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Le CIO "gèle l'organisation du tournoi de boxe" aux JO de Tokyo 2020

Le CIO "gèle l'organisation du tournoi de boxe" aux JO de Tokyo 2020
Par AFP

Le 30/11/2018 à 11:37Mis à jour Le 30/11/2018 à 13:24

Le Comité olympique international a décidé de mettre sa menace à exécution. Réunie vendredi à Tokyo, la Commission exécutive du CIO a décidé de suspendre la boxe du programme des Jeux de 2020. Motif : la gouvernance opaque de Gafur Rakhimov, président de la Fédération internationale de boxe depuis novembre, que le Trésor américain accuse d'être un "criminel majeur" dans son pays.

Le Comité international olympique a décidé vendredi de "geler l'organisation du tournoi de boxe" aux Jeux olympiques de Tokyo-2020, le temps de mener l'enquête sur la très controversée Fédération internationale de la discipline (AIBA).

"Les contacts officiels entre l'AIBA et le Comité d'organisation de Tokyo 2020, les ventes de billets, l'approbation et la mise en place du système de qualification, la planification des tests et la finalisation du programme de compétition" sont suspendus avec "effet immédiat", a précisé la Commission exécutive du CIO dans un communiqué. Elle a dans le même temps annoncé l'ouverture d'une enquête qui "pourra conduire au retrait de la reconnaissance de l'AIBA" par l'instance olympique. Le CIO signale "plusieurs motifs d'inquiétude majeure" concernant les finances ainsi que la gouvernance et l'éthique de l'organisation.

Malgré ces mesures, il promet de "faire le maximum pour protéger les athlètes et s'assurer qu'un tournoi de boxe aura bien lieu" aux JO de Tokyo. La boxe, discipline historique des Jeux, avait déjà suscité l'ire du CIO en 2016 à Rio, où 36 responsables et arbitres avaient été suspendus sur fond de rumeurs de combats truqués.

Et les relations ne se sont pas améliorées avec l'élection de l'homme d'affaires ouzbek Gafur Rakhimov, début novembre, à la tête de l'AIBA. Il est accusé d'être un "criminel majeur" dans son pays par le Trésor américain, ce qu'il nie vigoureusement.

Gafur Rakhimov à Moscou, le 3 novembre 2018

Avant la décision de vendredi, le CIO avait déjà gelé ses relations avec la Fédération et stoppé les aides financières qu'il lui versait. En amont des débats de l'instance olympique, l'AIBA avait fait assaut de déclarations rassurantes, vantant "les nombreux et importants changements" menés pour redresser la barre.

"Il est temps de tourner la page et de se projeter vers le développement de la boxe dans le monde", avait lancé M. Rakhimov dans un communiqué jeudi. Et d'insister sur "l'assainissement des finances" grâce à "de stricts contrôles": "le risque d'une faillite en raison des errements passés est loin derrière nous", assurait-il.

Dans un autre plaidoyer, la Fédération se félicitait de la mise en place d'un nouveau système d'arbitrage, "positivement reçu par les athlètes et les responsables techniques".

Longue tradition olympique

L'AIBA est allée "au-delà des exigences" en matière de gouvernance et satisfait aussi "à 110% aux règles antidopage", avait estimé la semaine dernière le président de l'AIBA, peu après la remise d'un rapport censé répondre aux inquiétudes.

Le président du CIO Thomas Bach ne s'est pas encore exprimé sur l'annonce de vendredi, mais il avait auparavant insisté sur le fait que la décision finale ne devrait pas affecter les sportifs, qui se préparent dur pour décrocher des médailles à Tokyo.

Quoi qu'il arrive, "nous ne voulons pas que les athlètes soient punis pour le mauvais comportement de certains responsables", avait-il souligné. "Nous ferons tous les efforts nécessaires pour s'assurer qu'ils pourront poursuivre leur voyage olympique".

La boxe, un des six sports originels des jeux antiques, fut introduite aux Jeux olympiques par les Grecs dès le 7e siècle avant J-C, selon le site internet du CIO. Elle a fait ses débuts aux JO modernes en 1904 à Saint-Louis, aux Etats-Unis, et n'a pas raté une seule édition des Jeux, à l'exception de ceux de Stockholm en 1912 en raison d'une loi suédoise en interdisant la pratique. La boxe féminine a, elle, fait ses débuts olympiques en 2012 à Londres.

A Cuba, première puissance mondiale de la boxe qui peut se targuer de 73 titres mondiaux et 37 olympiques, une exclusion paraît en tout cas inimaginable. Président depuis neuf ans de la Fédération cubaine de boxe, Alberto Puig se veut parfaitement serein : "Nous n'avons pas le moindre doute que la boxe va être présente aux Jeux Olympiques" de 2020, confiait-il récemment à l'AFP.

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