Obnubilé par la quête de l'or olympique, Sofiane Oumiha n'aurait raté pour rien au monde les JO de Tokyo où il va tenter de décrocher le titre suprême qui lui a échappé en 2016 à Rio, son ultime défi en amateurs avant le grand saut dans l'univers impitoyable de la boxe professionnelle.
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Après l'argent décroché au Brésil, le poids légers toulousain (26 ans) s'est longuement interrogé sur la suite à donner à sa carrière. Fallait-il poursuivre son parcours dans l'anonymat de la boxe amateur ou tout de suite embrayer vers les paillettes du monde pro ? La réflexion aura duré un an avant une décision qui, finalement, relevait à ses yeux de l'évidence.
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Je sais que je vais avoir la pression mais j'aime ça, j'y suis préparé et je l'accepte. C'est un sport de défi et de compétition et je suis un compétiteur
"J'étais encore jeune et je me suis dit que ça valait la peine de continuer l'aventure olympique pour aller chercher l'or, explique le Français (-63 kg), qui entre en lice samedi en 8e de finale face à l'Américain Keyshawn Davis. Ce serait l'aboutissement et la récompense de tout mon travail depuis tant d'années. Je sais que je vais avoir la pression mais j'aime ça, j'y suis préparé et je l'accepte. C'est un sport de défi et de compétition et je suis un compétiteur."
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La pandémie de coronavirus, qui a provoqué le report des JO de Tokyo d'un an, aurait pu le faire dévier de son objectif olympique et hâter son passage vers le professionnalisme. Mais Oumiha a trop rêvé d'or pour tout lâcher subitement en cours de route. "Cela a été dur mentalement de tenir, on était dans le flou durant un an, affirme-t-il. On avançait sans savoir où on allait et il a fallu vite se remobiliser. Mais on s'y est vite remis."
Entre-temps, le Français a tout de même signé un contrat avec le promoteur anglais Frank Warren, qui s'occupe notamment du champion WBC des lourds Tyson Fury et a géré la carrière de quelques grands noms de la boxe britannique de ces dernières années (Prince Naseem Hamed, Ricky Hatton, Frank Bruno, Amir Khan).
L'idée serait de faire un championnat du monde d'ici 2 ou 3 ans
Un premier combat était prévu en mars en Pologne mais la crise sanitaire en a décidé autrement, entraînant l'annulation de la réunion. "On ne s'est pas fixé un nombre de combats précis mais Frank Warren me propose de monter assez rapidement dans les classements, selon Oumiha. L'idée serait de faire un championnat du monde d'ici 2 ou 3 ans. La boxe amateur et la boxe pro, ce sont deux mondes différents, mais si j'ai battu Teofimo Lopez (champion du monde unifié des légers, ndlr) à Rio, je peux le faire aussi en pro. Mais il faut être structuré, en avoir envie, se faire mal et ne pas brûler les étapes."
En attendant de voler de ses propres ailes, Oumiha a donc continué son parcours au sein de l'équipe de France dont il est le leader et capitaine naturel, fort de son expérience de Rio. L'unique rescapé de la "Team solide", devenu en 2017 le quatrième champion du monde tricolore de l'histoire de la boxe amateur, n'est plus le même pugiliste qu'il y a cinq ans. Fini également le temps où Oumiha, sans lieu d'entraînement attitré, était obligé de se préparer seul et parfois sur un terrain de football. Désormais propriétaire de sa salle, le Français a tout ce qu'il faut pour aller au bout ses hautes ambitions.

Sofiane Oumiha - JO Rio 2016

Crédit: AFP

"J'ai pris en maturité et en expérience. En 2016, j'étais le Sofiane fougueux et outsider. Là je suis attendu, limite l'homme à battre. Mais c'est un rôle qui me plaît. J'ai mûri et c'est peut-être ça qui va faire la différence", déclare l'enfant de La Reynerie, une cité toulousaine.
"Il a commencé à densifier sa boxe en signant chez les pros, assure John Dovi, l'entraîneur des Bleus. Tout le monde connaît le Sofiane mobile et virevoltant mais il va apporter d'autres cordes à son arc et c'est ce qui va lui permettre de surprendre ses adversaires. Il aura une pression à gérer, on attend beaucoup de lui mais il sait en tirer une force. Il est en train de se transformer."
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