Il a fallu attendre la douzième reprise, la dernière. Ce n'est qu'à une minute et trente secondes de la fin de son dixième combat chez les professionnels que Tony Yoka a enfin pu se libérer. Une série de droites et d'uppercuts ont assommé pour de bon Joel Tambwe Djeko, l'adversaire qui avait osé le gifler lors de la pesée. Yoka avait promis de "régler ça". Mission accomplie même si tout ne fut pas parfait. Au bout, c'est un premier titre, mineur certes, pour le champion olympique 2016 mais l'assurance que sa carrière avance.
Comme souvent depuis ses débuts chez les professionnels, Tony Yoka n'a pas semblé avoir dû puiser énormément dans ses réserves physiques pour s'imposer. S'il a dû attendre l'ultime reprise, c'est plutôt parce que son K.-O. était bien préparé. Son visage, toute langue dehors, au moment de sa victoire, en disait long sur sa fraîcheur. "Au fur et à mesure des rounds, j'ai vu qu'il essayait plus de survivre, de gagner techniquement. Je n'ai pas voulu lâcher l'affaire jusqu'à la fin, je suis resté concentré. Il fallait bien l'approcher et bien le toucher pour arrêter le combat", analyse celui qui est toujours invaincu depuis son passage chez les pros en juin 2017 (8 K.-O. et 2 succès aux points).
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Un K.-O. et Yoka tient sa première ceinture
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L’affront de la gifle est lavé

"Travail de sape, du début jusqu'à la fin. Petit à petit, de round en round, il a commencé à flancher physiquement. J'ai pu commencer à mieux le toucher à partir du cinq, sixième round. Je voyais les rounds défiler, mais je suis prêt pour douze", pousse encore un Yoka qui a parfois été taxé d'affronter des boxeurs peu en forme. Ce n'était pas le cas de Djeko dont le bilan (17 victoires, dont 8 avant la limite, 1 nul, 2 défaites aux points) était plutôt flatteur jusqu'ici. Mais celui-ci, bien que vaillant, n'était pas de nature à faire craindre quelque chose au Français. A peine a-t-il pu l'exciter un peu avec cette gifle lors de la pesée jeudi.
Beau joueur, Yoka n'en a pas tenu rigueur à un adversaire qu'il dit respecter. "Forcément, j'étais vexé à la pesée. Je préfère prendre un coup de poing qu'une baffe. C'est comme ça, je pense aussi que ça a donné pas mal d'envie au public de regarder", pointe le Français, très justement. "Quand il y a de la friction entre deux boxeurs, entre deux hommes, on a envie d'en venir aux mains. On a boxé, c'est fini, c'est passé. On s'est donné un max, mais on se respecte l'un l'autre. Ça a beaucoup parlé, mais contrairement à pas mal de boxeurs qui envoient des tweets et qui viennent faire les guignols sur le ring, Jo il est venu sur le ring, on a réglé ce qu'on avait à régler."

Un championnat du monde en 2022 ?

Avec ce succès, Tony Yoka est désormais propriétaire d'une ceinture, c'est la première fois dans sa carrière professionnelle qu'il accroche quelque chose autour de son bassin après avoir été ceint de l'or olympique à Rio en 2016. Ce n'est "que" celle de l'Union européenne mais elle permet au boxeur de 28 ans d'avancer. "Ça fait plaisir, c'est la première ceinture en pro, pouvoir enfin marquer la première étape de la conquête. [...] J'ai toujours dit que je croyais en moi. [...] Je sais qu'on va le faire : j'avais dit que je serais champion olympique, et j'ai dit que je serai champion du monde".
Le championnat du monde, l'objectif ultime de Tony Yoka. Il n'en est pas encore là évidemment. Ses dix victoires professionnelles en autant de combats ne suffisent pas pour en faire un candidat crédible, d'autant plus que le pédigrée de ses adversaires n'était pas toujours exceptionnel. "J'espère faire un top 10 en septembre. Je suis de mieux en mieux classé. D'ici septembre, je voudrais un Top 10 mondial pour pouvoir avancer sur la voie d'un championnat du monde", explique-t-il. Ce championnat du monde, Yoka l'imagine en 2022, dans la foulée. Pour boucler la boucle six ans après son titre olympique.
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