Controverse autour de boxeuses olympiques: la testostérone en question

De multiples réactions jeudi à l'abandon éclair de l'adversaire italienne d'une boxeuse algérienne, admise aux JO après avoir été écartée d'une autre compétition, font resurgir la question de possibles niveaux élevés de testostérone chez les sportives femmes. Mais qu'est-ce que la testostérone ? Quel impact dans le sports ? Voici plusieurs éléments de réponses.

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Video credit: Eurosport

Qu'est-ce que la testostérone ?

La testostérone est une hormone sexuelle produite à la fois chez les hommes et chez les femmes, mais davantage chez les premiers.
Cette hormone stéroïdienne est sécrétée par des cellules situées dans les testicules chez l'homme, et chez la femme par les ovaires et les glandes surrénales, en quantité environ 20 fois moindre. Le taux de testostérone varie aussi en fonction de l'âge et de la période de l'année (il est généralement plus élevé l'été).
Chez l'homme adulte, le taux de testostérone se situe généralement entre 10 et 35 nanomole par litre de sang, selon l'hôpital américain de Mount Sinai. Chez la femme, entre 0,5 et 2,4 nanomoles par litre en général.
Lorsque certaines personnes ont une production naturelle plus élevée d'hormones sexuelles telles que la testostérone, on parle d'hyperandrogénie.
Cette situation concerne environ 5% des femmes, chez lesquelles elle est provoquée dans environ 70% des cas par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Quel impact dans le sport ?

Dans le domaine du sport, la testostérone est connue pour accroître la masse musculaire, entre autres, et réputée pour améliorer les performances. Augmenter son taux, de diverses manières, est une forme courante de dopage, interdite.
"Des études chez des hommes ont montré une relation claire entre des niveaux de testostérone et des performances physiques accrues", selon la Société européenne d'endocrinologie. Certains travaux ont aussi relevé une surreprésentation des personnes avec un excès de testostérone chez les sportifs de haut niveau. Mais l'impact précis sur les résultats sportifs reste débattu.
"Il n'y a pas de consensus scientifique sur la manière dont la testostérone affecte la performance sportive", avait déclaré mi-novembre 2021 la responsable des droits humains au sein du Comité international olympique, Magali Martowicz. Le CIO avait alors renoncé à établir des directives uniformes quant aux critères de participation des sportifs intersexes et transgenres, laissant la main aux fédérations internationales.

Quid des boxeuses ?

Au centre de la controverse actuelle, la boxeuse algérienne Imane Khelif est présente dans le tournoi olympique alors qu'elle avait été disqualifiée des Mondiaux 2023 par la fédération internationale de boxe (IBA) après avoir échoué à répondre aux tests d'éligibilité à une participation en catégorie féminine.
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Imane Khelif

Crédit: AFP

Selon la fiche de la boxeuse algérienne fournie par le comité international olympique (CIO), elle avait été disqualifiée en raison "de taux élevés de testostérone". Faux, a rétorqué l'IBA -présidée par le Russe Umar Kremlev et écartée du mouvement olympique en 2023 -, selon laquelle Imane Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting n'avaient "pas été soumises à un test de testostérone" mais à d'autres tests, à la nature non précisée.
Mardi, le CIO a défendu la présence aux JO de ces deux sportives, déjà en compétition à Tokyo en 2021. "Tous les concurrents respectent les règles d'éligibilité", a répété jeudi Mark Adam, porte-parole du CIO, qui avait aussi déclaré mardi qu'il était "établi que ce sont des femmes".
"Le test de testostérone n'est pas un test parfait. De nombreuses femmes peuvent avoir un taux de testostérone égal à celui des hommes, tout en étant des femmes", a aussi souligné ce porte-parole.
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