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Joshua redevient le maître des lourds

Joshua redevient le maître des lourds

Le 07/12/2019 à 23:08Mis à jour Le 08/12/2019 à 01:17

Anthony Joshua retrouve ses ceintures. Le Britannique est redevenu le maître des poids lourds samedi soir, en prenant sa revanche face à Andy Ruiz. Aux portes de Ryad, en Arabie Saoudite, Joshua s'est imposé à l'unanimité aux points face à l'Américano-Mexicain. Il efface sa désillusion du Madison Square Garden il y a six mois.

Anthony Joshua se l'était promis. Le 1er juin dernier, le Britannique était tombé de très, très haut en subissant la première défaite de sa carrière face à Andy Ruiz. Ce dernier, malgré sa morphologie atypique, avait surpris par sa mobilité et sa rapidité pour causer une gigantesque sensation. Depuis, Joshua préparait sa revanche. Samedi soir, en Arabie Saoudite, le champion de Watford a remis les pendules à l'heure. Net vainqueur aux points, il tient sa revanche et récupère ses ceintures IBF, WBA et WBO des poids lourds, dont il redevient le patron.

A défaut d'être spectaculaire, Anthony Joshua a livré le combat dont il avait besoin pour s'imposer face à un Andy Ruiz toujours potentiellement dangereux, mais trop limité pour poser de réels problèmes à son challenger. Mis K.-O. au 7e round à New York voilà six mois, l'Anglais est toujours resté sur ses gardes et a posé pierre après pierre pour prendre ses distances aux points. Le décompte final des trois juges traduit sa supériorité : deux d'entre eux lui ont donné un avantage de huit points (118-110) et le troisième lui a même conféré une marge plus importante encore (119-109).

Andy Ruiz Jr. face à Anthony Joshua

Andy Ruiz Jr. face à Anthony JoshuaGetty Images

Ruiz trop pataud

C'est d'abord tactiquement que Joshua a fait la différence samedi. Plus prudent que lors de leur premier duel, toujours vigilant, il a travaillé avec son jab et l'allonge supérieure de son presque double mètre lui a permis de contenir les rares assauts de son adversaire. Ouvert à l'arcade gauche dès la 1re reprise, Ruiz a essayé d'avancer, mais en vain. Beaucoup plus pataud qu'au mois de juin, l'éphémère champion a reconnu qu'il ne s'était "pas assez préparé". Ruiz avait notamment pris beaucoup de poids. "Trop", a-t-il convenu.

Dominé d'emblée, Andy Ruiz a toutefois eu le mérite de ne pas renoncer. A partir de la 4e reprise, il a tenté de se montrer plus offensif, mais il s'est constamment heurté à la mobilité d'un Joshua qui ne s'est jamais écarté de son plan pour ne pas tomber dans le panneau du combat de rue. Cette revanche y a perdu en intensité et en intérêt, mais c'était sans doute la meilleure voie à suivre pour le Britannique, qui avait manifestement très bien préparé son affaire.

Wilder ou Fury pour la suite ?

A l'approche du dernier tiers du combat, Ruiz a accentué son pressing, touchant Joshua d'une droite dans le 8e round avant d'enchainer, puis de rivaliser dans le 9e acte, probablement le plus dense de ce Championnat du monde qui, globalement, ne restera pas dans les annales de la catégorie. Mais pour conserver sa triple couronne, il aurait fallu qu'Andy Ruiz en fasse plus. Beaucoup plus. Or il n'en était pas capable. Se sachant aux commandes du combat, Anthony Joshua a navigué autour du ring en gestionnaire. A 30 ans, il entre dans la galaxie des multiples champions du monde des lourds.

S'il n'a pas écarté l'hypothèse d'une troisième bataille en forme de belle face à Ruiz, Joshua pourrait également se concentrer l'an prochain sur d'autres défis, à commencer par Deontay Wilder, détenteur de la ceinture WBC, celle qui manque encore au Britannique. Wilder défendra son titre le 22 février prochain à Las Vegas face à Tyson Fury dans un choc entre deux combattants invaincus. Une affiche entre Anthony Joshua et le vainqueur de ce duel-ci aurait du sens et pourrait constituer le sommet de l'année 2020...

Anthony Joshua Andy Ruiz

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