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Tony Yoka : "Si on ne vous critique pas, c'est que vous n'intéressez pas"
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Publié 18/06/2026 à 00:09 GMT+2
Le poids lourd français Tony Yoka, qui défie le Russe Murat Gassiev le 11 juillet pour le titre WBA "régulier", apprécie l'évolution de sa carrière et estime avoir "changé de dimension" depuis sa signature chez Queensberry, explique-t-il dans un entretien à l'AFP. Il se dit "dans la deuxième phase" de sa carrière et ne s'occupe pas de ceux qui le jugent ou jugent sa carrière.
Tony Yoka.
Crédit: Getty Images
Vous restez sur deux combats annulés à la dernière minute. Comment avez-vous géré cette situation ?
Tony YOKA : C'est toujours compliqué. J'ai passé des années un peu dures vers 2022-2023. Je suis reparti presque de zéro et j'ai gagné quatre combats de suite. J'ai eu une chance pour une demi-finale mondiale à Paris, devant mon public. Je me suis bien préparé, j'étais confiant. Quand on nous annonce trois jours avant que le combat a été annulé parce que l'autre s'est dopé... C'est relou... C'était compliqué à gérer. Après, c'est la vie, et quoi qu'il arrive la préparation n'est pas perdue. J'avais voulu faire un combat de maintien au mois de mai, qui au final a aussi été annulé. Ça ne m'a pas dérangé, parce que je savais qu'il y avait ce gros combat en juillet.
Quelle importance donnez-vous à ce rendez-vous contre Murat Gassiev qui a pour enjeu le titre secondaire de la WBA ?
T.Y. : C'est une première opportunité mondiale chez les lourds. C'est un titre majeur. Je suis très content d'avoir cette opportunité-là, qu'on m'appelle pour ça. Ça montre que je bosse avec la bonne équipe, que j'ai bien fait de signer avec Queensberry parce qu'ils ont ces opportunités-là. Grâce à cela, j'ai changé de dimension du jour au lendemain. Par le passé, j'ai eu des combats face à des adversaires qui étaient forts, mais je n'avais jamais aucune ceinture en jeu, aucun classement. Alors qu'aujourd'hui, je boxe pour des classements, je boxe pour des ceintures. Et si je gagne ce combat, je rentre tout de suite dans le top 5.
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Le boxeur français Tony Yoka
Crédit: Getty Images
Vous avez subi trois défaites de rang entre 2022 et 2023, vous estimez-vous toujours en phase de reconstruction ?
T.Y. : Non, je pense qu'on a passé ce cap-là lors de mon combat à Paris l'an dernier (victoire aux points contre le Russe Arslan Yallyev, NDLR). Avec ce combat, que j'ai gagné dans la difficulté, j'ai clos le chapitre. Aujourd'hui, on est vraiment dans la deuxième phase de ma carrière. Je suis en confiance, j'arrive à un âge (34 ans, NDLR) où je suis en maturité physique, je me sens bien et j'ai envie de boxer. J'ai envie de donner au public de grands combats.
Avez-vous hésité à aller combattre en Russie, compte tenu de la situation géopolitique actuelle ou faites-vous abstraction du contexte ?
T.Y. : Je pense qu'il faut faire abstraction, c'est ma carrière. Si les organisations internationales de boxe autorisent le combat, c'est que ça doit se faire comme ça. Je n'ai pas mon mot à dire là-dedans.
En cas de victoire, vous deviendriez le challenger officiel d'Oleksandr Usyk à la WBA. Est-ce déjà dans un coin de votre tête ?
T.Y. : Je ne pense jamais à ce qui arrive après un combat. Je ne sais même pas ce que je fais le 12 juillet. Ma vision s'arrête au 11. On verra la suite une fois que ce combat sera passé. J'y vais pour gagner. Je suis déterminé. Mon équipe et moi avons fait de bonnes choses ces derniers temps. C'est une occasion en or de monter sur la plus haute marche mondiale et de placer la France en haut de la boxe.
Depuis le début de votre carrière professionnelle, vous avez toujours dû faire face à des critiques. Avez-vous quelque chose à prouver ?
T.Y. : Les critiques font partie du sport de haut niveau. Si on ne vous critique pas, c'est que vous n'intéressez pas. On m'a toujours dit: 'plus on grandit, plus le vent souffle'. Je sais qu'il y a eu d'énormes attentes autour de moi quand je suis passé pro. J'ai perdu certains combats, mais je suis toujours là, je suis toujours en train de me battre. Aujourd'hui, j'ai surtout envie de le faire pour moi, pour mon équipe, pour mes proches, pour les gens qui me supportent depuis toutes ces années.
Propos recueillis par Diane Falconer
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