième étape de la Coupe du monde à Soldier Hollow pour qu’Eric Perrot devienne le premier - et le seul ! - Tricolore à l’emporter. La qualité de l’ensemble se ressent d’ailleurs en relais où ces messieurs ont remporté les deux premières courses de la saison à Kontiohlati et à Hochfilzen.
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Sur le papier, avoir autant de densité multiplie les chances de l'emporter. Sauf que le sport se moque des règles arithmétiques : partager, ce n’est pas toujours gagner. Des quatre mousquetaires du XXIe siècle en tennis à l’attaque du PSG de Luis Enrique, il regorge d’exemples où l’accumulation de talents, de potentielles surprises, n’a pas réussi à surpasser la force intangible de la certitude.
Le rival Boe, l'exemple Fourcade
En biathlon, cette certitude a un nom, ou surtout un prénom. Une fois de plus, Johannes Boe est en train de filer seul vers le globe de cristal. Leader incontesté d’une équipe de Norvège plus impressionnante que jamais, Johannes est également le fossoyeur des rêves de ses compatriotes, Sturla Holm Laegreid en tête.
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QFM et Botet battus par un précis duo finlandais
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Comme quoi, malgré l’importance de la dynamique d’équipe et de l’émulation, le biathlon reste un sport individuel où une seule personne monte sur la première marche du podium. Demandez à Martin Fourcade. De 2013 à 2018, le Français a remporté six fois le globe sans même qu’un de ses compatriotes ne figure dans le top 10 du classement général. Lou Jeanmonnot, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon, qui se sont bien souvent partagé les points avant de voir Lisa Vittozzi leur damer le pion l’année dernière, en ont fait l’expérience inverse.
Du "un pour tous" au "tous pour un"?
Pour marcher dans les pas de Fourcade et rivaliser avec Boe, la densité ne suffira donc pas, il faudra qu’un Français se transcende, comme « QFM » avait su le faire en 2021-2022. Mais qui ? Le principal intéressé cherche encore son meilleur niveau, Jacquelin, malgré des progrès, doit être plus régulier, Eric Perrot a encore un pas à franchir, Fabien Claude part de loin à 30 ans…
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Fillon Maillet : "Cette victoire représente beaucoup de choses pour moi"
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Un tel destin ne se commande pas et ne se décide pas sur un coin de table. Seuls 4 Français et 4 Françaises ont remporté un jour le classement général. C’est pourquoi, plutôt que d’attendre un tel scénario qui relève de l’exception, ne boudons pas notre plaisir face à cette belle équipe de France où chacun peut monter sur la boîte, en commençant par l’individuel de Ruhpolding ce mercredi.
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