JO Paris 2024 | Billal Bennama à propos de son père : "Qu’il me dise qu’il est fier, ça vaut la médaille d’or"

Eurosport sur Google

Si la médaille d’argent de Sofiane Oumiha avait le goût des regrets, celle de Billal Bennama l’a comblé. Même battu sans discussion par Hasanboy Duzmatov, le Français a savouré un podium qui récompense des années de frustration et couronne une glorieuse histoire familiale. Cette médaille, il la partagera avec son père, son modèle et celui sans lequel rien ne serait possible.

Si proche et si loin à la fois : Bennama se contente de l’argent

Video credit: Eurosport

Yannick Noah attend toujours son successeur à Roland-Garros. Ce ne sera pas Billal Bennama, battu en finale du tournoi olympique des -51 kg, sans trop de discussion possible par l’Ouzbek Hasanboy Duzmatov. Le Français se contente d’un argent qui aurait fait son bonheur en début de tournoi et qui le fait même ce jeudi soir malgré la défaite. Alors que l'argent d'Oumiha jeudi était teinté de regrets, celui de Bennama est beaucoup plus léger. À l'annonce du verdict des juges, le Toulousain a accepté la décision avec le sourire. Puis c'est le poing levé qu'il a reçu sa médaille sur le podium, rendant au public ses applaudissements.
"Il y a beaucoup de joie ce soir, je suis satisfait de ce que j’ai accompli", a-t-il savouré devant les micros l’arcade encore sanguinolente. Content d’être avec ce public présent du début à la fin. Cet argent efface tout et d’abord cette déculottée au premier tour à Tokyo.

Son père aurait dû combattre à Los Angeles 84 pour l'Algérie

Une défaite d’entrée qui avait bien failli lui faire tout abandonner. Plutôt que de ranger les gants, il a fixé cette finale olympique comme le seul horizon capable de le sortir de cette frustration qui le dévorait. Et il n’était pas question que de lui. Son papa, Mohammed, figure de la boxe tricolore et ancien coach de Mahyar Monshipour, aurait dû représenter l’Algérie à Los Angeles en 1984 mais une blessure l’en a empêché. Il n’était pas question de rester sur cette difficile histoire familiale aux JO. Pas question de bouder son plaisir, de renier cet argent qui représente tant de sacrifices et de sueur.
picture

Billal Bennama

Crédit: Getty Images

"Je ne prends pas encore conscience pleinement de cette médaille, mais je mesure le chemin. J’ai eu un gros parcours", a-t-il encore continué. Il faudra sans doute attendre de présenter la médaille à son père pour pleinement prendre conscience de l’accomplissement.

Rendez-vous en 2028 ?

Ce jeudi, il n’avait pas fait le déplacement. Il était venu Porte d’Auteuil le premier avant de repartir. Impossible de regarder les matches, trop de tension. Il a préféré les vivre au calme dans son salon. "Ça va être très fort quand je vais lui montrer la médaille, anticipe le vice-champion olympique. J’espère pouvoir contenir mes larmes mais ça va être dur. Il a tellement donné, il a tout fait pour qu’on soit au mieux depuis tout jeune. Qu’il me dise qu’il est fier, ça vaut une médaille d’or."
Bennama baigne dans la boxe depuis ses 4 ans mais la France l’a découvert cette semaine. Sa vie va changer mais lui ne craint pas le virage. "Oui, je m’ouvre aux yeux du monde mais je suis bien entouré. Mon père s’occupe de tout ça", explique-t-il. Et il reste un défi. Si les propositions devraient affluer pour le faire passer professionnel, Bennama a une dernière histoire à régler : Los Angeles 2028.
"J’y pense bien sûr. Je me rends compte que faire une médaille, c’est énorme, confie-t-il. Ça donne plus d’ambition. Je suis tenté de continuer et d’aller à LA. C’est le pays de la boxe." Et là où son père aurait dû briller il y a 40 ans.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité