Jeux Olympiques de Paris 2024 | Nicolas Gestin, champion olympique : "Je crois que je ne m'en pensais même pas capable"
Par Julien Pereira
Mis à jour 29/07/2024 à 23:59 GMT+2
Nicolas Gestin a été maître de son destin. Malgré l'étiquette de favori qui lui a été collée dès samedi, malgré des petites modifications sur les portes avant la finale, malgré une ambiance de feu mais difficile à appréhender, le céiste de 24 ans a été ébouriffant de domination pour décrocher son titre olympique. Même Tony Estanguet, pourtant triple médaillé d'or sur la discipline, a été épaté....
6 secondes d'avance sur la concurrence : comment Gestin a décroché l'or
Video credit: Eurosport
À Paris, la délégation française a pris trois bonnes habitudes. Décrocher des médailles, beaucoup de médailles. Amasser de l'or, beaucoup d'or. Et le faire, souvent, avec une forme d'inéluctabilité. Il y avait eu Pauline Ferrand-Prévot et son avance pogacarienne au VTT. Il y avait eu Léon Marchand et sa domination digne de Michael Phelps, sur le 400 4 nages. Puis il y a eu Nicolas Gestin, le céiste devenu champion olympique de slalom.
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C'est bien simple : le Breton a écrasé toutes les manches : les deux qualifications disputées samedi, et surtout la demi-finale puis la finale ce mardi, dans un bassin de Vaires qu'il connaît sur le bout de la pagaie, certes, mais qu'il n'avait sans doute jamais vu s'embraser de la sorte. "C'est énorme, je n'imaginais même pas, même dans mes rêves les plus fous, gagner deux qualifs, une demie et une finale, a confié Gestin sur notre plate-forme MAX. Je crois que je ne m'en pensais même pas capable. À l'entraînement, j'ai beaucoup de mal à être aussi régulier."
Même estanguet n'avait pas dominé de la sorte
Il faut bien mesurer la teneur de cet exploit : même Tony Estanguet, pourtant triple champion olympique dans cette discipline, n'avait pas été en mesure de le réussir aux JO. "Bravo à Nicolas, a lâché à notre micro celui qui est aujourd'hui le président du Comité d'organisation des Jeux Olympiques. Je suis très impressionné. Quand j'ai vu la difficulté du parcours, quand j'ai vu tous ses adversaires tomber dans des pièges les uns après les autres [...] alors qu'il y avait des champions olympiques en titre, des champions du monde... je me suis dit : 'wahou, ça va être très difficile pour Nicolas.' Et en fait, non. Il a réussi à maîtriser sa ligne, à prendre des risques, il avait beaucoup de vitesse et il n'a pas été petit bras !"
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Une ambiance de folie à Vaires-sur-Marne : la Marseillaise de Gestin en vidéo
Video credit: Eurosport
À 24 ans, Gestin a tout maîtrisé comme s'il en avait dix de plus. Dès samedi, il avait souhaité prendre ses distances avec le statut de favori, tout en restant sûr de ses forces. "Je suis troisième mondial, je ne me suis jamais caché de mon ambition d'aller chercher un titre olympique, a-t-il nuancé. C'est juste qu'on fait du canot-slalom, on est dans un milieu en mouvement, avec une rivière qui bouge tout le temps. [...] C'est la réalité, c'est une histoire de centimètres, parfois de millimètres."
Je n'ai aucun souvenir de ma course
C'est pour cette raison que ses entraînements constants sur ce bassin, qu'il répète depuis près de cinq ans, ne suffisent pas à justifier son écrasante domination (2 secondes d'avance en qualifications, 3"5 en demi-finale, 5" (!) en finale). D'autant que juste avant la course à la médaille, les portes ont été remontées : "Je me suis dit : 'Force-toi à avoir de l'ambition car les temps vont s'améliorer.' Finalement, ça n'a pas été le cas pour les autres mais pour moi, si. Il faut croire que j'ai été assez malin."
Malin, il l'a aussi été pour s'imprégner de l'ambiance folle du bassin de Vaires sans se laisser envahir, contrairement à d'autres athlètes. Il a joué avec, y compris avec son "fan club" qui était si agité qu'il a parfois contraint les membres de l'encadrement à venir calmer le jeu. "Je n'ai aucun souvenir de ma course, donc ça montre bien dans quel état on se met, nous a-t-il révélé. J'étais sûrement attendu, mais je me suis régalé sur l'eau. Je me suis dit qu'il fallait que j'essaie de profiter, je ne sais pas comment... parce que ce contexte fait que tout te pousse à être dans le faux." Gestin était dans le vrai. Aux bons moments. A la bonne heure. Pour l'or.
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La folie pour Gestin : quand le médaillé d'or nage dans le bonheur avec un kop déchaîné
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